‹ A LamartineChapitre 11 sur 27 · LA FÊTE · texte numérisé non relu

LA FÊTE

Un ciel menaçant, chargé de sombres nuages, plane sur la Flandre... Les préparatifs de la fête, fiévreusement achevés pendant une nuit de pluie et de tempête, sont terminés. Bergues attend ses invités. Arrivé la veille, M. Paul Deschanel est l'hôte de M. Henry Cochin en son château du Weez et déjà, sous le voile de l'incognito, conduit par M. Sapeher, maire de Bergues, il a fait une rapide visite de notre cité.

Dès le matin, la foule se porte à la gare où la Compagnie du Nord, par les ordres de M. l'ingénieur en chef Sartiaux et les soins vigilants de M. l'inspecteur Guillemain, a aménagé un salon de réception pour les notabihtés attendues. Les troupes font la haie ; la pluie cesse...

A dix heures et demie précises, un bref commandement retentit, les soldats rendent les honneurs et M. Paul Deschanel, président de la Chambre des députés, paraît, accompagné de M. Denys Cochin, délégué de l'Académie française, et de M. Henry Cochin, député du Nord.

La parfaite bonne grâce et l'aimable accueil de

M. Deschanel étenclent leur charme sur les présentations protocolaires, et une commune sympathie règne déjà parmi les invités quand, sur l'appel du secrétaire général de la mairie, M. Leceuche, ils prennent place dans les voitures du cortège.

La foule distingue, parmi les personnages de marque, à côté de M. P. Deschanel, svelte, alerte et souriant, M. Féhx Trépont, le sympathique préfet du Nord, représentant le gouvernement de la République ; M. Denys Cochin, portant avec une robuste élégance l'habit vert académique ; M. Henry Cochin, député du Nord, dont le cordial et fin visage s'épanouissait en cette heure de communion lamartinienne ; à ses côtés, M. Claude Cochin, son fils, conseiller général du Nord, qui fut avec lui l'un des promoteurs les plus zélés et les plus compétents des fêtes de Lamartine ; le jeune et éminent ministre de la justice du royaume de Belgique, M. Carton de Wiart, qui réunit en un rare ensemble les dons du jurisconsulte, du poète et du romancier — (l'on rappelle autour de lui qu'il fut titulaire du prix quinquennal de littérature) ; M. Auguste Dorchain, président des Lamartiniens et délégué de la Société des Gens de Lettres, le délicat poète qui va célébrer d'une âme fraternelle l'auteur des Méditations ; M. Pierre de Nolhac, l'érudit conservateur du Musée de Versailles, historien et poète, qui a si bien décrit et chanté l'Italie de Pétrarque et le Versailles de Louis XIV ; M. le commandeur Novati, dont toute l'Italie intellectuelle fêta avec ses nombreux disciples, l'an 1909, en une

fête de l'esprit et du cœur, le jubilé universitaire (1) ; M. le baron Carra de Vaux, neveu de Lamartine, le savant orientaliste ; M. Alfred Dumont, député de Dunkerque ; MM. Dansette et l'abbé Lemire, députés du Nord ; le baron J. du Teil, qui tout à l'heure exprimera en termes exquis l'hommage rendu par l'Académie de Mâcon au poète bourguignon. Et cent autres invités, représentant l'armée, l'administration, les corps élus de la région, confondus en une pensée unanime.

Le cortège se met en marche. Par une décision heureuse de la municipalité, à part le drapeau national, aucune décoration parasite ne vient cacher aux yeux des visiteurs la belle figure archaïque de la ville.

Les vieilles rues, aux lignes circulaires, selon l'usage des anciennes cités flamandes, découvrent à chaque pas un détail nouveau : quelque placette aux pavés herbeux, un coin d'éghse aux ogives lancéolées, un quinconce de vieux marronniers, pour finir sur la vue d'ensemble de la grande place, du beffroi et de l'hôtel de ville où claquent les pavois des estrades.

