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CHAPITRE IV L'UNITÉ ET LA SAINTETÉ DE L'ÉGLISE

-La divinetépouse de Jésus cest radieuse de beauté, immortelle et sûre, désormais, de rester

* fidèle à sa mission. C’est bien l'Eglise catho-

lique, nous l'avons reconnue aux glorieuses prirogatives de la société chrétienne.

Toutefois, bien qu’il ne puisse y avoir d’erreur possible, Jésus, qui veut que ses disciples nagent véritablement dans un océan de lumière,a eu la délicate attention de donner à son Eglise des marques distinctives pour la faire rc- Connaître au milieu de toutes les fausses religions, qui osent se prévaloir de son nom.

Ainsi, quand un prétendu réformateur sort de son cloître pour inaugurer une doctrine nouvelle, prétextant les désordres de ceux qui, pour

être chrétiens et même pasteurs de l’Eglise, n’en a

(1) Luc 22. 31, 32,

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sont pas moins des hommes ; Quand un roi adultêre fait apostasier son peuple pour légitimer ses coupables déportements, il n’y a qu’à lever les JeUX pour constater la fausseté des églises réformées ou des sectes dissidentes. Il leur manque les signes indélébiles imprimés par le Christ à la société religieuse qu’il a instituée.

Ces signes, qui découlent des attributs que nous venons d'étudier, sont au nombre de quatre ct peuvent s’énoncer comme suit : l'unité, la sainteté, la catholicité et l’apostolicité.

Voyons d’abord les deux premiers

L'unité, ce nombre simple qui résulte de l’absence de toute division ou composition, se trouve en Dieu d’une manière suréminente et se confond avec son essence ; elle règne dans l’univers qui, bien que multiple dans ses parties, cest coordonné dans son ensemble, comme l'édifice conçu idéalement par le génie de l'architecte : elle existe partout où règne l’ordre, l'harmonie ct la beauté. Aussi, est-elle indispensable dans l'ordre moral et dans l'expression de la vérité religieuse,

L'Eglise, étant l'assemblée des fidèles qui professent la foi de Jésus-Christ, observent. sa loi, "econnaissent l’autorité de son représentant sur la terre, doit être une dans son gouvernement, sa morale et ses dogmes. Autrement, le désordre et l’anarchie règneraient en maîtres dans le troupeau du divin crucifié.

Retranchez, par exemple, l’unité doctrinale, et, de suite, un abîme se creuse entre les mem bres de la société chrétienne : celui qui sépare les intelligences et, souvent, désunit les cœurs. La divergence des idées est le foyer de toutes le: dissentions, le brandon de toutes les discordes. Aussi, særait-il dérisoire de proclamer l'Eglise indivise, si le Credo de ses membres était comme ce livret, battu par l’orage et déchiré en lambeaux qui promène ses feuillets épars au gré de tous les vents !

L'autorité ‘une est si nécessaire à l’existence même d’une société, quelle qu’elle soit, que je me crois dispensé d’insister sur la première condition requise à l’unité de l’Eglise.

Que dire de la morale et des moyens de salut imposés par le Christ aux membres de l'Eglise ou mis à leur portée ?

Serait-il possible de les varier au gré de chacun des fidèles sans altérer notablement l'union de la famille chrétienne ?

Evidemment, si l’unité purement nominale de l’Eglise peut encore subsister sans les conditions mentionnées plus haut, on admettra, sans doute, que son unité sociale ou réelle devient alors absolument impossible.

On aurait vraiment mauvaise grâce de nous vanter la force de cohésion d’un peuple dont les éléments seraient divisés par la langue, la natio-

rinale, meniparc >œurs.

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IOUS les atio-

L'ÉGLISE CAN HOLIQUE 257

nalité, l’autorité souveraine et le territoire, et qui n’aurait, Pour maintenir un simulacre d’union entre ses membres, que leur commune origine et une certaine loi s’accommodant au goût de tout le monde !

