‹ A mes séminaristes [microforme]Chapitre 21 sur 31 · L'oraison est destinée à établir L'âme dans un · texte numérisé non relu

L'oraison est destinée à établir L'âme dans un

état d'union avec Dieu.

Elle se noue aux œuvres diverses, profanes, éparses sur le champ de notre lie en gerbe pour les faire entrer dans les greniers du divin Moissonneur, elle est une disposition intérieure qui persiste et se retrouve à travers toutes les

morales ou rie, elle les

a sublimité de

âme entière

Le but de

l’oraison.

ses

vicissitudes de l’action, un progrès continu dans la lumière et dans l'amour.

Je me souviens de.l'étonnement que j'éprouvai un jour que, interrogeant l'abbé de la Grande-Chartreuse de Grenoble sur le nombre d'heures de méditation des religieux en cellule, j'obtins de lui la réponse que la règle de saint Bruno ne détermine pas d’heure qui soit affectée er professo, chaque jour, à un exercice distinct d’oraison.

La règle de saint Benoît ne fait pas davantage de place spéciale à la prière mentale. C’estque, dans la pensée des premiers maitres de la vie contemplative, les actions doivent toutes se faire en union avec Dieu. Soit que le religieux psalmodie les heures canoniales, soit qu'il travaille des mains ou qu'il étudie, soit qu'il mange, qu'il boive, ou qu’il fasse n'importe quelle autre chose, il est supposé faire toujours une méme chose : il s'applique à aimer Dieu ou le prochain par amour pour Dieu.

Voilà la vraie vie intérieure du chrétien, et l’oraison, dans son acception Spéciale, n’est là que pour y entretenir la flamme de la charité. On n’aperçoit

pas que, jusqu’à la fin du moyen âge, les maîtres de

la vie spirituelle se soient préoccupés de réserver dans la journée des âmes chrétiennes une heure à part pour l'oraison formelle.

Néanmoins, la pratique d'aujourd'hui n'est pas seulement recommandable, elle est pratiquement nécessaire ; telle est l'agitation presque générale de hOS Contemporains, la multiplicité des affaires, des œuvres et des relations qui sollicitent ou assujettissent notre altention, qu'il nous est devenu pratiqueir nt impossible de rester, dans lescom plications

d'une vie active, des hommes intérieurs, si nous ne nous astreignons à nous réserver, chaque jour, de préférence à l'aube, avant que le tourbillon #xtérieur nous enveloppe et répande dans l'âme Sa poussière aveuglante, une heure tra uille, recueillie, pour nous mettre plus intimement en contact avec Dieu.

N'oublions pas, cependant, que, selon 1: parole de l’apôtre saint Paul, notre âme doit ètre toujours en prière. Il faut prier sans discontinuer, dit-il, « sine intermissione orate » (), Il faut prier sans relâche, dit notre divin Sauveur, et ne jamais manquer de le faire, « oportet semper orare et non deficere » (?).

Je ne cesserai point de bénir le Seigneur, disait le Psalmiste, sa jouange sera toujours sur mes lèvres. « Benedicam Dominum in omnt tempore, semper laus ejus in ore meo (5). »

(1) I Thes. V, 17.

(?) Luc. XVIIL, r.

(5) Ps. XXXIII, 2.

Réscrvons neusune heute de recueil.

lement au début de la

journée .

mais que notreprièresoit incessante et notre état d'oraison permanent,

La prièré bien comprise prépare l’âme à l’action, la rend plus résistante aux fatigues du chemin ; la prémunit mieux contre les assauts de l'ennemi ; l’action, à son tour, entreprise pour Dieu et accomplie en union avec Lui, nous tient l’âme habituellement si proche de Dieu, qu’elle repense à Lui sans effort. Oh! la belle unité d'une pareille vie! Qui me donnera des ailes comme à la colombe? je volerai vers mon Dieu, jusqu’à ce que j'aie trouvé le lieu de mon repos. « Quis dabit mihi pennas sicut «olumbae, et voldbo et requiescam ('). »

Chacun n’a qu’à interroger sa propre expérience pour savoir combien cette disposition permanente de prière est difficile à entretenir à qui est engagé dans les études ou tiraillé par les préoccupations du ministère ou de l'administration. ,

Mais à qui la faute ? Parfois, sur la fin de sa vie, saint François de Sales, accablé par les affaires et par lesinfirmités, netrouvait pas une heure de loisir pour faire, seul avec son divin Jésus, son oraison. Néanmoins il pouvait écrire à sainte Chantal : «Ra » surez-vous à mon sujet, je n’ai pas une heure à > moi pour faire l’oraison, mais j'ai fait ce qui la » vaut, » car, ajoute sainte Chantal, « il se tenait

() Ps. LIV, 7.

» toujours uni avec Dieu, faisant toutes ses actions ? Pour ce pur amour divin» (!). Le regret de n’avoir pu assez dire à Dieu qu’on L’aime est encore une forme de l'amour.

Le curé d’Ars passait de longues heures du jour et de la nuit au confessionnal, mais chaque pénitent lui rappelait le sacrifice de la croix et l’amour de notre divin Rédempteur.

Qui de nous oserait comparer ses travaux à ceux de l'évêque de Genève ou du saint curé d’Ars ? S'ils ont pu s’y livrer sans perdre la vue de Dieu, nous le

pourrons. Ce n’est pas le travail, comme tel, qui suspend l’oraison, c’est la façon défectueuse de le comprendre et de le pratiquer.

