‹ À la recherche d'une religion civileChapitre 37 sur 75 · fructidor an V · texte numérisé non relu

fructidor an V

plus de décrets et d'efforts. Cbénier' avait présenté un premier projet dans lequel les assemblées décadaires s'ouvraient par « une instruction morale confiée à des pères de famille j>, puis un membre du conseil de la commune lisait les décrets envoyés par la Convention nationale. Venaient ensuite des chants patriotiques, des danses et autres exercices o adaptés aux mœurs républicaines 9. Ëschasaeriaux, discutant ce projet à la tribune de la Convention, exprima le

1. Loc. cit. Déjà Babaut-Saint-Étienne , à une époque où le calendrier républicain n'était paa encore établi, avait tracé le plan du futur décadi. > Chaque dimanche, dittrit-il dans le discours du ao décembre 1793 {MottU. du aa), il sera donné une It^n de moralt aux citoyenB assemblé*. Cette leçon sera prise dans les livres élémentaires approuvés par le Corps législatif. Chacun de ces exercices commencera par la lecture alternative de la déclaration des droits et de celle des devoirs. Les seuls ofHciers municipaux sont constitués à cet égard ojficiers de morale. En chaque exercice il sera chanté des hymnes en l'honneur de la patrie, à la liberté, à l'égalité, à la fraternité de tous les hommes, propres enfin à former les citoyens à toutes les vertus. Ces hymnes devront être approuvés par le Corps législatif. •

regret de n'y pas trouver « ce caractère attachant et républicain, cette espèce de féerie » qui doit se rencontrer « dans les fêtes d'un peuple libre » et que les anciens avaient su faire passer dans leurs institutions. Le cœur humain, disait Eschasseriaux, est ce naturellement avide de jouissances » ; or, dans le plan de fête civique, qu'il est question d'établir, on n'a point assez consulté « le génie des anciens législateurs qui eurent l'art admirable d'intéresser, d'émouvoir l'esprit public ».

Il était plus facile de poser le problème que de le résoudre. Eschasseriaux voulait une institution qui frappât l'imagination, qui s'emparât « du caractère national pour le rendre vertueux » . Il écartait avec mépris ces plans où l'on voyait ce moins une fête que l'exercice des fonctions municipales », et cependant il tonnait avec plus d'énergie encore contre toute pensée d'introduire la religion dans ces cérémonies.

« Vous auriez, dit-il, un prêtre et des autels asôis sur les ruines de la démocratie, si vous aviez l'imprudence d'admettre dans vos institutions civiques les éléments d'aucune superstition. » Le temple de l'Être suprême doit être « dans le cœur » de chaque citoyen. « La religion est l'œuvre des consciences...

Une république ne doit point être fondue dans les moules de la superstition. Ce n'est point une religion que vous avez à faire, ce sont des fêtes civiques ; ce n'est point l'œuvre de Moïse, c'est celle de Lycurgue*. » La question ainsi posée nous semble presque insoluble. D'un côté on demande des institutions qui n'aient pas un caractère purement municipal, capables de donner un solide appui à la morale, propres à remplir le vide laissé dans les habitudes de la nation par l'abolition de l'ancien culte; de l'autre, on a soin de spécifier qu'il s'agit d'un « corps

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