Maintenant, entendons Jésus nous dire ouvertement que le caractère de l’unité, émanant de toute société bien ordonnée, appartient à son Eglise comme l’un de ses signes distinctifs,

D'abord, notre divin Sauveur ne parle jamais de ses églises mais de son Eglise : “ Fdificabo Ecclestum meam. Je bâtirai mn Eglise” I] la désigne toujours au singulier ; tantôt comme sa bergerie, son troupeau, sa vigne ; tantôt comme son royaume, sa ville, son Corps ; ou bien, accentuant davantage sa divine pensée, il

exprime le désir, la volonté même, que toutes les îmes qu’il est venu racheter soient maintenues

dans lunion la plus parfaite. “ J'ai encore

d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie, et il faut que je les amène. Elles entendront ma voix ; et il n’y aura plus qu’un seul troupeau et {un seul pasteur.” (1)

Ces paroles sont claires et ne laissent aucun doute sur le Premier caractère de la société chrétienne, En voilà d’autres qui sont encore plus EXpressives : “ Père saint, je vous recommande CEUX que vous m’avez confiés, conservez-les, afin

+ (1) Jcan., X, 16.

qu’ils soient un comme nous. Jo ne vous prie pa: Pour eux seu;ement, mais pour tous ceux qui doivent croire en moi sur leur parole, afin que, comme vous êtes en moi, mon Père, et comme je suis en vous, ils soient, en nous, une seule chose. . Tous consommés dans l'unité” (1)

Pour nous faire comprendre qu’il ne s’agit pas de l’unité imaginaire, rêvée plus tard par les protestants, entre des disciples qui professent une certaine foi au Christ, tout en rejetant sa doctrine, St. Paul, qui avait déjà proclamé la nñcessité d’un seul Seigneur, d’une seule foi ct d’un seul baptême, (2) ajoute : « Rendez ma joie pleine et entière étant tous parfaitement unis ensemble, n'ayant tous qu'un même amour, une même âme et les mêmes sentiments. (3)

Puis, afin de maintenir l'unité et la pureté de la foi objective et subjective des fidèles il met ces derniers en garde contre les novateurs, quels qu’ils soient, fussent-ils lui-même ou un ange de Dieu. “ Mais quand nous vous annoncerions nous-même, ou quand un ange du ciel vous annoncerait un évangile différent de celui que nous

nous avons annoncé, qu’il soit anathème.” (4) (1) Joan., Cap. X VIL, v. 11 et s.

(2) Eph., IV, 5.

(3) Joan.; XVII, 11et s.

(4) Tic., IIE, 10.

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Il n’y a pas à se Le dissimuler, ‘union la plus parfaite doit régner dans le troupeau de Jésus- Christ, maintenant le joug salutaire qui éclaire les esprits, le frein de la discipline et de ja loi qui règle le culte dû à Dieu, préserve les âmes de la contagion du péché et les sanctifie.

Mais, si l'Eglise est une dans sa multiplicité, harmonieusement constituée malgré la variété de ses rites, homogène, j'oscrais dire, en dépit de son universalité ; je n’empresse de l’affirmer, en second lieu, elle doit être sainte,

Qu'est-ce, en effet, que la sainteté ?

La sainteté, dans son sens général, est la droiture morale d’une personne devant Dicu.

L’homme juste va droit son chemin sans devier ni à droite ni à gauche, l'œil fixé sur la boussole de sa conscience, qui Jui dicte ses devoirs envers Dieu, son prochain et lui-même,

Appliquée aux choses, la sainteté se dit de tout ce qui est consacré au culte divin, comme les temples ; de tout ce qui est une cause de sanctification pour les âmes, comme les sacrements, et de tout ce qui est le résultat ou le signe de la haute vertu des saints, comme les miracles,

La sainteté personnelle et réelle doit appartenir à l'Eglise de J ésus-Christ,

Consacrée à Dieu, puisqu’elle est son épouse et Son corps mystique ; temple merveilleux où

habite l'Esprit Saint qui linspire ; arche sainte

hééishaieinleiiinlaéinertirtsosètiitésieis bison Ph an cr enenngs te

où reposent les tables de la loi nouvelle, l'Eglise est aussi la cause féconde, inépuisable de la sainteté de sea propres enfants par ea doctrine, son culte ct ses sacrements. C’est pourquoi elle est sainte de la sainteté réelle.

