‹ A la veillée [microforme]Chapitre 28 sur 28 · IST · texte numérisé non relu

IST

it biencorps le de ces et échans'était Jardin t dans ur ses ieu de l'enve-

loppaient, des paroles de prières et des sanglots. Dès l'instant où sa tunique blanche avait frôlée les parois de ce réduit, les prophéties d'autrefois allaient bientôt avoir leur dénouement : car il était écrit que l’âme de cet homme serait triste jusqu’à la mort, et cette nuit, qui s'étendait si calme, si belle, si silencieuse sous le ciel de la Judée, ne devait plus être appelée, dans la suite des temps, que la nuit de l’agonie,

Quelles pouvaient donc être les sombres et poignantes pensées qui faisaient

alors perler des sueurs froides sur Je

visage du Fils de Dieu ?

Pourquoi ce perpétuel voile de tristesse— qu’une main d’en haut était venue poser sur la face du Sauveur, dès sa sortie de la crèche de Bethléem—était.l encore là, planant au-dessus de sa tête sacrée, maintenant que l'instant suprême

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approchait ? « Les peuples de Galilée l'ont vu pleurer, écrivait Donoso Cortès, la famille de Lazare l'a vu pleurer, Jérusalem l’a vu inondé de ses larmes. Tous, tous ont vu des larmes dans ses yeux :

qui a vu le rire sur ses lèvres? Et que Voyaient ces yeux troublés devant qui étaient toutes choses, celles du passé, celles du présent, celles de l'avenir ?

“ Voyäient-ils le genre humain naviguant sur une mer calme et heureuse ?

Non, non! Ils voyaient Jérusalem tombant sur Dieu, les Romains tombant sur Jérusalem, le protestantisme tombant sur l'Eglise, les révolutions allaitées par le protestantisme tombant sur les sociétés, les socialistes tombant sur les civilisations, et le Dieu terrible, le Dieu de Justice tombant sur tous.”

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Ce soir-là donc, où tont s'était donné la main pour le trahir, le renier, le crucifier,

Galilée ) Cortès, er, Jérus. Tous, S yeux:

Et que ant qui u passé, ir ?

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par le ociétés, ivilisajustice

mné la ucifier,

l'immense flot de larmes échappé de ses Paupières s'était mis à refluer violemment vers Sa source, fouetté et refoulé par la main de son Père, Partout où ses yeux rougis voulaient se reposer, ils n’entre- Voyaient dans la pénombre de la grotte que cyniques ambitions, haines atroces, dissimulations perfides, amitiés menteuses, crimes incroyables, entassés au milieu de débris de Sceptres, de fragments de trésors, de lambeaux de miîtres, de tronçons d’épées. L’horrible vision, soutenue par la main de fer de l’athéisme,

du blasphême, de la malhonnêéteté, de la débauche, du parjure, de l'amour vendu,

allait se déroulant lentement devant ce

cœur défaillant, et déjà, un long cri d’an.

goisse s'était échappé des lèvres du Fils

de Dieu, lorsque s:udain tout disparut, pour faire place à quelque chose de plus horrible et de plus satan'que,

Ces hommes qu'il était venu sauver, ces hommes pour qui il venait de com.

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accés

rencer à se sacrifier, ces hommes à qui il allait léguer la goutte la plus pure de son Sang divin—léplise catholique, apostolique et romaine—se pressaient les uns contre les autres, s’excitaient de la voix, s'encourageaient mutuellement, puis, se divisant par groupes, se ruaient, sous le nom de démagogues, de libres penseurs, de révolutionnaires, de socialistes, de tolérants, contre cette dernière trace du Sauveur laissée à la terre pour l’engager à se souvenir du ciel, et essayaient à la faire disparaitre, en la foulant sous leurs pieds. L'église militante se mit alors à déliler majestueusement devant l’'Agonisant. La poussière de ses autels que l’on martelait sans relâche, se prit à jaillir jusque sur. le rebord de sa robe, et les figures de ses ministres, des Papes ses successeurs, pauvres, méprisés, bafoués, errants comme le Maitre, vinrent se refléter dans la prunelle de son regard, si morne et pourtant si résigné.

C'était Pierre—qui dormait à quelques pas de là—Pierre chassé de Rome per

nes à qui re de son apostoles uns la voix, puis, se sous le )enseurs, s, de torace du engager ent à la us leurs alors à l’Agonique l’on Ilir jus- , et les pes ses afoués, ent se regard,

1elques ne per

l'empereur Claude, traqué comme une bête fauve, et Crucifié la tête en bas,

Derrière lui marchaiïent Anaclet, exilé par Dioclétien, Puis Clément 1, proscrit Par Trajan et mourant privé de tont Secours dans Ja ville déserte de Cherso-

dans la Thrace Paï l'empereur Constance :

Jean I, attiré sous de faux prétextes à Ravenne par le roi Thévdcrie, Pour n’y trouver que la mort an mort au fond d’un

- Cachot: Agapet I, forcé d'aller mourir à

Justinien à Patare en Lycie, puis à l'île de Palmaria, Pour y périr de faim et de misère: Vigile, exilé sept ans par le même empereur et expirant à Syracuse : Martin 1, chassé par Constant II, bafoué en route, jeté sur un ‘navire, Pr'omené pendant quinze mois de rivages en rivages, d'iles

en îles jusqu’à Constantinople, où il reçoit -toutes sortes d'ignominies, puis déporté secrètement dans la Chersonèse Taurique où la mort vient le chercher au milieu de la plus affreuse des misères :

