C. Fais à autrui ce que tu voudrais qu'on te fît
Le propriétaire d'une plantation dans l'Amérique du Nord était un jour à sa porte, lorsqu'un Indien s'avança vers lui et lui demanda quelque chose à manger, parce qu'il avait grand'faim. Le planteur lui dit qu'il n'avait rien à lui donner. " Mais je meurs de soif," ajouta l'Indien, " donnez-moi au moins un verre d'eau." — " Va-t'-en, chien d'Indien ! " fut la seule réponse qu'il reçut. Celuici regarda en face le planteur pour un moment et ensuite continua sa route.
Il arriva qu'à quelque temps de là ce planteur inhumain, chassant dans une forêt, perdit son chemin. Après avoir erré à l'aventure pendant quelque temps et se trouvant épuisé de fatigue, il vit une hutte d'Indien vers laquelle il dirigea ses pas. Celui qui l'habitait, et auquel il demanda son chemin, lui dit : " La plantation où vous voulez aller est très loin d'ici ; jamais vous ne pourrez y arriver avant la nuit. Vous serez mangé par les loups dans le bois que vous avez à traverser. Restez ici jusqu'au jour." Cette offre obligeante fut acceptée avec beaucoup de remercîments. L'Indien lui donna tous les rafraîchissements dont il avait besoin ; ensuite il lui fit un lit avec des peaux et se retira en lui souhaitant une bonne nuit.
Le lendemain matin, l'Indien offrit au planteur de lui montrer son chemin, et ils partirent ensemble. Lorsqu'ils furent arrivés à une faible distance de la plantation, l'Indien s'arrêta, et, se plaçant devant le planteur, lui demanda s'il le reconnaissait. " Je crois vous avoir vu auparavant," répondit-il. — " Oui, vraiment, vous m'avez vu à votre porte et vous m'avez refusé un verre d'eau. Si, à l'avenir, un pauvre Indien, épuisé par la faim, la soif et la fatigue, vous demande de le secourir, ne dites par : ' Va-t'-en, chien d'Indien!'"
144 i i;i;n. Il PROSE READER.
D. Frankmn.
Franklin ne pouvait souffrir les discours oisenx : il pensait avec certains si iges que, si la parole est d'argent, le silence est d'or. . . . Lorsque Franklin fut envoyé comme ambassadeur en France, il vint à Paris et descendit à Chaillot qu'habitait alors le célèbre et infortuné IBailly. Celui-ci crut devoir sans tarder rendre visite à l'hôte illustre qui honorait la commune de sa présence. Il se fait annoncer. Franklin, qui le connaissait de réputation, l'accueille très cordialement et échange avec son visiteur les quelques paroles que la circonstance exigeait. Bailly s'assied auprès du philosophe américain et se tait par discrétion. Une demi- heure se passe et Franklin n'a pas encore ouvert la bouche. Bailly tire sa tabatière et la présent à sou voisin, sans mot dire ; celui-ci fait signe de la main qu'il ne prend pas de tabac. L'entrevue muette se prolonge ainsi pendant une heure entière. Bailly se lève enfin et Franklin, transporté d'avoir trouvé un Français qui savait se taire, lui tend la main, serre affectueusement la sienne en s'écriant: " Très bien, monsieur Bailly ! très bien ! "
Franklin ne perdait jamais une minute. Il avait coutume de dire : " La faim regarde à la porte de l'homme laborieux, mais elle n'ose pas entrer." ... Il avait une telle aversion pour le mensonge, qu'il pratiquait la sincérité jusque dans les fonctions diplomatiques. Lorsqu'il vint en Fiance pour traiter avec Louis XVI, le gouvernement anglais le fit solliciter secrètement, par des amis qui lui garantissaient la possibilité d'une réconciliation entre les colonies qu'il représentait et l'Angleterre. Il répondi*-. simplement: " Je suis en^a^é avec la France; je reste .avec la France ..." Et il signa le traité français.
Jane. 1S90.
Catalogue ot l&ooks
CHIEFLY FOK THE EXAMIXATIONS OE THE
UNIYERSITY OF LONDON.
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if Université Corresponfcence Collège,
London Ofkk r : L2J6 Booksi m., as Etow, Stbànd, W.C.