CHAPITRE XXII
Des causes des débordemens du Rhône en été dans le Valais .
Ï->es débordemens du Rhône paraissent principalement dépendre de la fonte subite et très-forte des neiges et des glaces, qui couvrent les hautes montagnes qui, de toute part, entourent le Valais. Ces eaux produites par la fonte des neiges au printems , descendent dans la plaine, se rassemblent , grossissent le cours et la masse du Rhône , et produisent ainsi ces débordemens, qui inondent les campagnes. A cette raison on joint encore celle de l’écoulement des eaux de certains lacs qui doivent, à ce que l’on prétend , se vider tous les sept ans, comme celui qui est près de Mœrel ; cela peut être possible , quoiqu’on n’en sache donner la raison , de même qu’il est possible qu’en Valais, la petite vérole soit épidémique de sept ans en sept ans, ce qui est un fait réel, ou du moins, l’a été jusques à ces années, que des Médecins fort bien intentionnés pour l’avantage de l’humanité , ont introduit l'inoculation, pour rendre cette petite vérole moins meurtrière, aussi elle est par contre devenue une maladie per-
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manente , parce que , selon moi on n’a pas pris les précau- ,» tions nécessaires de tenir les inoculés séparés des autres enfans , et qu’on les laissait promener dans toutes les rues de la ville, ce qui propageait nécessairement la contagion de cette maladie ; malgré le bel exemple observé par les familles royales de France , d’ Angleterre, d’Allemagne, d’Espagne , qui écartaient soigneusement les inoculés de la société des autres enfans , pour éteindre la . propagation de cette maladie , et pour ne pas inquiéter ceux qui ne voulaient pas faire inoculer leurs enfans. Toujours est-il vrai, qu’on combinait alors deux vices varioliques ensemble, le naturel et l'artificiel, ou celui introduit par inoculation, qui, combinés ainsi , pouvaient produire une troisième espèce de petite vérole toute particulière , aussi mauvaise et meurtrière que l’était celle de l’année de 1802, qui tuait plusieurs enfans par jour. Mais revenons aux causes des débordemens du Rhône durant les grandes chaleurs de l’été et disons que d’autres attribuent les débordemens du Rhône durant les grandes chaleurs de l’été à ce que les grandes pluies subites , et le bruyant éclat du tonnerre rompent les énormes masses des glaciers, en détachent des portions prodigieuses, qui arrêtent et retiennent les eaux des glaciers jusqu’au moment où leur volume ait assez de force pour rompre tout-à-coup l’obstacle; alors ces eaux prisonnières s’échappent toutes à la fois , roulent au fond d’une vallée qu’elles dévastent , se jettent avec impétuosité dans le Rhône, qui , contraint de quitter ses bords s’ensuit avec elles dans les plaines voisines , où sans pitié il absorbe les moissons , couvre les champs de ses laves stériles, et détruit ainsi en un instant les longs et pénibles
du Valais.
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travaux du cultivateur infortuné, victime de ses injustes fureurs. Le Rhône , par ses débordeiuens est ici le vrai exemple d’un mauvais voisin qui , par sa mauvaise foi et sa calomnie , ne cherche qu’à nuire à ceux qui sont obligés de vivre près de lui , comme -lui-même nuit à la plaine qui l’avoisine. Cette dernière raison me parait très-véritable; elle est démontrée même presque tous les jours de l’été et des grandes chaleurs par les débordemens des autres vallées; tels sont ceux de la vallée de Viège, ceux de Riddes , et tant d’autres, qui ont lieu presque dans tout* l’étendue du pays, produits par la même .cause , c’est-àdire, par l’accroissement subit des eaux durant l’époque des grandes chaleurs.