Tel étant le but de l’oraison, quelle en sera la 1ratique ?

2. Il faut en faire un exercice de l’âme entière, qui soit inspiré et constamment soutenu par Le sentiment que Dieu nous aime. L'oraison est essentiellement un entretien cœur à Cœur, un échange d’atfections, de confidences, de promesses réciproques et de mutuelles espérances avec le fils du Dieu vivant,

{) Déposition de sainte Chantal pour la canonisation de saint François de Sales, art. XXXIII.

I! faut pratiquer l’oraison de tout son cœur et de son âme tout entière,

Notre Seigneur Jésus-Christ et, par l'entremise de l'Homme. Dieu, avec le Père éternel lui-même.

L'oraison Enfait, l'étude est souvent desséchante.J'aiconnu estle contre- es professeurs de théologie et d’exégèse qui avaient

poids spiri- ie ur ARS : ES tuel de re- misérablement brisé avec la vie d’oraison. Habitués tude. à appliquer leur pensée à la méditation des enseigne-

ments de l'Eglise ou de la parole de Dieu, ils trans-

portaientleurintellectualismeexclusifàceqridevait

être leur prièreetalors, hélas! ce n’est pas leur étude. qui préparait leur oraison, mais celle-ci qui se

laissait envahir par celle-là. Ces exemples me sont

restés gravés profondément dans la mémoire comme

un épouvantail et la direction que j'ai, durant de

longues années, donnée à des jeunes gens pieux, généreux, pleins d’élan lors de leur entrée dans la vie universitaire, m’a fait toucher du doigt le danger que je signale. Chez un grand nombre d’entre eux, le the:momètre de la piété baisse à mesure que la passion pour l'étude augmente : non pas que la science détourne de Dieu, mais la science n’est pas assez intimement tenue en contact avec l’amour de Dieu, ce qui provient de ce que la méditation du matin se fait avec la tête seule et non avec l'âme tout entière (!).

{) S'ét:nera-t-on alors qu’il se produise des défections dan le clergé ? L'organe qui cesse d'agir s'atrophie. La foi qui som-

Le premier acte de l'oraison doit être un arte d'amour.

L'amour est le premier moteur de l'univers, dit Dante dans son Paradis. Ce qu'il y a, en effet, de plus profond dans la nature de chaque être, c’est son orientation vers le bien absolu. La loi de son mouvement, qu’il suit inconsciemment ou à laquelle il doit librement obéir, est l'empreinte du Premier Amour. Dieu a été le premier à nous aimer, écrit saint Jean. « Zpse prior dilexit nos. »

Or, l’amour commande l’amour.

Dieu nous a aimés le premier. Avant que nous fassions au monde, capables d’une action bonne ou mauvaise, sa pensée pleine d'amour s’arrétait sur nous, Il nous appelait à l'existence et nous donnait,

avec la vie, la capacité du bonheur. Puis, 11 nous à envoyé son Fils unique, afin que nous partagions sa vie divine. Or, voilà la charité, s'écrie saint Jean : Dieu ne nous rend pas un amour que nous Lui aurions d’abord voué, mais Lui-même nous a aimés

mcille s’alanguit et, à La longue, dépérit, Un apostat français, de Mcissan, regrette que peu de confrères se décident à le suivre : il explique leur persévérance dans la foi par les habitudes de piété qu'ils ont contractées au Séminaire, Ce témoignage confirme notre dire : l’oubli graduel de Ja piété est l’origine des déscrtions. Donc, a contrario, voulez-vous assurer votre fidélité à Dieu et à l'Église, cultivez pieusement l'oraison.

Au début de l'oraison, faites un acte d'amour envers Dicu.

rar

le premier et nous a envoyé son Fils qui s’est sacrifié pour expier nos péchés. « Zn hoc apparuit caritas Dei in nobis, quoniam Filium suum uigenitum misit Deus in mundum, ut vivamus per eum. In hoc est caritas non quasi nos dilexerimus Deum. sed quoniam ipse prior dilexit nos, et misit Filiun suum propitiationem pro peccatis nostris (1). » Qu'avons-nous donc à faire, après cela, mes Frères bien-aimés, sinon nous aimer les uns les autres ? « Carissinu, si sic Deus dilexit nos, et nos debemus alterutrum diligere (?). »

Oui, le fait qui domine l’histoire, le soleil qui éclaire et réchauffe le monde moral, c'est l'amour que Dieu a daigné nous donner, nous prouver, et la première loi qui en découle, c’est l'obligation heureuse où nous sommes d’aimer Dieu et, en L’aimant, parce que nous L’aimons, d'aimer les hommes qu’il aime, nos frères en Jésus-Christ. Entronsen Entrer en rapport avec Dieu, converser avec Lui, conversation &’'est L’entendre nous redire cette affirmation de intime et cor- — diale avec S0n amour et Lui répondre en L’aimant. Dieu. Voilà surtout ce que signifie la formule devenue pour quelques-uns banale : « Mettons-nous en la présence de Dieu. » Dieu n’est pas ici l’Être suprême

(1) I Joan. IV, 10.

(?) Zbid., IV, 10, x1.

