‹ A mes séminaristes [microforme]Chapitre 3 sur 31 · MES CHERS SÉMINARISTES · texte numérisé non relu

MES CHERS SÉMINARISTES

Que de fois j'ai désiré venir VOUS voir et vous parler ! Le souvenir des belles années que la divine Providence m'a donné de Passer, jadis, ici à Malines au Petit Séminaire, au début de ma Carrière sacerdotale ; celui, plus récent, de la vie de famille dont j'ai joui durant Quatorze ans au Séminaire Léon XIII, me poussaient Souvent vers Vous, et veuillez croire que de vivre sans VOUS, Sans mes chers séminaristes, m'a été une privation.

Puis, je suis dominé par l’idée que, placé sur le siège de saint Rombaut par Sa Sainteté Pie X, je dois à mon évêque une Obéissance docile, Son esprit, qui est l’esprit de Jésus-Christ, doit être le mien; ses aspirations doivent être meSaspirations:; ses labeurs apostoliques doivent être Sénéreusemen: partagés par ceux ,u'il daigne appeler à le servir. Or, la Catholicité connaît Pie X. Ce Saint Père — l’épithète ici doit être Soulignée d’un trait, qui lui enlève sa banalité Conventionnelle et lui restitue la plénitude

en

de sa signification étymologique, — ce Saint Père n’est pas doublé d’un personnage de surface ; il ouvre son âme à tous avec la candeur d’un enfant. Vous vous souvenez de la première parole solennelle qu’il adressa au monde : «Il s’en trouvera » apparemment, disait-il, qui croiront devoir appli- > quer à notre divin ministère la norme coutumière » des intérêts humains; ils nous prêteront des visées » terrestres, des préoccupations de parti et s’ingé- » nieront à les deriner. Détrompons-les par avance, » d’un coup. Avec toute l'énergie dont nous sommes » capables, nous affirmons que nous voulons, Dieu > aidant, une chose unique, être vis-à-vis de l’huma- » nité les ministres du Dieu dont nous sommes les. » fondés de pouvoir. Les intérêts de Dieu sont nos » intérêts. Tout ce que nous avons de force et de vie » sera mis à leur service. Nous y sommes décidés. > Et si quelqu’un nous demandait, en conséquence, > quelle est la devise qui traduit le plus ouverte- > ment nos dispositions intérieures, nous répon- > drions que nous n’en avons qu’une ; elle sera » toujours, en n’importe quelles circonstances, la » même : Le Christ résume tout. Insiaurare omniæ > in Christo (). »

() Eph. L 10.

« Erunt profecto Qui, divina humanis metientes,

» quae Nostra sit animi mens rimari nitantur atque ad terrenos usus Partiumque studia detvrquere. His ut inanem SPEM praccidamus, omni asseveratione affirmamus nihil velle Nos esse, nihil, Opitulante Deo, apud consociationem hominum futur08, nisi Dei, cujus utimur auctoritate, administros. Rationes Dei rationes nostrae” sunt ; Pro quibus vires omnes vilamque ipsam devovere decretum est. Unde si qui Symbolum nobis er etant, quod voluntatem animi Patefaciat, hoc unum dabimus semper : Instaurare omnia in Christo (1). »

Puisque le Christ résume tout, il ne peut y avoir à la sollicitude épiscopale qu’un objectif : former les âmes sur le modèle du Christ, « ut in omnibus lormetur Christus » (?).

Aussi l’évêque doit-il inscrire en tête de son programme l'engagement de modeler sur le Christ ceux qui, par état, sont chargés d'imprimer aux âmes la «forme » de Jésus-Christ.

Écoutez, pour votre encouragement, cette parole solennelle de Notre Saint Père le Pape aux évêques de la catholicité : « Considérez avec quel soin, avec » quelle ardeur vous devez vous employer à la

ms (1) Encycl. E supremi.

() Gal. IV, 19.

