‹ A la grand'pinteChapitre 69 sur 103 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

— Oh ! monsieur, prenez garde aux loups, Partir si tard ! Restez chez nous.

— Mes bras sont forts, la route est claire, De la neige on a la lueur.

J'embrasserai plus tôt ma mère.

Adieu, mes amis, j'ai du cœur.

— Restez chez nous, la table est mise, Le feu flambe dans le foyer.

Vous partirez dès l'aube grise.

Restez, monsieur le cavalier.

— Le cavalier se mit en selle.

Chacun eut beau le supplier; A la clarté d'une chandelle

Il but le coup de l'étrier.

— \ili —

— Un pied de neige est sur la glace.

A chacun il serre la main.

La route à travers les bois passe.

On lui hèla dans le lointain :

— Oh ! monsieur, prenez garde aux loups, Partir si tard! Restez chez nous...

Il fend l'air : son bruit sourd s'efface 5 Et lui se perd dans le brouillard. .

Chacun de nous droit à sa place, Augura mal de ce départ.

La nuit, sait-on ce qui se passe...

Qu'importe ! Il eut un sort fatal.

On n'a jamais retrouvé trace Du cavalier ni du cheval.

— Jeunes gens, prenez garde aux loups, Quand vous passerez par chez nous !

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