Mais, si elle procure des moyens de sanctification à ses membres, de fait, elle doit les sanctifier. Peu importe qu'il y ait des défections dans ses rangs, ct que l’ennemi fasse des victimes parmi les chrétiens ; elle doit offrir quand même au monde dominé par l'esprit du mal le consolant spectacle d’une phalange compacte de nobles âmes qui s’efforcent d’imiter les vertus du Maître par la pureté et la sainteté de leur vie,

De là sa sainteté personnelle.

N’allons pas croire que nous donnons libre Cours à de pieuses hypothèses qui tendent à mettre sur le front de l'épouse du Christ un signe que nous désirons ÿ avoir, sans nous préoccuper de la réalité de l'institution divine,

Encorc ici, Jésus a parlé clairement, et, sil n’est pas entré dans les détails que nous avons indiqués sur la sainteté de son Eglise, il a mis sous la plume de l’apôtre St. Paul ces paroles pleines de sens : “J ésus-Christ a aimé l'Eglise et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier, après l'avoir purifiée dans le baptême de l’eau par la parole de vie, pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n’ayant ni tache, ni

ride, ni rien de semblable, comme étant sainto et

irrépréhensible.” (1)

Ainsi, l'Eglise instituée par Jésus-Christ est une et, de plus, elle est sainte.

Ces notes sont fatales au protestantisme, à qui on ne saurait, sans une amère dérision, demander s’il possède l'unité de doctrine, de gouvernement ou de préceptes ct encore moins, peut-être, la sainteté,

Sa doctrine purement négative flotte au gré de tous les vents qui agitent l'esprit humaï. C’est en vain qu’on réunit des synodes, que l’épiscopat et le sacerdoce enseignants se sont peu à peu reformés dans une prétendue religion réformée, qui avait fait table rase de la hiérarchie catholique pour ne laisser subsister que la Bible

et l'interprétation individuelle.

La foi protestante devient de plus en plus variée, multicolore. Ou bien, elle se rapproche de la foi catholique ; ou, elle va sombrer, après avoir passé par toutes les Phases de la négation, dans les sombres abîmes de l’incrédulité.

Je n’invente pas. Promenez vos pas dans la fière Albion ou dans la république de l'oncle Sam ; allez au berceau du protestantisme, en cette Germanie où les esprits sont pourtant si

profonds, et voyez ce qui reste de la vérité révéms (1) Eph.. V. 95.

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lée dans ces synagogues modernes où des messieurs de mise correcte, ayant femmes et enfants, s’exercent tous les dimanches à ruiner le commerce inoffensif du tabac et à porter leurs jugcments inspirés sur toutes les questions de la politique locale ou universelle !

Voulez-vous une autre preuve de l’absence complète de doctrine qui se cache sous l’austère attitude des disciples de Luther et de Calvin ?

Attendez encore quelques mois, la métropole sera dans la jubilation, notre souverain Edouard VII, successeur de Henri VIII, et, comme lui, le chef reconnu de la religion réformée en Angleterre, recevra sur sa tête la couronne britanuique. À ce moment solennel, ce pape anglican fera sa professioi de foi, comme il incombe à tout pasteur qui prend la direction spirituelle des âmes qui lui sont confiées. Or, savez-vous, quels dogmes fondamentaux du protestantisme seront alors professés dans la grande cathédrale de Westminster, par le souverain qui paraîtra aux yeux de sea peuples comme un être merveilleux, planant, entre ciel et terre, environné par la triple auréole de la royauté, de l’empire et du souverain pontificat ?

Recueillons-nous et attendons. Sans doute, la formule récitée en ce moment doit résumer admirablement la quintessence du protestantisme et nous laisser entrevoir de ces dogmes profonds

qui sont comme les premières assises d’une religion !

La susdite formule, connue sous le nom de serment du roi, renferme deux choses : La négation de la doctrine catholique, dite la présence réelle, et une calomnie : l’affirmation mensongère de l’idolâtrie des catholiques envers la Vierge Marie ! 1! 1...