ENTRETIENS AVEC DIEU 145 em qui, du haut de $on trône, nous contemple et sous le regard duquel nous ne serions appelés qu'à trembler; c’est pour nous, tout d’abord, Notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est fait homme comme nous, a habité, habite encore parmi nous, en nous, afin de nousrévéleret de nousrendre sensible l’amourinfini et éternel de Dieu pour nous. Se mettre en présence de Dieu, au début de l’oraison, c'est se remettre en mémoire ce que notre bon Sauveur disait à ses. apôtres lorsqu'’Il leur apprenait à prier : « Que votre première parole, votre premier élan du cœur soit : Notre Père, Pater nosier. » Dieu, vous êtes un père pour nous, vous avez sur nor 3 l'autorité, mais surtout vous avez pour nous l'amour que le meilleur des pères a pour ses enfants. Et vous êtes notre Père à tous, car il n’est Pas un membre de la famille que vous n’aimiez et que, par suite, nous ne devions aimer si nous voulons nous conformer à vos enseig&nements et imiter votre exemple.

N'entrevoit-on pas, tout de suite, la portée d’une oraison ainsi inaugurée et la puissance qu’elle peut exercer non seulement sur la méditation qui s’ébauche, nais sur toutes les actions que comprendra, au cours de la journée, notre commerce avec nos frères ?

L'exercice de la charité mettra donc en jeu les

Ensuite rendons-nous attentifs à la voix de Dieu, aux impulsions de la grâce.

Puis parlons nous-mêmes à Dieu.

Que notre coopération à l'entretien soit vraiment active et personnelle.

puissances affectives de l'âme et celles-ci, d’après un mécanisme qui a été expliqué dans une autre conférence (‘), soutiendront l'attention des puissances cognitives dans la perception de leur objet.

L'esprit se tiendra alors attentif à la parole de Dieu : il se laissera, le plus possible, impressionner par elle, émouvoir par elle, stimuler, décider par son action bienfaisante. À ce moment, surtout, il se rappellera le conseil du pieux abbé de Clairvaux : « Intende ergo illi qui intendit tibi; audi illum loquentem tibi ut ipse exaudiat te loquentem sibi. Pense donc à Celui qui pense à toi; écoute Celui qui te parle, afin ‘qu’il t'écoute quand tu Lui parleras. » :

Puis, à votre tour, vous parlerez à Dieu.

De toutes les âmes qu’elle daigne conduire, n’importe la voie où elle les invite à marcher, la Providence réclame une coopération active; celle-ci doit être d’autant plus intense et continue que les effusions de l’amour divin sont plus abondantes.

Pour vous assimiler la nourriture substantielle de la parole de Dieu, une application des sens, de l'imagination et de l'intelligence à l’objet qui leur est présenté est régulièrement indispensable. Elle

(') Quatrième conférence : La voix de Dieu, p. 106.

consistera en un travail d'analyse, de Comparaison, de déduction sur les données de la foi ; la raison s'y emploiera avec courage, s'y tiendra persévéramment, persuadée que la moindre étincelle de lumière qui jaillira de son effort personnel, répandra dans l'âme plus de clarté et surtout plus de chaleur que les courants les plus abondants qui lui seraient Communiqués d'une source extérieure.

Pour jouer un rôle actif sur la volontéet préparer des déterminations, l’idée doit être nôlie ; elle ne l'est qu'à la condition d’être, sinon découverte, au moins par nous trouvée ou retrouvée, en nous réincarnée par un effort personnel d’intussusception. De même, pour nous émouvoir, les souvenirs du passé doivent être nos Souvenirs, les anticipations de l'avenir nos prévisions ; d’un mot, le cœur et Ja volonté ne réagissent qu'à une pensée « vécue ».

Moyennant cetravail; ntercalaire de réflexion personnelle, la méditation appuyée, dès l’abord, sur un acte d'amour, avivera notre pouvoir d'aimer, évoquera de nouveaux sentiments de crainte, de regret, d'admiration, de désir, d’espérance, de charité ; la volonté en sera consolidée, ses résolr:; ::,« Surgiront, se fortifieront, et il se fera souven: que, sans avoir un instant songé à formuler er Professo le propos de ne plus commettre telle ou telle faute ou de ne plus

Le bon propos.

L'objet de l'oraison est la personne denotreDieu vivantetsau-

". -veur.

EEE

céder à tel ou tel défaut, l'âme entière se trouvera réveillée, sa haine du mal accrue, sa volonté de bien ou de mieux faire affermie.

Il est superflu d'ajouter que ce cycle d'opérations — l'attention à un objet aimé, les affections et les déterminationsque, moyennantcettecontemplation, il éveille dans le cœur et dans la volonté — peut et doit se renouveler et que son renouvellement forme le cours de l'oraison.

3. Quant à l'objet central de l’oraison, il sera le Dieu vivant, qui daigne rous donner audience et nous inviter à un entretien cœur à cœur, avec Lui. Nous aimerons à nous exciter à l’adoration joyeuse de notre Dieu en disant, en chantant intérieurement avec l’Église suppliante : Venez, Ô mon àme, tressaillons devant le Seigneur, « Venite, exultemus Domino », jubilons en présence de notre Dieu sauveur, «jubilemus Deo salutari nostro ». Oui, venez, adorons, tombons à genoux en présence de Dieu, pleurons devant Lui nos fautes, car Il nous a faits ce que nous sommes, car Il est notre Maître et notre Dieu : nous sommes son peuple, nous sommes les ouailles auxquelles Il ouvre ses pâturages. « Venite adoremus et proridarius ante Deum : ploremus cm Domino, qui fecit nos, quia ipse est Dominus

Deus noster, nos autem Dopulus ejus et oves Pas uae jus. »

Ce sera l'Homme-Dieu, Notre Seigneur Jésus- Christ, dont nous écouterons avec une piété docile les enseignements, dont nous contemplerons les “exemples.