Les invités prennent place dans la tribune officielle, décorée aux armes de Bergues.

Le buste de Lamartine, encore voilé, s'entoure d'un décor de verdure sur lequel flotte la bannière de Flandre : d'or au lion contourné de sable, lampassé de gueules.

(1) Cf. Henry Cochin, Jubilés d'Italie, Plon-Nourrit. Paris, 1!H1

La foule compacte se presse autour de la tribune installée au pied du monument.

La série des discours s'ouvre par celui de M. Emile Lefebvre, le zélé trésorier du Comité des fêtes (1) :

Monsieur le Maire,

J'ai l'honneur de vous remettre, au nom du Comité des fêtes lamartiniennes de la ville de Bergues, le monument que nous devons à la générosité de nos souscripteurs.

Je suis confus, certes, de prendre le premier la parole devant une aussi imposante assemblée : mais je dois bien reconnaître que la confiance dont mes collègues m'ont honoré en me nommant leur trésorier m'obligeait à accepter volontiers ce périlleux honneur. C'est qu'en effet j'ai été le premier à percevoir le frisson d'enthousiasme qu'a provoqué dans toute la France, et même par delà nos frontières, notre projet d'élever un monument à la gloire du grand homme politique, du poète inspiré, qui sollicita, il y a quatre-vingts ans, les suffrages des Flamands de France.

Nos demandes de souscriptions étaient à peine lancées que, de toutes parts, affluaient non seulement les offrandes généreuses signées des noms les plus éclatants, mais aussi les oboles touchantes d'une foule d'admirateurs anonymes du grand Lamartine.

Tous les Lamartiniens de France, de Belgique, d'Italie, de Hollande, de Suisse applaudissent à notre idée et répondent à nos propres sentiments en félicitant de son heureuse inspiration l'homme de grand cœur, l'écrivain délicat et charmant que ces mêmes Flamands de France

(1) Par xme pensée très gracieuse, le Ministre de l'Instruction publique a décerné les palmes acadénoiques à M. Emile Lefebvre, qui fut l'un des plus utiles artisans des fêtes lamartiniennes.

LES FETES L A M A H T IiN I ENN ES 113

gardent jalousement comme leur député et qui ressemble par les meilleurs côtés à son illustre prédécesseur.

C'est de Bruxelles, monsieur le Président, que m'arrivent ces lignes, qui traduisent si bien notre orgueilleuse joie de voir votre haute personnalité donner à nos fêtes un inestimable éclat :

« Nul hommage plus délicat ne pouvait être rendu à la mémoire de Lamartine que de l'évoquer sous le haut patronage du fils éminent de celui que nous avons tant aimé. La Belgique a gardé le profond souvenir de l'homme exquis que fut Emile Deschanel. Primus inter pares^ il contribua puissamment à l'éducation littéraire de notre pays et ne fit que développer en nous le sentiment inné des liens de cœur et d'esprit qui nous rattachent à la France. »

D'autres lettres aussi, messieurs, nous vont droit au cœur. Aucun nom ne les signe, mais elles sont remplies d'une sorte d'adoration pour notre prestigieux héros. J'aime à vous hre au moins l'une d'elles :

« Le grand cœur du patriote, l'âme immortelle du poète, méritent d'être perpétués par un monument digne de lui.

« Je souhaite ardemment que chaque admirateur contribue à l'universalité de sa gloire; il n'y aura jamais assez de statues pour commémorer le grand homme qui tient une si grande place dans mon cœur idolâtre. »

A ce merveilleux commerce de noble et pur enthousiasme, j'ai compris, messieurs, les vers prophétiques que Lamartine écrivait il y a quatre-vingts ans, ici même, dans cette maison que vous allez immortaUser. Il sait ce que deviendra

L'or pur que sur ses pas sème sa main prospère,

Il sait :

... Où du ciel ce divin denier tombe.

