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LE JOUR DES MORTS A LA NOUVELLE-ORLEANS

C'est la fête des morts. — Apprêtez leurs parures : Les couronnes de jais, les splendides flambeaux, Les bouquets odorants, les branches, les tentures ; Vous qui gardez toujours le respect des tombeaux. Allez couvrir de fleurs vos pères et vos mères, Vos époux, vos amis, et vos sœurs et vos frères, Vos femmes, vos parents, vos fils. Priez pour eux. Priez pour les amants, priez pour les amantes Et les petits enfants, chères âmes absentes ; Puisqu'il faut des anges aux cieux.

Chacun fait ce qu'il peut, et selon sa richesse.

Le plus pauvre est souvent le plus riche en tristesse ;

Et l'humble coquillage aux dessins en festons,

Et la pieuse fleur sur la rugueuse pierre,

Sont plus touchants au cimetière,

Que tous les orgueilleux frontons...

Et l'on n'a pas besoin, à la place murée Où l'on vient honorer la mémoire pleurée, De couvrir le tombeau d'objets si précieux !... Et les morts aiment mieux, h leur anniversaire,

Pour tout ornement funéraire,

Les larmes qui tombent des yeux.

voix d'une tombe

Et moi, passants, et moi... tout le monde m'oublie... Une seule prière, oh ! je vous en supplie,

Nul ue jette une fleur sur mon humble tombeau. Je suis un étranger mort ici, sans famille... — Priez pour moi, passants; priez, ô jeune fille, Laissez tomber quelque rameau.

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