‹ A la grand'pinteChapitre 67 sur 103 · COMPOSITEUR · texte numérisé non relu

COMPOSITEUR

Il est des airs qui font époque dans la vie. A ces chants d'autrefois on se sent tressaillir. . . Notre âme aux temps passés se reporte ravie, Laissant les temps présents pour mieux se recueillir.

Hier j'entendis chanter, au pied de ma fenêtre, Un orgue, rien de plus. — Comme un magicien, Ce chant vint évoquer et me fit apparaître Bien des êtres aimés, et dont je n'ai plus rien.

Ce chant me rappelait une époque finie. Je suspendais mon âme aux ailes de ce chant ; Ses notes lentement vibraient... et l'harmonie M'emportait dans l'espace au beau soleil couchant.

Comme tout bonheur fuit, toute note s'achève. J'avais vu resplendir ma couronne de roi!.. Le chant en s'envolant fit envoler mon rêve, Et la réalité sombre plana sur moi.

L'art est la grande voix, mou cher musicien, Qui retentit partout, et qui console encore; Chante, chante toujours, toi qui chantes si bien.

Compose, avec ton cœur, bien des mélancolies... Compose tes doux airs, suis aussi ton destin. Moi, si je deviens vieux, toutes tes mélodies Feront hocher ma tête et trembloter ma main.

Je me rappellerai : Violette embaumée,

Ta chanson à^Hégésippe, et tant d'autres purs chants

Et je dirai, pensif, à mes petits-enfants :

J'ai vu, de cet ami, surgir la renommée !

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