Nous nous remémorerons un discours de notre divin Sauveur, une de ses Paraboles ; nous nous mettrons en présence d'un article du Credo, d'un ‘dogme de l'Église, d’un extrait de la Liturgie ; ou encore, nousprendrons pourthèmeunehymnesacrée ou l'Évangile en action tel que nous le présente la vie d’un saint.

Mais surtout, le plus souvent possible, l’objet de notre oraison sera le Christ-Jésus] ui-même, l'Homme Dieu dans sa crèche, dans son atelier, dans ses prédications, au Jardin des Oliviers. sur sa croix, dans son Sépulcre, dans la Sainte Eucharistie, dans la gloire de son triomphe. Jésus-Christ nous conduira au Dieu invisible, à la Contemplation de ses perfections, de ses œuvres, à une connaissance plus intime et plus amoureuse de sa vie dans la Très Sainte Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

N'est-ce pas la voie que nous trace l’Église lorsqu'elle nous fait chanter dans la Préface de Noël : < Quia per inrarnati Perbi Mysterium, nova mentis

Jésus-Christ notre Sei.

gneur, notre Maître, notre Modèle,

Humilité et repentir.

nostrae orulis lux tuae claritatis infulsit : ut dunr visibiliter Deum cognoscimus, per hunc in invisibilium amorem rapiamur ? »

Oh! je n’ignore pas que nous offensons tous beaucoup le bon Dieu et que même celui qui représente immédiatement le Christ-Jésus parmi nous, notre Pontife suprême, ne peut monter à l’autel sans s'être frappé trois fois la poitrine en disant : « Hea culpa. mea culpa, mea maxima culpa », j'ai péché, j'ai péché, oui j'ai beaucoup péché. A combien plus forte raison ne devons-nous pas pleurer nos fautes et dire avec conviction : Notre Père, qui êtes aux cieux, pardonnez-nous nbs offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés !

Oui, je sais cela : il est vrai, néanmoins, que nous ne sommes pas au monde principalement pour gémir, mais pour aimer activement Notre Seigneur Jésus-Christ et pour arriver, par Lui, à son Père.

Crions donc à Dieu notre misère et supplions-Led’avoir pitié de nous. « Christe, fili Dei vivi, miserere nobis; Christe, fili Dei vivi, miserere nobis. » Et encore : « Kyrie eleison, Christe eleison, Kyric cleison. » Puis, aussitôt, intéressons-nous le plus vivement que nous le pourrons à ce qu’il nous dira, à ce qu’Il nous montrera, laissons-nous impressionner docilement, tranquillement par cette parole

vivante et Pénétrante qui, à l'instar d’un glaive tranchant, détachera notre Âme baptisée des convoitises inférieures et nous fe

NOUS avons à corri indigne de Lui.

Somme toute, le Meilleur moyen de quitter le mal, <’est d'aimer le bien. Plus vous aimerez filialement le modèle de toute sainteté, plus aussi vous vous sentirez en admiration devant Lui et souffrirez du Contraste qui existe entre la laideur de vos fautes et sa beauté infinie,

Indirectement donc, mais d’une façon très eflicace, l’oraison contribuera à |’

IS, que nous trouvi fidèle » (1); un entretien de l’îime avec Dieu, pieux colloque du bère avec son fils, du fils avec son père, qui Portera, autant que la chose dépendra de vous, Sur les intérêts de Celui auquel vous devez tout et devant qui vous ne comptez pas, bien plus que sur les mille riens dont est tissée votre vie personnelle.

————— ( Imit, de J.-C, iiv. Il, ch. VIII.

Les colloques affectueux et ferventsdel'âme avec Jésus fortifient en nous la haine du mal en y entretenant l'amour du Souverain Bien.

ED ee

. Er t L PPHTE étre ta gt ester sen Jin: sommant Ta nans Î + .

Définition que Sainte Thérèse donne de l'oraisen.

Le sentiment de l'amitié divine, réservoir de grâces.

oo

La description que jusqu'ici nous avons faite de l'oraison reflète fidèlement, croyons-nous, cette définition qu’en donne sainte Thérèse : « L'oraison n’est autre chose qu’une amitié intime,un entreiierr fréquent, affectueux, seul à seul avec Celui dont nous nous savons aimés (‘). »

Se savoir aimé, c'est la condition fondamentale, le point de départ obligé, l'âme de toute l'oraison.

Ce sentiment que, en nous approchant de Dieu. nous nous approchons d'un Père qui nous aime, ouvre le cœur aux épanchements de l'affection, aux confidences intimes, et fait se multiplier les acted'amour.

Ce sentiment de l'amitié divine est comme u:

réservoir de grâces surnaturelles qui s’emplit dan: les profondeurs de notre âme et d'où jailliront. selon le besoin du moment, la contrition, la consolation, l'espérance, la force, la sainte ardeur de la charité.

Avez-vous assisté à ce grand spectacle de la nature, la fonte d'un glacier ? Tandis que le soleil estival darde ses feux sur les cîmes des Alpes,

(1) Œuvres complètes de sainte Thérèse, I, p. 1203 Paris. Retsux, 1907.

liquéfie la neige, dissout la glace, de longs filets Argentés sillonnent la côte, confluent sur leur trajet +{ gagnent les étages inférieurs du massif.

