‹ À la mémoire de Jules BoeckelChapitre 17 sur 26 · L’agitation agraire · texte numérisé non relu

L’agitation agraire

C'est justement ce jeu démagogique qu’il convient de connaître. Depuis trois mois, écrivait naguère la Me Zeitung du 27 février, les démagogues

jarcourent le pays et exciltent les paysans, contre À, contre les villes et les citadins, contre l’ordre légal. Dans toutes les parties du Reich, les paysans se DO lent vers les lieux de réunion. Ils n’en rapporlent qu’une rancune mal fondée contre des in-

connus. On a ici une action préparée de longue main .

et qui vise des buts politiques. On en voit nettement les diverses élapes. Tout d'abord, il s’agit.de déchaïner dans le cœur des paysans la haine et la violence. On leur conseille ouvertement de ne pas payer leurs iinpôls, de mettre le feu aux Offices de Finances, etc. Puis, on utilise tout cela pour la propagande nationalsie des gens de droite. Et l’on cherche à créer ainsi un nouveau parti paysan chrétien-national. Qu'on vise la méthode employée par M. Hepp dans le Nassau, par MM. von Loë et von Lôüringk sur le Rhin et la Moselle. On appelle au maximum les paysans chrétiens-nationaux. C’est grotesque. Depuis 3 ans, les Nationaux-Allemands font ce qu'ils veulent au Reichsiag. Ge sont eux qui y décident de la politique agraire. En quoi le marxisme les gêne-t-11? M. Settich, l'homme de confiance du « Reichslandbund », est Minisitre du Ravitaillement. Comment se fait- il, se demande la Frankfurter Zeitung, que tant d’ avantages ne suffisent pas aux Nationaux-Allemands ? Et le Dr Curtius,

Ministre de l'Economie. Nationale, est

11 Mars 1958

aussi éloigné du marxisme que les Nationaux-Allemands eux-mêmes.

Ces fins que poursuit tout ce mouvement sont bien nettes. Les électeurs agricoles qui, en 1924, ont voté pour les Nationaux-Allemands sont profondément déçus. Ils sont aussi déçus que les électeurs de la classe moyenne, que les petils renliers, que ceux qui ont souffert de l'inflation et auprès "desquels les Nationaux-Allemands ont fait une si active propagande, au prix de belles promesses qui n’ont pas été tenues. Il s'agit de mettre un terme a ce ressentiment, de reconquérir. les masses paysannes, non de les aider. Car, s’il s'agissait de m'aider, le gouvernement actuel avail tous les moyens de le faire. Les paysans, s'ils se laissent prendre, sont économiquement et politiquement

trompés. Ils n’obliendront pas les améliorations légi-

times qu'ils réclament. En second lieu, ils formeront un parti qui ne sera qu'un appendice des partis de droite et demeurera sans influence aucune.

C’est dans le même sens que le Berliner Tageblati du 2 mars interprète ce mouvement. M. E. Lenner

montre ici qu'une grande agitation se produit à l'Est.

de l’Elbe et qu'il s’agit iei d'une vaste réorganisation

qui est un des problèmes essentiels du présent. En fait, les paysans ne croient plus à l'efficacité de la

politique du «Landbund ». Ils ne paient plus leurs

colisations. On a le grand conflit entre paysans et propriétaires. Or les propriétaires, les hobereaux voient venir.le danger. D’autre part, comment arrè-

teront-ils les paysans qui, sachant que ces mêmes ho-. bereaux se trouvaient au gouvernement à Berlin, ont

en somme bien peu fait pour eux ?

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