Oeuvre d’un homme révolté contre l'Eglise, greffé tant bien que mal à la révélation écrito qu’il n’a pas mission d’interpreter, le protestantisme n’est en définitive qu'une invention humaine, ou mieux, un rameau détaché du tronc qui l’a nourri. Comment une telle institution Pourrait-elle remplacer l'Eglise du Christ ? Comment cette branche desséchée produirait-elle des fruits pour le ciel ? C’est une œuvre de mort qui n’engendre, hélas, que la décomposition et la Corruption |! D'ailleurs, que voulons-nous voir sortir d’une religion qui a eu pour fondateurs Luther, un moine débauché ; ( ‘alvin, marqué d’un fer rouge pour ses immoralités ; Henri VIII, l’ignoble adultère; à la fois tyran et tueur de femmes ; Elizabeth, dont l’odieuse mémoire porte la flétrissure de tons les vices et la tache indélébile du meurtre de la très noble et très pure Marie Stuart ?

Qu'il y ait des Vertus naturelles chez nos frères séparés, nous le voulons bien ; les païens en ont

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parfois d’éclatantes. Qu'il y ait des saints dans le protestantisme, la chose est encore possible mais, ce n’est pas au libre examen qu’en revient la gloire.

Les justes de toutes les croyances, qui observent ce qu'ils croient la loi divine ; qui, implicitement du moins, désirent employer les moyen: de salut mis à notre disposition par le Christ ; ces hommes de bonne foi, dis-je, bénéficient, sans aucun doute, du bienfait de la rédemption.

Mais, s’ils sont ostensiblement hors de la société chrétienne, et retranchés du corps visible de l'Eglise, admirons ici la divine constitution de cette dernière ; ces saints du protestantisme, ou d’une hérésie quelconque, appartiennent à “lâme ” de l'épouse de Jésus-Christ qui, de cette façon, étend ses conquêtes d’une manière invisible bien au-delà de ses bornes connues et ravit à l’enfer une foule de victimes qui semblent lui être destinées.

Maintenant, promenons un rapide regard sur le catholicisme et voyons si nous pouvons Jui appliquer les deux premiers caractères de la véritable Eglise du Christ.

Ici, je sens que la tâche devient facile.

L'unité, tout d’abord’ lui va si bien qu’il n’est presque pas besoin de prouver,

Parcourez, en effet : l’Europe, si fière de sa civilisation, l’Asie, où les plus vieux peuples

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du monde ont peine à secouer leur léthargie sécu-

laire, et l’Afrique, dont la noire population vit

encore dans la barbarie. Visitez les deux Amériques, où la race indigène a cédé le pas aux nom-

breuses colonies venues du vieux monde, et, s’il

ous est agréable de faire une excursion autour

de notre planète, abordez successivement aux îles nombreuses de l'Océanie.

Or, dans votre Promenade à travers le monde,

Vous rencontrerez partout des enfants de l'Eglise catholique qui ont été conquis à la foi chrétienne par l’apostolat infatigable de nos missionnaires. Eh bien ! Demandez au Chinois, à l’'Hindou, au nègre africain, à habitant des îles australiennes, au sauvage de l’Amérique, qui professe le catholicisme : quels sont les dogmes qu’il eroit ? I] Vous répondra en récitant les douze articles du symbole des Apôtres que nous avons nous-mêmes appris sur les genoux de nos mères, — Quelles sont ses prières ? Elles sont les nôtres, —Les sacrements qu’il reçoit ? Les vertus qu’il doit, pratiquer ? Les commandements qu’il doit observer ΗLes nôtres, toujours les nôtres ! (Deux Ou trois siècles Auparavant, nous aurions eu les mêmes réponses. )

Enfin, si vous interrogez de nouveau cet enfant de la barbarie, pour savoir : Quelle est sa règle de foi ? Il dira ce simple mot : / Eglise. Quel est son chef, le premier représentant de

Dieu pour lui sur la terre ? Sans hésiter, comme vous et moi, avec la catholicité toute entière, il répondra, en désignant un point au-delà des mers : Le Pape, le vieillard du Vatican, Léon XHII aujourd’hui, mais, dans trus les temps, l’immortel successeur de Pierre !

