TEXTE
« Aucun souci n'avait ridé leur front, aucune intempé rance n'avait corrompu leur sang, aucune passion malheureuse n'avait dépravé leur cœur ; l'amour, l'innocence, la
piété développaient chaque jour la beauté de leur âme en grâces ineflab.es, dans leurs traits, leurs attitudes et leurs mouvements. »
Ce second texte, monsieur, est tiré de Paul et Virginie. Vous savez que Quintilien compare une phrase trop chargée d'adjectifs à une armée où chaque soldat aurait derrière lui son valet de chambre. Nous voilà arrivés au sujet de cette, lettre ; c'est que nous pensons qu'on met trop d adjectifs dans ce moment-ci. Vous apprécierez, nous l'espérons, la réserve de cette dernière amplification ; il y a juste le nécessaire ; mais notre opinion concluante est que, si on rayait tous les adjectifs des livres qu'on fait, il n'y aurait qu un volume au lieu de deux, et donc il n'en coûterait que sept livres dix sous au lieu de quinze francs, ce qui mérite réflexion.
En regard de ce premier échantillon déjà fort curieux, Alfred de Musset nous en soumet un autre, encore plus piquant et caractéristique. Il l'emprunte aux fameuses Lettres de la Religieuse portugaise :