Et il s'écrie :

D'autres bouches un jour vous diront sur ma tombe Où fut enfoui mon trésor!

Cet or, messieurs, nous l'avons retrouvé au fond des cœurs de toute la foule des Lamartiniens fidèles et passionnés ! Et le voici transmué en une pierre vivante et immortelle, en une image pareille à celle qu'un autre grand poète a su voir dans le féerique miroir des âmes aimantes.

En une merveilleuse et rayonnante image. Image de lumière et de noble contour, Image de beauté sans tache, que l'amour De tant de cœurs généreux a fait naître (1)

et que la ville de Bergues veut, à son tour, à jamais entourer de sa filiale reconnaissance et d'un impérissable amour !

M. Sapelier, maire de Bergues, monte à la tribune et, répondant à M. Lefebvre, accepte en ces termes le don de la libéralité publique :

Au nom de la ville de Bergues, je prends possession de ce monument au charme si simple et si élégant qu'on le croirait venu compléter l'harmonieuse ligne de notre hôtel de ville.

Ce matin fut pour notre cité le réveil d'un beau jour, l'un des plus beaux qu'elle ait comptés à travers les siècles depuis sa lointaine origine. Nous célébrons, en effet, aujourd'hui un souvenir historique dont nous avons le droit d'être fiers : il y a exactement cette année quatre-vingts ans, les électeurs de l'arrondissement de Bergues élisaient député pour la première fois Alphonse de Lamartine.

(1) Ch. de Pomairols.

Lamartine ! C'est pour la postérité le nom du poète sublime qui, au dix-neuvième siècle, a renouvelé la poésie française ; c'est le nom du grand penseur idéaliste et chrétien ; du réformateur social, ami des humbles, des travailleurs, des pauvres ; c'est le nom du patriote dont l'éloquence, au jour de la révolution, a su défendre le peuple contre le drapeau rouge de l'émeute et l'appeler à la République du drapeau tricolore, de l'ordre et de la liberté. {Applaudissements.)

Ce nom de Lamartine, tant de fois et à tant de points de vue fameux, aujourd'hui dans toutes les bouches, objet de l'orgueil de la France, révéré du monde entier, nos pères ont été les premiers à l'acclamer. De cette gloire si nationale et universelle, nous, Français de la Flandre, nous revendiquons notre part très certaine et non sans une légitime fierté. Vous la trouverez juste et légitime, vous, nos hôtes illustres, qui avez si gracieusement répondu à notre invitation pour venir fêter avec nous le souvenir et le berceau politique de Lamartine. Notre ville et notre région sont émues et joyeuses, elles saluent avec respect le Président de la Chambre des députés, le noble citoyen, l'écrivain, l'orateur ; elles saluent le représentant officiel du gouvernement de la République ; elles saluent le délégué de l'Académie française, le philosophe, le savant, l'orateur parlementaire ; les représentants élus du pays ; les dépositaires de l'autorité ; les chefs de notre vaillante armée nationale ; tous les amis venus de notre pays tout entier, — que dis-je? — venus même du dehors, par un acte charmant de bon voisinage et d'admiration pour notre grand homme, puisque j'ai le rare et unique privilège de saluer ici l'éminent ministre d'un gouvernement voisin et ami. {Applaudissements.)

Notre ville et notre comité ont tout fait pour vous recevoir dignement et vous manifester leur gratitude.

Vous trouverez chez nous, j'en ai la conviction, la cordialité, la bonne humeur et l'hospitalité flamandes, si sincères dans leur simplicité. Une fête populaire à la façon de chez nous, vous rappellera les larges rires et les franches gaietés de nos ancêtres.