En partie, les eaux S'écoulent à la surface du sol. tantôt tranquilles dans un filtre de sable. tantôt tumuliueuses à travers les roches qu'elles creusent, s'enrichissant, À mesure qu'elles descendent, de 'ouveaux apports de la montagne, et formant ainsi les rivières, les flenves, qu'attire vers Jui l'océan. Mais, en partie aussi, les eaux se répandent au large ‘ans la vallée, pénètrent dans les terres arables qu'elles fertilisent en les abreuvant, puis se rassemblent en nappes Souterraines entre les couches stratifiées de l'écorce terrestre. Le réservoir de nos sonrces est là et, sitôt qu’un accident heureux du sol où un effort isiciligent de l’industrie humaine lui ménage nre is. l'aau vive jaillit de ces profon- ‘leurs lim: var, ‘ivhissante, fécondante.

Telle s:: li: LiSCt

A mes cn foyerdel'arziii à S'amollit, la gisce:

‘oUS approchons par elle du TRE ‘uretédenotreindifférence : cœur se dissout et les activités de l'âme, toutes baignées des eaux de Ja grace, se hortent avec elle, tantôt dansune tranquillité suave, tantôt travaillées par les tentations et par les angoisses, vers Celui qui, pareil à l'océan, est

Pourquoi nous devons être fidèles à ‘J'oraison quotidienne.

l'attrait et le terme de tout mouvement sagement. ordonné.

En même temps, sans que nous en ayons peutétre conscience, un dépôt se forme goutte à goutte dans les profondeurs de l’âme, réserve d’eau vive pour les rudes voyages de la vie ; et quand, sous l’accablement du jour et de la chaleur, nos organes se sont desséchés, une aspiration pieuse de notre part ou une attention délicate de l’industrie divine fait monter à nos lèvres l'onde qui nous rafraîchit et nous aide à poursuivre allègrement notre route.

« Deus, Deus meus, aa te de lure vigilo. Sitivit in te anima mea, quam multipliciter tibi caro mea, in terra deserta ct invia et inaquosa : sic in sancto apparui tibi, ut viderem virtutem tuam et gloriam tuam. » Dieu, mon Dieu, dès l’aurore c’est vers vousque tend mon esprit. Mon âme a soif de vous, et combien tout mon être est avide de vous en cette terre déserte, inculte, desséchée ! Aussi me voici dans votre sanctuaire, vous priant de me montrer votre puissance et votre gloire ().

4. Mes chers Amis, si l’oraison est ce que nous venons de vous exposer, est-il besoin de vous encourager encore à y être fidèles chaque jour ?

(t) Ps. LXIL, 1-3.

Demande-t-on si l'on doit aimer Dieu ? Non, n'est-ce pas ?

Eh bien ! l’oraison est le moyen indispensable d'entretenir en soi l'amour de Dieu.

Sainte Thérèse n'hésite pas à dire que celui qui ne médite point n’a pas besoin que le démon l'attire en enfer : il y descend de lui-même. D'ailleurs, l'auteur inspiré des Psaumes ne disait-il pas : « N'était que je me suis attaché à méditer la loi de Dieu, j'aurais SuCCcombé, je crains, à mon infipmité. Nisi quod lex tua meditatio mea est, tunr forte Periissem in humilitate men () ?» Que de forces

vitales perdues dans le monde, dans le clergé, dans les asiles religieux, parce que le cœur n’est pas assez à l’oraison ! « Desolatione desolata est omnis

terra quia nemo est Quê rerogitet corde (*). » Mais je ne veux pas M'attarder à cette sombre pensée, j'aime mieux vous demander tout de suite d'aimer beaucoup Notre Seigneur, afin que vous soyez capables et désireux de Le faire aimer. Or, pour cela, il faut pratiquer l'oraison.

Le sous-diacre trouve du temps pour réciter son

bréviaire, le prêtre pour célébrer la messe, Et vous le temps et

re (1) Ps. CXVII, 92.

€) Jer. XIL xx.

Prenez-en

hnrrmrpiaatlaniie ennemie

EE nb

L 1" rh Hlssints Ainusénnsanionas

ob ir ee

soyez ponctuels à observer ce devoir, chaque matin.

oseriez soutenir sérieusement que vous n'en trouvez pas pour faire oraison !

Et puisque la multiplicité des objes qui solliciteni et occupent notre attention rous oblige à. corsacrer à l’oraison un moment spécial de la journée, sachons nous imposer la ponctualité quotidienne dans l'observation de ce devoir de piét.

Un pieux évêque anglais va jusqu’à dire que le prêtre qui ne trouverait vas, au milieu de ses travaux, le loisir de faire régulièrement sa méditation, devrait solliciter d: son supérieur un change ment de position.

Mais ce sont là suppositions chimériques. Nous vous faisions observer plus haut que saint François de Sales, saint ‘hilippe de Néri, saint François- Xavier, le curé d’Ars et tant d’autres trouvaient des heures pour prendre soin de leu: vie intérieure. Et. vous ne rourriez pas vous réserver chaque jour une heure libre, une demi-heure !

