‹ à mes prêtres [microforme]Chapitre 8 sur 19 · ET · texte numérisé non relu

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aura bientôt à s'occuper, pour ne penser qu’à la grande action qu'il va faire. S'il a une foi vive et une juste idée de la majesté de Dieu, le respect du divin mystère produira naturellement cet effet. Comme l'éclat du soleil dissipe les nuages et fait disparaître les étoiles, ainsi la vue du Sauveur prêt à descendre sur l’autel doit faire évanouir toute image profane et toute idée des créatures.

- l'est dit dans l’Apocalypse qu’au lever du septième sceau, lorsqu’apparut à saint Jean l’autel d’or devant lequel Dieu a soû trône, et que les anges firent fumer en présence de la Majesté divine l’encens de tontes les prières qui s'élèvent des cœurs des saints, le respect, le saisissement, l'admiration furent tels qu'il se fit dans le ciel un silence prolongé d’une demi heure : “ et factum est silencium in cœlo quasi media hora.” (Apoc. VIIT, 1)

N'est-ce pas l'effet que doit produire sur l’âme du prêtre la vue de l’autel où le Fils de Dieu va s’immoler par ses mains et offiir à son Père avec son corps et son sang les hommages, les adorations, les prières et la vie même de tous ses membres. “ Je ne sais rien, dit saint Jean d'Avila qui soit plus capable de toucher un prêtre, de le faire rentrer en lui-même et de le pénétrer d’une profonde religion que cette prière : “ Je vais consacrer le Fils de Dieu ; c’est un Dieu que je tiendrai tout à l’heure dans'mes mains, que je recevrai sur mes lèvres, avec qui je: m’entretiendrai cœur à cœur. *” ‘“ Ah ! s’écrie le Psalmiste, tout mon être s’anéantit devant votre grandeur ; toutes mes puissances intérieures et extérieures tremblent de respect et d’admiration en votre présence ”” (Ps 88).

Que: si: certains souvenirs ou certaines srécuenpetions: = chaient à troubler notre recueillement, il faudrait, suivant l’avis de saint Bernard, imiter l’exemple d'Abraham allant offrir au Seigrieur sur le mont Moria le sacrifice de son fils en figure de l’'Homme-Dieu que le Père Eternel devait immoler un jour pour: la Rédemption du monde. Ses serviteurs l’avaient accompagné : jusqu’au pied de la montagne sans connaître ses desseins ; mais, à’ ce moment, il les arrête, leur remet sa monture, et, prenant avec lui les seules choses dont il a besoin : la “time, le . glaive de l'immolation et le bois pour le bucher : “ hestezici, .

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dit-il à ceux qui le suivaient et attendez en ce lieu ; laissez-nous monter jusqu’au sommet et offrir en paix notre sacrifice. Nous descendrons ensuite et nous vous reprendrons au retour. ”

Il faudrait dire aux soucis, aux préoccupations, aux idées terrestres qui voudraient nous suivre à l'autel : arrêtez-vous ici ; n’entrez pas dans le sanctuaire ; je ne vous retrouverai que trop tôt, dès que j'aurai terminé la grande action qu’il m'est donné d'accomplir. Nous ne devons prendre avec nous que nos pensées les plus saintes et nos affections les plus pures pour les offrir au Seigneur : ‘* intentiones, cogitationes, affectiones et omnia interiora mea, venite, ascendamus ad montem ubi Dominus videt et videtur. ”’ (Saint Bernard.)

“ I] faudrait, dit saint François de Sales, vider son cœur de toutes choses afin que Notre Seigneur le remplisse tout de lui-même... Il vient en nous, ce Bien-Aimé de nos âmes, et il trouve nos cœurs tout pleins de désirs, d’affections et de petites volontés ; ce n’est pas là ce qu’il cherche ; car il les veut trouver vides pour s’en rendre le Maître et le Gouverneur. Alors il accomplira de son côté la promesse qu’il a faite de nous transformer en lui, élevant notre bassesse jusqu’à nous unir à sa grandeur. ”

C’est ce que faisait ce si saint. Aussi écrivait-il à sainte Jeanne de Chantal : ‘ Quand je me retourne vers l’autel pour ‘\mmencer la messe, je perds de vue toutes les choses de la

Fred

Au moment d'offrir le saint sacrifice, laissons toujours de côté toutes les pensées du monde ; songeons que nous allons ap peler du ciel sur la terre le Verbe fait homme, pour nous entretenir familièrement avec lui, pour l’offrir de nouveau au Père Eternel et pour nous nourrir de sa chair sacrée.

Disons donc à Dieu : je veux vous offrir cet auguste sacrifice pour les fins qu'avait Jésus-Christ en l’instituant. Je veux l’offrir pour vous honorer infiniment par Jésus-Christ, au nom de l’Eglise et de toutes les créatures ; pour vous remercier de ce que vous avez été si libéral envers la Sainte Humanité du Sauveur, envers l’auguste Mère de Dieu, envers tous vos saints et toutes Jes créatures. — Je veux l’offrir pour apaiser votre

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justice irritée par le péché ; — je désire obtenir la conversion de tous les pécheurs, la rémission de tous les péchés et de toutes les peines dues aux péchés des hommes ; — je veux l’offrir pour obtenir l’augmentation de votre gloire dans tout l’univers, l’exaltation du nom adorable de Jésus, la propagation de la foi, la persévérance des justes, les secours spirituels ou autres dont toutes vos créatur:: ‘1: ‘esoin.

Disons-nous à nous-mêmes : je vais converser avec Jésus, je vais recevoir dans mon cœur Celui dont la douceur ineffable, aux jours de sa vie mortelle, ravissait tous les cœurs et les attachait à la vertu ; Celui dont la parole très suave consolait les esprits les plus affigés ; Celui dont le regard affectueux remplissait de componction les pécheurs les plus obstinés ; Celui dont les mains libérales répandaient les grâces avec tant de profusion sur tous ceux q‘1 l’approchaient ; Celui qui disait et dit encore ; “ venez tous à moi, O vous qui souffrez et je vous soulagerai ” ; Celui qui, par son amour, pour moi a consenti aux humiliations eucharistiques ; Celui qui voila sa gloire pour me

laisser auprès de Lui un accès plus facile ; Celui qui dans le ciel fait la joie, le bonheur, l'ivresse des saints.

Dites cela ; croyez-le énergiquement et vous brûlerez des plus vives flammes de la charité.

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