Sergius I, arrêté par Justinien II: Gré.

goire III, assiégé dans Rome par les Iconoclastes : Etienne ILL, obligé de se réfugier en France pour ne pas tomber entre les mains du farouche roi lombard, Astolfe : Etienne IV, retenu prisonnier dans la basilique de Saint-Pierre même, par le roi Didier: Léon III, tout sanglant et tout maculé de boue, les yeux crevé et la langue arrachée, au milieu de Rome, le centre de la catholicité,

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Placée en tête à tête avec tontes ces horreurs et abominations, la face du Sauveur suait le sang. Une épouvantable terreur comprimait son âme; il priait, mais pendant que ses lèvres bleuies et gonflées murmuraient des paroles de

, OÙ il 'S, puis 2rsonèse cher au nisères :

[: Grépar les de se tomber mbard, sonnier même, anglant : crevé

| Rome,

tes ces lu Sauintable priait, nies et les de

pardon pour tous ces crimes, l’implacable Vision continu

ait encore à se dérouler

sur les parois de la grotte,

C'était Etienne V luyant devant une émeute et s'en allant mourir Où il était venu chercher un r à sa suite, APParaissaient Jean VIII couvert de chaînes dont l'avait chargé Carlo-

en France, éfuge. Puis

Man: Adrien III mourant en France Comme Etienne V : Htienne VII étranglé dans sa prison par les ordres d'Adalbert, Marquis de Toscane: Léon V rendant l'âme dans un cachot : Sergius III chassé de Rome par nne faction : Jean X étoufté dans son lit: Léon VI expirant dans les fers: Jean XI périssant au fond d'une oubliette: Bénoit V, fait prisonnier par Othon, empereur d'Allemagne, et termi-

nant sa vie dans l'exil, à Hambourg : Jean XIII exilé à Capoue: Benoit VI fait pri-

Sonnier, enfermé au château St, Ange et étranglé par l'anti-pape Boniface VII:

” fu dut D De a on ”

Jean XIV s’éteignant de faim, en prison :

Jean XV, Grégoire V, Sylvestre II, Be.

noit VIII, Grégoire VI, exilés du Saint Siége: Clément II, fuyant le cachot qu'on lui préparait et allant mourir en Germanie: Léon IX fait prisonnier par les Normands : Grégoire VII assiégé dans Rome par Henri IV, empereur d’Allemagne, et se réfugiant à Salerne pour S'y coucher; dans sa tombe: Victor IIL élu dans l'exil: Urbain Il Y passant une Partie de son pontificat: Pascal 1I prisonnier d'Henry V d'Allemagne, trépassant d’épuisement et de douleur à Bénévent: Gélase II, pour éviter le même sort, quittant Rome et s’en venant mourir à Clany : Innocent II, Eugène II], Alexe andre III, Luce III Innocent IT], In.

nocent IV, Alexandre IV, Urbain IV, Clément IV, Grégoire X, Nicolas III, Martin IV, Honorïius IV, Nicolas IV, Célestin V, Benoit XI, Urbain V, Grégoire XI, s’achéminant tristemant vers le sol de l'étranger, loin de cette chaire de Pierre qui leur avait été confiée en dépôt sacré : Hugène IV, n'échappant que par

prison :

II, Be.

lu Saint cachot

urir en ier par gé dans d'Allepour s’y IIl élu nt une II pritrépas- \ Bénémême mourir , Alex.

(II, In. in [V, as III, as IV, , Grévers le ire de dépôt ue par

la faite à la fureur de l'avaient fait Prisonnier :

du Vatican par chassé par Ja rév

8 Romains qui Pie VIT arraché Napoléon [: Pie 1X

olution, se réfugiant à Gaëte, puis retournant à Rome pour y

lutter bravement contre les ennemis de la Papanté et du Catholicisme.….

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Longtemps, longtemps encore l’affreux Cauchemar passa et lepassa devant le Sauveur atterré : son âme ne pouvait encore Ss'habituer à une semblable in.

Sraütude envers ceux qu'il avait mar.

qué du sceau de son héritage et de son apostolat, L'holocauste Jui Paraissait im- Possible ; il élevait les mains vers son Père, il allait le Supplier une seconde

fois d'éloigner de lui la terrible

Coupe, lors.

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qu'un cri de sublime résignation s’échappa de sa poitrine :

—Mon père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite !

Le sacrifice était accepté, le monde venait d’être sauvé.

Seulement, depuis cette nuit lugubre de l’Agonie, les larmes du Christ ont continué à suinter lentement sur les joues de chacun de ses successeurs, En s’asseyant sur le trône de St. Pierre, chaque Pape doit aller les puiser au fond du calice amère du Jardin des Oliviers. Dès qu'il l’a porté à ses lèvres, il se fait une sourde rumeur parmi les hommes qui ont aidé à crucilfier leur Dieu. ‘vres de sang et de vertige, ils se précipitent tous en foule sur les murs du Vatican, pour renverser d'un seul coup ce vase de la divine tribulation, qui restera toujours là

’échap-

passer volonté

monde

aguhre st ont s joues in s’ashaque nd du 8. Dès it une jui ont e sang Jus en \r renla diurs Jà

‘Christ sont là Pour proté

comme un éternel Monument de leur déicide, Mais écrasée par une éternelle malédiction, Jeur rage restera toujours impuissante. Les larmes du ger les portes de son Eglise, et toujours elles feront trouver à Ceux qui voudront s'élever contre elle,

les Gémonies sur les bords du Tibre, la roche Tarpéienne aux pieds du Capitole,

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