‹ A cachecache comédie en un acte en vers et en proseChapitre 4 sur 28 · SCÈNE i · texte numérisé non relu

SCÈNE i

LUBIN

D’ici, je vois son œil perçant qui ferait parler des pierres... Ensuite?

ANNETTE

Moi, je ne bougeais pas. Est-ce qu'il ne te plairait pas? me dit-il enfin. — Mon père, Lubin me plairait bien... Mais une fois déjà il a demandé ma main, et vous l’avez repoussé.

LUBIN

J'avais alors, pour toute fortune, beaucoup de misère.

ANNETTE

Et pas mal de pauvreté.

LUBIN

Comme la mort d’un oncle chatige la face des choses!... Enfin?...

ANNETTE

— J’ai eu tort, a-t-il repris!... Et, si Lubin venait aujourd’hui renouveler sa demande, je crois que je l'accueillerais très-favorablement. »

LUBIN, se levant et gagnant la droite de la scène.

Les bras me tombent de surprise, ma petite Annette.

ANNE TTE , de même.

Ramasse-les bien vite , et cours les ouvrir à cet excellent père.

LUBIN

Ma chère Annette, tu es bonne comme le soleil, de m'avoir fait savoir cela... Alors que j’étais chez ton père comme garçon de ferme, alors que je n’avais pas encore eu l’honneur d’appartenir à un procureur, il me traitait si rudement que. j'avais perdu tout espoir de te posséder un jour.

ANNETTE

N’avais-tu pas déjà mon cœur, ingrat?

LUBIN

Le cœur , certainement, c’est beaucoup; mais...

A CACHE-CACHE

ANNETTE

Mais ce n'est jamais que les intérêts dont on attend le capital , n'est-ce pas ?

Dame, un peu...

ANNETTE

Alors, votre capital, monsieur, c’est moi tout entière ?

LUBIN

Oui , c’est toi, ma petite femme chérie... Laisse-moi baiser tes petites menottes...

ANNETTE, passant è droite 1 .

Mais non, mais non!... Des mains qu’on embrasse, ça fait rougir les joues. Il y a correspondance.

LUBIN

Demain malin, je mets mon plus bel habit et je t'apporte le bouquet des fiancés...

ANNETTE , remontant la scène.

Et nous pourrons nous promener devant tout le monde , sans avoir besoin de nous cacher dans ce petit bois, comme nous le faisons depuis huit jours.

LUBIN, la faisant redescendre lentement.

Ne dis pas de mal de ce petit bois, Annette. C’est ici pour la première fois que tes lèvres rosées ont gazouillé, leur premier mot d’amour. Ces vieux arbres sont les témoins silencieux de la première chute de tes joues.

ANNETTE

Lubin, on ne rappelle jamais ces choses-là à une jeune fille. On la laisse se les rappeler elle-même. (Elle passe »

gauebe ") .

LUBIN, regardant à gauche.

Ah! voici encore ces deux seigneurs qui se dirigent de notre côté! Il n’y a pas moyen de causer tranquillement ici...

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