Et maintenant, vous estimerez légitime que je reporte mes pensées vers notre cher pays de Bergues et, dans cette ville, vers cette modeste chambre où Lamartine écrivit, au soir d'une défaite, des strophes immortelles, vers cet hôtel de ville où dix-huit mois plus tard, le 7 janvier 1833, se réunirent les électeurs des cantons de Bergues, Wormhout, Bourbourg, Hondschoote et Gravelines, où, par leur vote, ils ouvrirent la voie de la tribune nationale à l'un des plus grands et des plus sublimes enfants de la patrie française.

Ces électeurs ont bien mérité de la France. Ce sont les petits- fils de ces électeurs qui perpétuent le souvenir de cette élection désormais historique.

Messieurs les membres du comité d'honneur, qui nous avez apporté l'appui de votre nom et de votre autorité, messieurs les membres du comité d'action, — Bergues vous remercie aujourd'hui par la bouche de son maire. Et vous, soyez remercié en particulier, mon cher trésorier, car, si tous les efforts furent méritoires et dévoués, vous les avez tous coordonnés et dirigés avec une méthode parfaite et le mérite rare de l'effacement sitôt le devoir accompli. Je ne puis oublier le concours dévoué et précieux de la presse, et je serais ingrat, si je n'avais un mot particuher de remerciement pour le Journal de Bergues.

Le comité d'action a rencontré l'appui de M. le Président de la République, du Gouvernement et de nombreux souscripteurs. Je leur exprime à tous toute ma gratitude. Je remercie les artistes, M. Dameron, à qui est dû le décor simple et gracieux du monument.

M. Croix-Marie qui l'a heureusement exécuté, secondé par notre concitoyen M. Ringot.

Grâce à vous, grâce à eux, Bergues possède désormais sur la façade de son hôtel de ville un monument qui s'y enchâsse heureusement sans en interrompre les lignes. C'est ce que nous avons voulu. Ce monument entoure de palmes et de lauriers une effigie expressive et comme vivante de notre ancien député Lamartine.

Que, pour nous et les générations futures, ce monument soit l'affirmation permanente de nos aspirations vers le bien, le souvenir ineffaçable de nos pères, un rappel continu des gloires de la France, une leçon immortelle d'idéal, de foi dans la patrie et dans la liberté ! {Applaudissements prolongés.)

Pendant ces discours les voiles sont tombés, et, sur la façade ouvragée de l'hôtel de ville, serti dans une niche de pierre harmonieusement reliée aux lignes de l'édifice, le buste apparaît, blanc et pur comme un marbre grec.

La tête du poète, superbe d'inspiration, est irradiée par le rayonnement du génie, les cheveux sont soulevés par le souffle divin, les narines palpitantes respirent la vie, les lèvres aux lignes pures vont parler...

A ce moment un soleil radieux perce les nuées, et le ciel d'un bleu lavé oii courent de blancs nuages — vrai ciel de tableau flamand — laisse tomber ses rayons d'or sur le vieux beffroi, sur la foule qui rempht la vaste place, sur le front des orateurs et sur le buste de Lamartine qu'il auréole d'un nimbe de lumière...

Alors, c'est l'enchantement du discours de M. Paul Deschanel. Apportant l'hommage de la haute éloquence parlementaire du présent à celle du passé, il célèbre, dans une langue harmonieuse comme la poésie elle-même, l'art exquis du grand poète et le sens profond du grand pohtique.

« Pour vous parler, dit-il, du représentant de vos pères, je n'ai qu'à m'appuyer au bras du mien. »

En effet, l'on songe aussitôt aux belles études consacrées à Lamartine par le père du Président de la Chambre, au temps où son exil trouva un refuge sous les plis de cette bannière de Flandre qui enveloppe aujourd'hui l'image de Lamartine.

Au cours de cette magnifique harangue, l'admiration seule pouvait retenir les applaudissements ; l'auditoire, conquis par les dons admirables de l'orateur, écoutait subjugué.

« Art consommé de la diction et du geste, élégance de la forme, sohdité du fond (1) », tout était réuni dans ce superbe morceau d'éloquence, — que d'aucuns disent le plus beau discours de M. Deschanel, — et qui fut salué par une ovation triomphale.

