‹ A la recherche du bonheur; traduit et précédé d'une préfaceChapitre 3 sur 31 · D'OC VIENT LE MAL · texte numérisé non relu

D'OC VIENT LE MAL

souffrir ; du moins nous serions seuls à souffrir : tandis que nous vivons toujours par couples ; et tu aimes tant ta compagne, que tu n'as plus de repos, tu ne penses qu'à elle : A-t-elle mangé ? A-t-elle assez chaud ? Et quand elle s'éloigne un peu de son ami, alors tu te sens tout à fait perdu ; tu es haute par la pensée qu'un autour l'a emportée, ou qu'elle a été prise par les hommes. Et lu te mets à sa recherche, et tu tombes toi-même dans la peine, soit dans les serres d'un autour, soit dans les mailles d'un filet. Et si ta compagne est perdue , tu ne mauges plus, tu ne bois plus, tu ne fais plus que chercher et pleurer. Combien ilenmeurtainsi parmi nous ! Tout le mal vient, non pas de la faim, mais de l'amour.

Le serpent disait :

— Non, le mal ne vient ni de la faim, ni de

l'amour, mais de la méchanceté. Si nous vivions tranquilles, si nous ne nous cherchions pas noise, alors tout irait bien : taudis que, si une chose se fait contre ton gré, tu t'emportes, et tout t'offusque ; tu ne songes qu'à décharger ta colère sur quelqu'un ; et alors, comme affolé, tu ne fais que siffler et te tordre, et chercher à mordre quelqu'un. Et tu n'as plus de pitié pour personne; tu mordrais père et mère; tu te mangerais toi-même ; et tafureur finit par te perdre. Tout le mal vient de la méchauceté.

Le cerf disait :

— Non, ce n'est ni de la méchanceté, ni de l'amour, ni de la faim que vient tout le mal, mais de la peur. Si on pouvait ne pas avoir peur, tout irait bien. Nos pieds sont légers à la course, et nous sommes vigoureux. D'un petit animal, nous pouvons nous défendre à

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