‹ A. C. T. H., Cortisone et Troubles MentauxChapitre 6 sur 44 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les troubles psychiques représentent aujourd’hui une complication assez bien connue des traitements par la cortisone et l'A. C. T. H. et de nombreuses observations ont été publiées; mais il nous a paru intéressant de rechercher la part exacte revenant aux médicaments incriminés dans la genèse de ces troubles, et c’est à propos d’un malade addisonnien hospitalisé dans le service du Professeur AUBERTIN, ayant présenté un état psychotique après un traitement à la cortisone, que nous avons essayé de savoir s’il fallait attribuer à la thérapeutique, à la maladie ou au terrain, le rôle de facteur déclenchant dans les états mentaux observés.

Nous avons alors parcouru la littérature et fait un choix d'observations d’origines très diverses qui constituera la première partie de ce travail.

Nous avons essayé, dans une deuxième partie, de faire une synthèse des troubles observés, synthèse délicate car il s’agit d'observations recueillies la plupart du temps dans les services de médecine générale, les malades n’ayant pas toujours été suivis par des psychiatres et, outre la séméiologie pas toujours très précise, il n’est pas fait état de données sur le comportement antérieur du malade et son hérédité psychiatrique. De plus, les divergences d’école, la terminologie différente ne permettent pas toujours d’inté-

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grer sous un même vocable des choses semblables ou inversement : nous pensons, en particulier, à la, schizophrénie qui, en F rance, englobe une catégorie de malades . assez bien définie mais qui, à l’étranger — notamment aux Etats-Unis —, a pris une extension injustifiée; c’est, à notre avis, la cause principale des résultats contradictoires touchant au rôle des fonctions cortico-surrénaliennes chez les malades mentaux. Cela explique aussi pourquoi, dans les observations américaines, nous retrouvons souvent les termes de schizophrénie et de paranoïde que l’on rencontre si peu dans les observations françaises.

Malgré ces difficultés, nous avons cherché à dégager les traits fondamentaux communs à la plupart des troubles mentaux mentionnés dans les observations, et nous nous croyons en droit de conclure que VA. C. T. H. et la cortisone, aux doses thérapeutiques où elles sont employées, peuvent déterminer par leur action propre des affections mentales, compte tenu de la constitution du malade et de la maladie qui la modifie.

Comment expliquer cette action sur le psychisme ? Il est difficile de le préciser; mais, en étudiant les effets psychiques de la cortisone et de l’A. C. T. H. — du moins ceux qui sont à peu près reconnus par tous les auteurs —, nous exposerons certaines des hypothèses qui ont été faites, sans prétendre éclaircir le problème que pose l’apparition de ces complications mentales.

Plus encore que les expérimentations sur l’animal, nous avons préféré les faits cliniques et appuyé sur eux chacune. de nos constatations, chaque fois que cela semblait possible. On pourrait alors se demander si la cortisone (ou VA. C. T. H.) n’est pas enfin « l’hormone du psychisme »: mais il faut renoncer à lui attribuer cette fonction. Pas plus que l'insuline ou la thyroxine, qui ont revendiqué à leur époque ce glorieux rôle, elle n’a droit à ce titre. Comme ces dernières, elle entre dans le concert endocrinien pour assurer l’équilibre psychique, biologique et soma-

tique de l'individu. D’ailleurs, son emploi n’a pas donné en thérapeutique psychiatrique, comme nous le verrons, les résultats que l’on espérait. Il ést peut-être encore trop tôt pour savoir ce que l’on peut en attendre, mais même si celte attente doit être déçue, l’action de la cortisone et de PA. C. T. H. dans la genèse de modifications psychiques a permis d'ouvrir un nouveau chapitre au livre de lPEndocrino-psychiatrie, si passionnant mais qui reste à écrire.

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