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LES PETITS LOUPS

A M. OTHO.N DUftUT, AGE DE TROIS ANS ET DEMI

Trois petits loups, dans un grand bois,

(C'est un conte de ma grand'mère),

Virent passer, avec son père,

Un petit garçon, une fois.

Le premier loup dit : Qu'il est rose !

Le second loup dit : Qu'il est blanc !

Le troisième dit une chose

Que je ne redis qu'en tremblant...

Il voulait manger l'enfant rose,

Le petit enfant rose et blanc !

Alors les loups, jeunes encore, Prévinrent du fait leur maman; Qui leur dit : S'il est si charmant 1 Rien n'empêche qu'on le dévore.

Chaque louveteau partant pour Manger le petit enfant rose, Arrivèrent tous trois autour De la maison à porte close, Où le père, alors de retour, Veille sur son fils qui repose.

Mais pendant que les petits loups Trottaient ensemble sur les routes, Le père, l'oreille aux écoutes, Avait bien fermé les verrous Et le volet de sa demeure.

Voici donc les trois louveteaux Allongeant au vent leurs museaux, Flairant, tournant, faisant la guette, Arrivés à la maisonnette.

Le père entend marcher encor...

Qui peut venir à pareille heure?

Trois petits chiens, dit-on. — D'abord Pour égayer l'enfant s'il pleure, Et pour le bien lécher s'il dort.

Mais ils ne voulaient autre chose Que croquer l'enfant blanc et rose.

Le premier loup gratte au volet Qui ne s'ouvrit d'aucune sorte.

Le second, en grattant la porte Reçut un coup de pistolet.

Le troisième fut pris au piège Que la nuit il ne voyait pas Tant il était couvert de neige.

Un seul put fuir ce mauvais pas ; Et dans les forêts de l'Ariège Il court encor pour son repas.

— La louve est morte de misère...

Ajoutait aussi ma grand'mère.

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