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LES VENTS

Dans la région de l'équateur, les ouragans ont une violence extrême, dont nous n'avons, nous habitants des climats tempérés, qu'une bien faible idée. Il n'est pas rare de voir aux Antilles le vent soulever d'énormes poutres comme une paille, et les lancer avec une force incroyable 5 à plus de1 ioo mètres de distance, arracher des canons de leurs affûts, renverser des maisons, bâties, il est vrai, plus légèrement que les nôtres, et causer d'affreux désastres dans les plantations et les forêts.

Le simoun2 souffle de l'intérieur de l'Afrique sur le vaste 10 désert de Sahara, colore l'atmosphère en jaune, en bleu et en violet, et roule des vagues de sable qui ont jusqu'à six mètres de hauteur. Il prend le nom de siroco en Italie, où il se fait sentir affaibli.3

Dans les parties du Grand Océan qui avoisinent l'équa- 15 teur, un vent modéré souffle constamment du levant au couchant: on l'appelle vent alizé. Dans l'océan Indien, les vents soufflent six mois dans une direction, et six mois dans la direction opposée ; ces vents se nomment moussons. Enfin, près du rivage, le vent, pendant le jour, vient 20 de la mer, et pendant la nuit, il vient de la terre : le premier s'appelle brise de mer, et le second brise de terre. Ce double mouvement provient de ce que,4 pendant le jour, l'air en contact avec la terre est plus échauffé que celui qui est au-dessus de la mer ; alors il s'élève et est 25 remplacé par l'air plus froid qui vient de la mer. Le contraire arrive pendant la nuit, l'air de la mer étant alors plus chaud que celui qui est au-dessus de la terre. C'est à cause de ce double mouvement de l'air sur les côtes que les contrées qui avoisinent les mers n'ont pas des5 étés 30 aussi chauds et des hivers aussi rigoureux que les pays placés dans l'intérieur des terres à la même latitude. La

température y est plus régulière et généralement plus élevée, mais fréquemment aussi le climat y est particulièrement pluvieux et humide.

Le vent transporte quelquefois, au milieu des couches s d'air en mouvement, dés corps solides, tels que des cendres volcaniques, des pollens de fleurs, surtout de fleurs de sapin, et même des œufs et des germes animaux ou végétaux, De là1 ces prétendues pluies de soufre, de sang, de cendre, qui ont si souvent effrayé le vulgaire et rempli io les esprits de craintes superstitieuses.

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