‹ À Clichy épisode de la vie d'artiste par mm. Dennery et E. GrangéChapitre 8 sur 18 · I1ECT0R · texte numérisé non relu

I1ECT0R

Du tout! no remportez pas, marcHand de comestibles! c’est un ami qui vous a acheté cela pour moi... vous ne vous trompez pas, vous êtes chez M. Bagnolet.

DOCOCM1EO.

Allons donc ! Jo connais Bagnolel ! Lu gardien s’est trompé ; il m’u ouvert culte cellule pour l'autre... Je remporte...

HECTOR

Vous ne remporterez pus; je vous dis que je suis Bagnolcl.

• DUCORMlER.

Mais je vous soutiens que non, que diable!

HECTOR

Tenez... tenez... voici uuu lettre que j’ai reçue ce matin; une lettre de mon notaire... Elle vous prouvera mon identité.

DUCORH-LK, lisant la »UKri|iliüO.

Hector!... Hector Bagnolel !

HECTOR

Vous voyez que je suis Bagnolel.

DUCOnmen, irts-iroaMd.

Chut ! taisez-vous !... (A part.) Ah! grand Dieu!... le second cousin!... El moi qui ai fourré l’autre ici!... Jo les ai mis

porle à porte pour qu’ils ne se trouvassent pas Je les ai

campés nez à nez pour qu'ils ne se rencontrassent jamais!... (Haut.) Qui diable vous a lait meure ici?

HECTOR

C’est mon porteur d'eau, jo lui devais douze cents francs.

DUCORMlER, k pan.

Que faire ? que résoudre ?

HECTOR

Eh bien!... Qu’aviz-vous donc?... comme vous paraissez agité! >

DUCORMlER. kjmrt.

jfh ! une idée !... (Haut.) Jeune homme, quelle est votre profession ?

HECTOR

Poêle.

DUCORNHR, h paru

Jo ne m’étonne pas qu'il soit logé ici (Haut ) Vous êtes

pocte? ♦

HECTOR

Oui.

DUCORMlER.

Combien devez-vous?

m nr.cTOR,

Jo vous l’ai dit, douze cent* francs.

nCCOPNIR.T.

Vos vers sont-ils bîns?

UECTOR.

Sublimes.

DUCORMlER. v

Combien en avez-vous de faits?

HECTOR

Combien?

DUCORUIER.

Oui, en avez-vous une douzaine?

HECTOR

- Comment! une douzaine! mais ça ne s'achète pas à la... comme les bull res.

DUCORMlER.

En avez-vous douze?... là, tout prêts? Je vous les prends à raison de cent francs la pièce.

HECTOR

Cent francs!... J’en ai vingt-deux mille.

DUCORMlER.

Non! non, il ne m'en faut que douze.

HECTOR

Mais expliqucz-raoi...

DUCORMlER.

Je suis l’ami des artistes, le vôtre surtout, jouno li'ftnme... Je vous aime, jeune homme... je t’admire, grand poêle!... cl . je veux que vous sortiez d’ici.

HECTOR

Comment! vous paieriez pour moi?

DUCORMlER.

Bien mieux! Je veux que vous voyagiez... loin d'ici en

Italie, la patrie de la vraie poésie.

HECTOR, enchanté.

Un voyage en Italie?

DUCORMlER.

Et & mes frais.

HECTOR

El à vos fiais? Mais vous ifôles pas un homme I vom ôtes... vous ôtes uu ange... vous êtes un Dieu! Bonjour, Apollon !

DUCORMlER.

Apollon I «

HECTOR

Oui, vous êtes lo blond Phœbus... avec un faux nez.

DUCORMlER.

Enfin!... acceptez- vous?

* HECTOR

Si j'accepte !... avec amour.

DUCORMlER.

En ce cas, je cours chercher l’argent et je reviens. (il

mcmwil.)

SCfcMi VIII.

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