I1ECT0R
Du tout! no remportez pas, marcHand de comestibles! c’est un ami qui vous a acheté cela pour moi... vous ne vous trompez pas, vous êtes chez M. Bagnolet.
DOCOCM1EO.
Allons donc ! Jo connais Bagnolel ! Lu gardien s’est trompé ; il m’u ouvert culte cellule pour l'autre... Je remporte...
HECTOR
Vous ne remporterez pus; je vous dis que je suis Bagnolcl.
• DUCORMlER.
Mais je vous soutiens que non, que diable!
HECTOR
Tenez... tenez... voici uuu lettre que j’ai reçue ce matin; une lettre de mon notaire... Elle vous prouvera mon identité.
DUCORH-LK, lisant la »UKri|iliüO.
Hector!... Hector Bagnolel !
HECTOR
Vous voyez que je suis Bagnolel.
DUCOnmen, irts-iroaMd.
Chut ! taisez-vous !... (A part.) Ah! grand Dieu!... le second cousin!... El moi qui ai fourré l’autre ici!... Jo les ai mis
porle à porte pour qu’ils ne se trouvassent pas Je les ai
campés nez à nez pour qu'ils ne se rencontrassent jamais!... (Haut.) Qui diable vous a lait meure ici?
HECTOR
C’est mon porteur d'eau, jo lui devais douze cents francs.
DUCORMlER, k pan.
Que faire ? que résoudre ?
HECTOR
Eh bien!... Qu’aviz-vous donc?... comme vous paraissez agité! >
DUCORMlER. kjmrt.
jfh ! une idée !... (Haut.) Jeune homme, quelle est votre profession ?
HECTOR
Poêle.
DUCORNHR, h paru
Jo ne m’étonne pas qu'il soit logé ici (Haut ) Vous êtes
pocte? ♦
HECTOR
Oui.
DUCORMlER.
Combien devez-vous?
m nr.cTOR,
Jo vous l’ai dit, douze cent* francs.
nCCOPNIR.T.
Vos vers sont-ils bîns?
UECTOR.
Sublimes.
DUCORMlER. v
Combien en avez-vous de faits?
HECTOR
Combien?
DUCORUIER.
Oui, en avez-vous une douzaine?
HECTOR
- Comment! une douzaine! mais ça ne s'achète pas à la... comme les bull res.
DUCORMlER.
En avez-vous douze?... là, tout prêts? Je vous les prends à raison de cent francs la pièce.
HECTOR
Cent francs!... J’en ai vingt-deux mille.
DUCORMlER.
Non! non, il ne m'en faut que douze.
HECTOR
Mais expliqucz-raoi...
DUCORMlER.
Je suis l’ami des artistes, le vôtre surtout, jouno li'ftnme... Je vous aime, jeune homme... je t’admire, grand poêle!... cl . je veux que vous sortiez d’ici.
HECTOR
Comment! vous paieriez pour moi?
DUCORMlER.
Bien mieux! Je veux que vous voyagiez... loin d'ici en
Italie, la patrie de la vraie poésie.
HECTOR, enchanté.
Un voyage en Italie?
DUCORMlER.
Et & mes frais.
HECTOR
El à vos fiais? Mais vous ifôles pas un homme I vom ôtes... vous ôtes uu ange... vous êtes un Dieu! Bonjour, Apollon !
DUCORMlER.
Apollon I «
HECTOR
Oui, vous êtes lo blond Phœbus... avec un faux nez.
DUCORMlER.
Enfin!... acceptez- vous?
* HECTOR
Si j'accepte !... avec amour.
DUCORMlER.
En ce cas, je cours chercher l’argent et je reviens. (il
mcmwil.)
SCfcMi VIII.