6 ‘ AVANT-PROPOS à

ei > sanctification du clergé ! Devant cette obligation ji » de votre ministère, il faut que tout cède. Donnez fi » à l'organisation et à la direction de vos séminaires » le meilleur de votre sollicitude, afin que l’ensei- > gnement y soit irréprochable et la vie sainte. ga » Faites de votre séminaire vos plus chères délices, ji » n'y négligez rien de ce que le Concile de Trent. Là » a si sagement éta'i pour en assurer le succès. . qi « Quae cum ita, sint, quae vobis quantaque, Vene- | » rabiles ‘ratres, ponenda cura est in clero ad » sanctitatem omnem formando ! Huic, quaecumque » obveniant negotia cedere necesse est. Quamobrem >» pars polior diligentiarum vestrarum sit de semi- » nariis sacris rite ordinandis moderandisque, ut Li >» pariter integritate doctrinae et morum sanctitate » floreant. Seminarium cordis quisque vestri delicias » habetote, nihil plane ad ejus utilitatem omittentes, » quod est a Tridentina Synodo providentissime

» constitutum (!). »

(1) Les rapports qu'envoyait à Rome, de Mantoue, d’abord, fl de Venise, plus tard, celui qui, dans le plan providentiel, devait prendre ui. jour en mains, sous le nom de Pie X, le gouvernail de l'Église, témoignent d’une sollicitude à la fois constante et paternelle pour les aspirants au sacerdoce. On en jugera par ces lignes extraites du rapport envoyé à Rome, le rer décembre 1897, par S. Ém. le Cardinal Sarto, patriarche de Venise : « J'aime mon séminaire comme la prunelle de mes yeux; je l'aime

Avec une joie que vous voudrez pa rtager, j'obéis, mes chers Amis, aux instructions pontificales. Au Plaisir de me tenir en contact avec vous, je ferai plier, si Dieu daigne m'en donner la force, tous les obstacles. « Huic curae, Tuaecumque obreniant, negotia cedere necesse est. »

Et vous, appréciant avec une piété filiale la prédilection dont vous êtes l’objet de la part du Saint Père et à laquelle je m'associe avec une affection d’autant plus vive qu'elle me remplissait déjà le cœur avant de m'être commandée, vous me donnerez votre Confiance, tous, sans aucune réserve. Il Y Va de l’avenir de notre diocèse. Laissez-vous former par nous, avec la Coopération sage et dévouée de vos directeurs et de vos maîtres, afin d'aller demain former les âmes dont Vous aurez la Charge aux mœurs Saintes de la vie chrétienne.

Avant d'entreprendre la série d'entretiens que ls:

au-dessus de tout ; je le considère comme ma propre maison. Aussi ai-je coutume de le fréquenter assidûment, de m'y rendre

moins, pour veiller non seulement sur Ja discipline de la maison, mais aussi sur les études et même sur la table, Je tiens, en effet, à suivre les Progrès de mes Jeunes gens dans Ja Piété et dans les sciences, mais je n’attache PaS moins de prix à leur santé, Sans laquelle ils ne Sauraient exercer le ministère plus tard, ». Cfr. Mgr De Waaz, Le Pape Pie X, P. 157.

nous inaugurons aujourd’hui, nous voudrons tous méditer cette parole apostolique qui résume mes sentiments et mes espérances et doit inspirer les vôrres : «Je vous aime avec toute l’ardeur d'affection 1h d'un père pour ses plus tendres enfants; je veux qu travailler et souffrir pour vous communiquer une nouvelle vie ; je m'y emploierai jusqu’à ce que ie di Christ soit l'âme de vos âmes. Filioli mei, quos iterum parturio, donec formetur Christus in vobis. » (*). Car ps je ne vo cacherdi pas que c’est principalement Li sous l’empire de cette"préoccupation dominante et ii afin de m’engager publiquement à y rester fidèle io que j'ai choisi ma devise : Apostolus Jesu Christi.

Nous nous demanderons dans nos premières Ù conférences quelle idée vous devez vous faire du 4 Séminaire.

Qu'est le Séminaire ?

Pour répondre à cette questicr, nous vous déveiopperons successivement ces deux pensées :

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