Voilà bien l’unité, ou, nous n° y entendons rien.

Mais, si l'Eglise catholique est une, elle est surtout sainte ; nous pouvons le dire avec fierté.

Ouvrons ses annales et voyons le glorieux catologue de ses saints et de ses martyrs.

La liste en est longue, et pourtant n’est pas encore terminée,

Maintenant, voulons-nous savoir pourquoi ces millions de chrétiens de tout âge, de tout pays, de toute condition, ont été mis au nombre des bienheureux, et pourquoi ils ont pris place sur nos autels? Relisons les actes des saints, ces'fastes glorieuses du catholicisme, et nous verrons que tous ont été de véritables héros. Les uns ont sacrifié richesses, honneurs, gloire, pour vivre pauvres, humbles et obscurs dans la solitude d’un cloître, ou l’aridité d’un dé&ert ; d’autres, mêlés à la foule, se firent de leur cœur un sanctuaire où Dieu régna sans partage, suivant le conseil du Maître, qui veut que l’on soit dans le monde sans être de ce monde : d’autres plus nombreux encore, à toutes les époques de l'Eglise, ont sacrifié la vie pour conserver leur foi. Tous ont

brillé par des vertus héroïques ; plusieurs par des œuvres admirubles et l’éclat du génie,

La source de la sainteté n’est pas tarie dans le æin du catholicisme, De nos jours, comme aux temps de la primitive KE lise, Dieu a ses saints qui vivent dispersés ça ct là dans le monde.

a ses vierges qui mettent à l'abri du cloître l’innocence de leur me et la flamme si pure de la charité ; son armée saccrdotale et ses phalanges régulières de religieux qui forment l'avant-garde de sa milice ; ses apôtres, qui ré- Pandent au loin la bonne semence de l’'Evaneile ; ses fidèles forts et courageux qui prennent de nos temps uno si large place dans les œuvres chrétiennes, et enfin, dissimulées sous les dehors bruyants de la société chrétienne, fune foule

d’âmes qui s’ignorent elles-mêmes, mais qui sont précieuses aux yeux de cel ui qui sonde les reins et les cœurs !

Qui Pourra, du reste, apprécier la somme de dévouements et de charités qui se dépense dans lc secret d’un monastère au profit des pauvres, des déshérités, des malades et des orphelins ? Qui comprendra jamais l'étendue et l'efficacité des œuvres d’un Vincent de Paul, d’un dom Bosco, d’un Saint Jean Baptiste de la Salle, lesquels s’épanouissent maintenant, après un début modeste, dans le champ du Père de famille, et

qui déjà ont donné de si magnifiques résultats pour le ciel ?

Concluons, en disant que l’Eglise catholique porte en elle les deux premières notes apposées, en quelque sorte, par le Christ à son Eglise pour la faire reconnaître à travers les siècles par les générations humaines soucieuses de leurs destinées éternelles,

Elle est une, comme ces grandes armées obéissant au génie d’un César ou d’un Napoléon ; une, comme les plus beaux temples de la Grèce, où, malgré la richesse et la variété du style, on retrouve l’harmonie des lignes et la proportion des parties ; une, comme ces toiles d’un Raphaël ou d’un Titien, dont la savante composition retrace devant nos yeux émerveillés l'empoignante vérité d’un fait biblique ; une, comme la musique des maîtres, les chefs-d’œuvre de la littérature et de l’éloquence ; une, comme le monde et, de plus, l’image la plus parfaite de l'unité divine !

Elle est sainte, et devint cette beauté morale de l’Eglise si harmonieuse et si pure, quiconque l’observe avec attention et se rend compte de ses admirables institutions, ne pent s'empêcher de répéter les paroles du prophète Balaam en présence du camp des hébreux : “ Que vos pavillons sont beaux, 6 Jacob ! que vos tentes sont belles, Ô Israël ! Elles sont comme des vallées couvertes de grands arbres ; comme des jardins le long des fleuves, toujours arrosés d’eau, comme

des tentes que le Seigneur lui-même a afferimies.” (1)

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