‹ A la grand'pinteChapitre 88 sur 103 · A L'OPERA · texte numérisé non relu

A L'OPERA

On jouait la Lucie, et la salle encombrée

De femmes et de fleurs était toute parée.

Cercle resplendissant où plus d'un cœur battait

En entendant chanter l'amour qu'il ressentait.

Et pendant ces accents d'exil et de souffrance,

Pendant ces chants d'adieux et ces chants d'espérance,

Pendant que tout ce drame aimé se déroulait

Et que sous les bravos la salle s'ébranlait;

Un homme se plaça dans le silence et l'ombre.

Il avait été vu de la foule sans nombre ;

Mais lui ne voyait rien. — Son regard triste et doux Semblait vaguer au fond de l'orchestre en courroux; Car cet homme, ô malheur, ô misère, ô folie! L'un de ces créateurs qu'enfante l'Italie, C'était Donizetti, le grand compositeur, Kcoutant en pleurant, et demandant l'auteur!...

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