AGÉNOR, LE SERGENT
{Bruit de verrous. La porte s'ouvre : on aperçoit le sergent se débattant avec Agénor qîii ne veut pas entrer.) LE SERGENT {de la porte).
Allons, entrez !
AGÉNOR {de la porte).
Poussez pas !...
LK SERGENT
Eh ! bien, aiorss... entrez !
AGKNOR.
J'entrerai... mais ne poussez pas !
Il y a trois jours, j'arrive à la caserne... Je devrais même dire : nous arrivons... Car, je n'étais pas seul... Nous étions cent quatorze... On nous fait entrer dans une grande salle... et on nous habille... {inonlrani sa iemie) comme vous le voyez !... Puis, on nous mène à l'exercice... Ah ! si papa m'avait vu !... Je ne savais pas tenir mon fusil, et les autres se moquaient de moi !... {Cherchant autour de lui.) Je n'ai rien là... pour vous montrer !... {Apercevant le balai dans nn coin.) Ah ! ce balai. ..(//.y^ lh<e et va le prendre.)C& balai fera l'affaire!... Voilà... n'est-ce pas... j'étais comme ça... dans le rang... sur la première ligne... [Il se place dans la position du soldat au port d\irnics, le balai en guise de fusil.) On commande : « Portezarmes !... » — Les autres... ceux qui savaient... exécutent le mouvement... je les regarde... et après avoir bien vu comment ils s'y étaient pris... je l'exécute à mon tour. {Il porte l'arme au bras. — Avec une grosse voix) : — « Eh bien ! dites donc, le numéro trois... est-ce que vous attendez l'omnibus pour exécuter le commandement .''...» {De sa voixnattirelle.) — C'était moi, le numéro trois... je réponds : « — Pas du tout, caporal... je n'ai pas envie de prendre l'omnibus en ce moment ! » — [D'une grosse voix.) — « Hein ! vous se moquez de moi?. . .» ( Voix naturelle. ) — « Oh ! caporal !... » — {Grosse voix.) — << Allons, silence dans le rang !... » {Voix naturelle.) — Je me tais... et le caporal commande... : «Arme sur l'épaule... droite!... » — {Ilporte Vanne gauchement) : « En avant... arche !... "h — (// marche enfaisa7it le tour de la scène, et le manche de son balai va frapper., derrière lui., le sergent qui entre.)