ÉPITAPHE
Arrête-toi, passant! — Brève sera l'histoire, Et je ne te dirai rien que la vérité ; Aucun récit banal de douleur. — Dans sa gloire C'est un noble type arrêté.
Es-tu capable et fort, mais es-tu sans fortune? N'ayant rien, n'obtiens-tu rien, sans savoir pourquoi' Sa tombe doit avoir un intérêt pour toi ; Il n'eut, comme toi, chance aucune.
Toi qui passes auprès, contemple sou tombeau Si d'un brave soldat tu poursuis la carrière ; Vois où ce vaillant cœur se réduit en poussière. — C'était un garçon jeune et beau.
Si tu peux sur uu homme et son œuvre et sa voie Jeter un jour limpide et que chacun le voie* Ton plus splendide éloge eût certainement lui. — Son génie était tout à lui.
Si, dès l'appel sacré de celui-là qui t'aime, Tu te sens prêt à tout, à braver la mort même ; Ici verse une larme en sympathique don. — Il était brave autant que bon.
Es-tu franc comme l'or, as-tu l'âme complète, Pure, ainsi que le ciel d'un immuable azur? Alors il était uu des tiens, je le répète, Tant il était loyal et sûr.
Si ton esprit est gai, rêveur, ou plein de verve, Si par toi le bon vin n'a jamais été craint; Il était l'un des tiens, te dis-je, sans réserve. Il n'est plus ! notre boute-en-train !
— Et si quelqu'un osait, mais c'est chose impossible, Jeter le moindre blâme à ce pauvre ami mort ; Qu'il soit aux noirs chagrins en but comme une cible, C'était un ami rare. — Il dort.
Kti