Après M. Deschanel, M. Denys Cochin, délégué de l'Académie française, monte à la tribune revêtu de l'habit vert, rarement contemplé en province — et même à Paris — et qui excite la curiosité générale. Sur l'uniforme académique, seule est attachée la médaille mihtaire, glorieusement gagnée à la

(1) Gazette de Lausanne.

bataille de Villersexel. Bien que décoré de multiples ordres, M. Cochin ne porte jamais que cet unique ruban, et c'est là un geste d'une simplicité noble et bien française.

Le député de Paris promène sur l'assemblée un regard plein de finesse — quelque peu narquoise, peut-être — et prononce son discours, écrit dans ce style familier et châtié à la fois qui porte sa marque propre.

De la bonhomie, de l'esprit, une ironie légère, des anecdotes charmantes recouvrent une étude philosophique de l'idéal de Lamartine et une pénétrante analyse de la psychologie d'un patriote, en temps de révolution.

Le poète et le politique sont analysés sous une apparente nonchalance de forme, qui est une élégance de plus, avec une sûreté de touche et une finesse merveilleuses.

Au délégué de l'Académie succède celui de la Société des Gens de Lettres.

M. Auguste Dorchain, président des Lamartiniens, dans un discours plein de cœur et de flamme, emporte tout l'auditoire par la chaleur vibrante de son enthousiasme. C'est un véritable hymne à la poésie et à son immortel interprète, le « splendide, bienfaisant et saint poète ».

L'orateur entraîne tous les cœurs et, dans une brûlante péroraison, semble faire l'éblouissant commentaire d'un de ses vers de jadis :

Voici la palme d'or, poète, — et tous nos cœurs

iiO LAMARTINt

Mme A. Dorchain, dans un joli geste de grâce féminine, dépose, au nom des Lamartiniens, une superbe gerbe de fleurs au pied du monument (1).

Puis vient M. Henry Cochin, député du Nord et successeur de Lamartine.

Cordial et rayonnant, il monte à la tribune avec l'aisance familière de celui qui va parler à des amis de longue date, au pays flamand, d'un Lamartine flamand.

C'est de main de maître qu'il dépeint le député et les électeurs du « plus bel arrondissement de France » ! Dans ce discours plein de faits et d'idées, combien de descriptions vivantes des paysages de Flandre et des coutumes ancestrales ! Quel j oli tableau de la famille de Lamartine, si bien adaptée, comme lui-même, à ce cadre de la vieille Flandre !

Quel art et quelle finesse dans cette bonhomie cordiale ; quelle douce et communicative émotion dans cette évocation lamartinienne ! On a pu dire avec raison que « Lamartine doit au culte presque filial de son successeur une jeunesse nouvelle (2) ».

Aussi, quand M. Henry Cochin descend de la tribune, est-il accueilU par une ovation enthousiaste. C'est la Flandre tout entière, représentée à Bergues par ses meilleurs citoyens, qui acclame celui qui a su si bien l'aimer, la décrire et la faire aimer.

(1) Les Rosati de Flandres offrirent une corbeille fleurie, que leur président, M. le docteur Vermersch, plaça sur le socle du « Lamartine ».

(2) R. Havard de la Montagne.

LKS FÊTES LAMARTINiENNES iii

L'orateur achevait son discours en disant à son auditoire : « Entendez Lamartine lui-même. Et, dans la noble voix de femme qui va, quatre-vingts ans après, faire résonner ses vers sur cette place même où il les a conçus, reconnaissez l'accent de la Muse qui les lui a inspirés. »

Alors, se tournant vers la plaque de marbre qui commémore l'origine flamande de la Réponse à Némésis, Mme Éli de Wissocq, fille de Flandre ellemême, récite avec un art admirable les stances vengeresses, sous les fenêtres mêmes d'où elles ont pris leur vol immortel.

Page 1