Faites donc oraison tous les jours, et si possible dès les premières heures du matin : « J'ustus cor suum tradet ad vigilandum diluculo ad Dominum. qui fecit illum, et in conspectu Altissimi deprecabitur : Dès l’aurore, le juste otfre son cœur au Dieu qui l'a créé, etil veilleet il prie en la présence du Très-

Haut (!).» Allez à Dieu avec la confiance qu'Il vous parlera au cœur et déclarez-vous prêt à L'écouter : € Audiam quid loquatur in me Dominus Deus (?). »

Il vous parlera. Vous en avez pour garant son €ngagement solennel qui concerne toutes les âmes chrétiennes : « Rogabo Patrem et atium Paraclitum dabit Ille vos docebit omnix et Suggeret vobis omnia Tuaecumque dixero vobis. » « Je m'adresserai à mon Père pour vous, dit-ll, et je Lui demanderai qu'après mon départ I] daigne vous envoyer un consolateur autre que moi, avec mission de vous éclairer sur tous mes enseignements (). »

Ayez foi à ces paroles, elles vous apportent une promesse qui vous regarde et à laquelle Dieu ne faillira pas.

Certes, depuis le commencement des temps, la Sagesse éternelle s’est inclinée vers nous, Elle a présidé à la formation des mondes, disposant ‘it avec nombre, poids et mesure ; Elle fut, dès l’origine, la norme indéfectible des jugements humains, la source de tout ce qui mérite le nom de biens et de richesses. Aussi s’adresse-t-Elle aux hommes de tous les siècles, lorsqu’Elle dit : «Heurenx celui qui

robis …

(t) Eccli. XXXIX, 6.

(?) Ps. LXXXIV, 9.

() Joan. XV, 16, 26.

Ayons la confianceque Dieu nous parlera, puisqu’Il nous l’a promis,

rte 2 AS EN FA Haut Su

Dieu même s’est fait l’un des nôtres.

» m'écoute et qui, chaque jour, veille à ma porte »et s'arrête, pour se recueillir, au seuil de ma » demeure. Qui me trouve a trouvé la vie et pui- » sera à la source, dans le Seigneur, son salut. » « Beatus homo qui audit me, et qui vigilat ad fores meas quotidie et observat ad postes ostii mei. Qui me invenerit, inveniet vilam, et hauriet salutem a Domino (1). »

Mais nous avons mieux, aujourd’hui, que le Dieu de la nature auquel notre raison parvient à s'élever en gravissant avec peine l'échelle des créatures; le Verbe de Dieu a daigné se faire l’un des nôtres, Il a pris notre chair, notre sang, une âme comme notre âme, Il est en tout comme l’un de nous, le péché excepté ; les apôtres L’ont vu, Lui ont parlé, ont serré dans leurs mains ses mains bénies, ont partagé ses repas, assisté à ses conversations, pleuré et souffert avec Lui, Il ne leur a même pas refusé de les accueillir sur sa poitrine quand ils voulaient se consoler sur son sein ou redoubler envers Lui leurs témoignages d'amour.

Voilà, mes chers Amis, où est, par excellence, le langage de Dieu à l'humanité : « Et verbum caro factum est et habitavit in nobis…. plenum gratiae

(*) Prov. VII, 34, 35.

el veritatis. » « Et le Verbe divin s'est fait chair et » est venu habiter Parmi nous, les mains pleines de » grâce et de vérité, »

A nous de nous tenir à la Source débordante des grâces divines, « Et de Plenitudine ejus nos omnes aCCepimus et gratiam Pro gratia (!). »

Allons à l’école de Notre Seigneur Jésus-Christ ; nous ÿ sommes tous invités. Faites-vous mes disciples, nous crie-t-Il, « Discite « me (*). » Bien qu’il ait cessé de vivre visiblement au milieu de nous, Il est toujours à nous. Il réside dans nos tabernacles, partout où il ÿ a un prêtre qui consacre le pain eucharistique; IInousa laissé, sous lessaintes espèces, le gage le plus complet de son amour, « cum dilexisset SUOS, qui erant in mundo, in finem dilexit eos » (3) ; Î y a concentré le vivant souvenir de toutes les merveilles de sa tendresse et de sa miséricorde : « Memoriam jecit mirabilium suorum Mmisericors et miserator Dominus, escam dedit limentibus se (+). »

Son esprit vit en NOUS par la grâce sanctifiante : Il nous le dorne pour notre instruction, pour nous guider à travers la vie, pour nous sanctifier dans

(1} Joan. I, 13-16.

(@) Math. XI, 29.

(5) Joan. XIIL, 1.

(#) Ps. CX, 4.

Il réside dans nos tabernacles.

Sa grâce vit en nous : Ja mission du Saint-Esprit

Fe MNEOACT PATES vhs D Pi 2e "SORT

prolonge en nos âmes celle du Verbe incarné.

l'amour ; la mission du Saint-Esprit prolonge celle du Verbe, afin de faire monter les âmes qui sont dociles à son action, vers le Père, et de réaliser dans le monde l’union des âmes à l’instar de l’union parfaite des trois personnes de la sainte Trinité, « Ut omnes unum sint, sicut tu Pater in me, et ego in te» (‘); en attendant que le Dieu, un dans sa Trinité, se révèle au grand jour tel qu’Il est, tout en toutes choses « omnia in omnibus » (*).

Une parole de l’incomparable discours de notre divin Sauveur à sas disciples, après la Cène, résume ces affectueux encouragements que nous venons de vous rappeler : « Je vous quitte, dit Notre Seigneur à ses Apôtres, mais ne vous en troublez pas, « non turbetur cor vestrum » (*), je ne vous laisserai pas orphelins, « non relinquam vos orphanos » (‘); ce que j'ai été pour vous, durant les quelques années de ma vie passée au milieu de vous, un autre le sera : je vous ai instruits, il vous instruira; je vous ai protégés, consolés, aidés, un autre prendra à vos côtés ma place, il sera mon appelé auprès de vous, mon « Paraclet », mon Père vous le donnera ; à

() Joan. XVIL, 21.

(?) I Cor. XV, 28.

(5) Joan. XIV, tr.

(+) Zbid., V, 18.

jamais, éternellement il restera avec vous; il est l'esprit de vérité, il vous enseignera, il vous rappellera tout ce que je vous ai dit. « Paraclitus autem, Spiritus sanc{us, quem mittet Pater in nomine meo, ille vos dorebit Omnia, ct suggeret vobis omnia quae- ‘umque dixero vobis (!), »

Estil croyable, mes chers Amis, que des chrétiens, des prêtres Puissent lire, relire ces lignes, y avoir foi, et oublier que, pour chacun de nous, il Y a une vie intérieure qui consiste à recevoir les communications que Dieu le Père Nous fait par son Fils, son Envoyé Parmi nous; qu'il y a, sous l'impulsion du Saint-Esprit, une expansion vitale Surnaturelle dont l'objet est le développement, la pratique religieuse des enseignements apportés au monde par Notre Seigneur Jésus-Christ ? Ne l’avezvous donc pas entendu ? Le Christ a été pour les apôtres et pour les quelques privilégiés de ja Judée et de la Galilée qui l'ont pratiqué, un Paraclet ; mais à nous tous, à l'Église à travers les siècles, Il a envoyé un autre Paraclet, « alium Paraclilum », avec la mission, toute de lumière et d'amour, de conduire l'Église sur le Chemin de ses destinées. Nous avons, toutefois, nous, une condition pre-

(!) Joan. XIV, 26.

Mais nous

devons,avant

ner arte tenasuns D 00 1 AS RL SRE HAE Ha Label 22

tout, Ctre de bonne volonté, faire ce que nous pouvons, demander ce que nous ne pouvons pas.

mière à remplir. Dieu n'accepte à son service et ne se charge de guider que les hommes de bonne volonté. Il faut donc commencer par obéir aux commandements de notre divin Maître; si nous n’en avons pas la force ou le courage, il faut recourir à Lui par une humble et confiante prière. Vous êtes, par conséquent, sans excuse si vous n'arrivez pas au règne de Dieu, car, dit Notre Seigneur, tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père sci glorifié dans l'œuvre de son Fils. « Et quodcumque petieritis Patrem in nomine meo, hoc faciam, ut glorificetur Pater in Filio (‘).» Aimez-moi donc, observez mes commandements et alors je m'adresserai à mon Père et Il vous enverra un autre Paraclet, qui restera avec vous à jamais, l'Esprit de vérité. « Si diligitis me, mandata mea servate. Et ego rogabo Patrem, et alium Paraclitum dabit fobis, ut maneat vobiscum in aeternum, Spirilum veritatis (*). »

Défaites-vous de l’esprit du monde, car le monde n’est pas disposé à recevoir l'Esprit de vérité, pour la raison qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, car il est parmi vous et il sera en vous. « Spiritum veritatis quem mundus

(t) Joan. XIV, 13.

(2) Zbid., 16.

non poiest accipere, quia non videt cum v08 autem cognoscitis «

cl in vobis erit (!). »

Seriez-vous encore excusables si, après avoir entendu un appel aussi explicite, divinement autorisé, à l'exercice de la vie intérieure, à l’école de Notre Seigneur Jésus-Christ, sous la conduite du Saint-Esprit, vous vous refusiez à remplir les conditions d’admission à ce Commerce de votre me avec Dieu, auquel vous êtes conviés ?

Priez donc, obéissez ponctuellemen généreusement à tout ce que Dieu réclame de Vous ; soyez de bonne volon ‘6, faites ce que vous pouvez, demandez ce que, de vous-mêmes, vous ne pouvez Pas : Dieu vous aidera à le Pouvoir. « Deus ‘impossibilia non jubet sed Jubendo monet et facere quod Dossis ct petere quod non possis et adjuvat nt possis » (*), dit le Concile de Trente à la suite du Docteur d'Hippone. Et alors vous recevoir Dieu et à vous laisser ensei < el erunt omnes docilii!. + Lex (5).

Nous vous avons cité, pour vous stimuler à la L' confiance dans l'oraison, un: ;

nec scil eum :

UM, quia apud vos manebit

t, docilement,

serez prêts à gner par Lui,

(t) Joan. XIV, 17.

(2) De Justificatione, Sess. VI, cap. XI.

6) Joan. VI, 45.

invitation

remière parole solen- plus pres-

sante et la promesse plus touchante de Notre-Seigneur à ses prêtres.

nelle de Notre Seigneur à l'adresse de tous les chrétiens. En voici une autre, plus touchante encore, si possible, plus persuasive. Elle est tout spécixlement pour nous, les élus du sacerdoce. « Vos amici met estis, si feceritis quac ego praecipiv vobis. Jam non dicam vos servos quia servus nesrit quid fariat dominus cjus. Vos autem dixi amicos, quia omnia. quaecumque audivi a Patre meo, nota feci vobis (). »

Mes chers Amis, je ne sais s’il est rien, dans les discours évangéliques, de plus encourageant, de plus réconfortant, pour nous.

Vous êtes décidés, je me plais à le croire, à ne rien refuser à Notre Seigneur de ge qu’Il réclame de votre bonne volonté. Il n’en fut pas davantage. Vous êtes ses”xrmis-4kvéus en a donné sa parole : « Vos amici mei eslis, si feceritis quur ego praecipio vobis. » Pourvu que vous f ssiez ce que je vous commenderai, vous êtes mes amis.

Or, à quoi reconnait-on l'amitié ? Que sont les échanges qui se pratiquent entre deux amis ?

Le maître a ses sujets : il leur intime des ordres, mais ne se croit pas tenu à les mettre au courant des projets dont il leur demande l’exécution. L’expression de la volonté du maitre doit leur suflire, ils ne

(1) Joan. XV, 14-15.

sont peut-être pas capables d'en comprendre, peutêtre pas dignes d'en connaître la raison.

Il en va tout autrement entre amis : Un ami n’a point de secret pour son ami. Les relations amicales se passent en confidences réciproques. L'un n'est point satisfait tant que l’autre n'a pas lu dans son âme, jusqu'au fond; il souffre de n ‘être point compris, autant et plus peut-être que de ne pas comprendre les trésors cachés en celui qu'il aime.

Or voici que notre divin Sauveur non seulement nous offre et nous promet son amitié, mais nous invite à en savourer les doux épanchements : «Je ne VOUS traiterai pas comme des esclaves, nous dit-il, à qui le maître laisse ignorer ce qu'il fait. Non, non, je vous ai appelés mes amis et je vous prouverai qn’effectivement vous l’êtes, car tout ce que mon Père m'a fait connaitre, je vous l'ai confié à mon tour. »

CONCLUSION

Allons aux contidences divines. Dans le silence de notre cabinet, aux pieds du crucifix, à la porte du tabernacle, recueillons-les, goütons-les, appliquons-les-nous, vivons-en, faisons-en l’aliment des âmes sur lesquelles nous pouvons étendre notre action. « Délectons-nous dans le Verbe, écrit

Allons donc aux confidences divines.

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART lo. 2)

FFEFEE FEFF F

eTFE FE

LE

IS M us

APPLIED IMAGE Inc

1653 East Main Street

Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone

(716) 288 - 5989 - Fax

ee

Bossuet, dans la pensée, dans la sagesse üë Dieu. Écoutons la parole qui nous parle dans un profond et admirable sil -e. Prêtons-lui l'oreille du cœur. Disons-lui comme Samuel : « Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute.» Aimons la prière, la communication, la familiarité avec Dieu: Qui donc, s’imposant silence à soi-même et à tout ce qui n’est pas Dieu, laissera doucement écouler son cœur vers le Verbe, vers la sagesse éternelle, surtout vers le Verbe qui s’est fait homme et a établi sa demeure au milieu de nous ?

« Que de vertus doivent naître de ce commerce avec Dieu et avec son Verbe! Quelie humilité ! Quelle abnégation de soi-même ! Quel dévouement ! Quel amour envers la vérité ! Quelle cordialité ! Quelle candeur (!) ! »

Que chacune de nos journées, que dacess de

- nos oraisons marque un progrès dans la lumière. Si “quelqu’un vit dans les ténèbres, c’est qu’il manque d'amour pour Dieu et pour ses frères. Aimons Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces et la lumière se fera de plus en plus vive dans notre intelligence, et notre cœur se dilatera dans le sentiment d'une liberté plus entière, et netre

.{) Bossuer, Élévations sur les mystères, Éiév. VIH, 12° Sem.

zèle s’échauftera. Nos œuvres seront animées du souffle de Ja charité ÿ fruits de l’oraison, ellesen four-niront encore la semence, et ainsi notre vie entière sera une image anticipée de notre vie céleste. Au ciel, nous verrons Dieu face à face et sa contemplation s’irradiera en un amour indéfectible : puisse . notre amour fidèle, de Dieu et de ceux que Dieu aime nous mener de plus en plus proche dé la contemplation du Paradis !

O Marie, ma bonne Mère, c’est par une prière à vos pieds que je veux terminer cette conférence, avec l'espoir que vous la prendrez sous votre protection et que vous lui ferez produire des fruits de salut et

.de zèle sacerdotal, dans ce Cher diocèse que j à m’imaginer couvert de votre égide.

Au pied de la croix, votre divin Fils appela à côté de vous l’apôtre bien-aimé qui avait davantage Pénétré les mystères du Verbe incarné parce que, sans doute, il avait plus ter “*ement aimé Celui sur la poitrine duquel il avs:: sris plaisir à se reposér. En la personne de saint Jean, daignez voir tous les prêtres, tous les apôtres qui, dans l'Église, auront faim ou soif de l'amour de Dieu. Nous sommes vos fils. Votre divin Fils, qui, par l’effusion de son sang, a conquis plein pouvoir sur votre âme, nous a conflés à votre maternelle sollicitude.

’aime

Que faut-il penser de l'emploi de manuelspour la méditation ?

Gardez-nous, bonne Mère, protégez-nous. Apprenez-nous à connaître et à aimer Jésus. Montrez-Lenous priant, travaillant et souffrant, ce cher et divin Jésus, le fruit béni de vos entrailles, et après cet exil, montrez-Le-nous dans la gloire des cieux. « Et

. Jesum benedictum, fructum ventris tui,' nobis post

hoc exilium ostende. »

Page 1