‹ A Propos D'Un Cas D'Encéphalite Épidémique, Contagion Professionnelle, Chez Une Infirmière Soignant Un ParkinsonienChapitre 6 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il nous a été donné d'observer récemment, à l’hospice d’Ivry, dans le service de notre Maître, le Docteur Marcel PERRAULT, médecin des hôpitaux de Paris, un cas d’encéphalite épidémique, type Von Economo-Cruchet, dont le caractère de maladie professionnelle nous paraît indiscutable.

Il s'agissait, en effet, d’une infirmière attachée spécialement à une salle de parkinsoniens, exposée, de par sa profession et son dévouement personnel, à de fréquents et intimes contacts avec ces malheureux infirmes dont plusieurs, et l’un d’eux surtout, véritable grabataire, réclamaient des soins particulièrement attentifs, tant pour assurer leur alimentation, que pour obvier à l'inconvénient de leur hypersalivation.

La contagiosité de l’encéphalite épidémique n’est mise en doute par personne à la phase aiguë fébrile. Bien que la débilité de nos connaissances sur la nature exacte de l’ultra-virus neurotrope encéphalitique gêne singulièrement pour l'élaboration d’une doctrine solide concernant le mode de contagion, on admet généralement que celle-ci se fait à partir de l'élimination virulente salivaire, soit par contact interhumain direct, soit par l'intermédiaire d’un objet souillé par la salive du malade.

Ces notions sont également valables à la phase tardive de la maladie, au moment du parkinsonisme.

Toute la question est de savoir si, à cette phase de

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parkinsonisme qui revêt si souvent l'aspect de séquelles irréparables et irrémédiablement constituées, il est loisible ou non de considérer que la maladie est toujours évolutive, capable de déterminer des poussées nouvelles et surtout d’entraîner, soit continûment, soit à l’occasion des poussées, une élimination prolongée, ou renouvelée, du virus par la salive.

Des faits cliniques, peu nombreux mais démonstratifs, des arguments biologiques de valeur inégale mais dont certains sont très suggestifs, viennent apporter un appui quasi-formel à cette manière de voir.

Pour rares qu'ils soient, ces faits de contagiosité de l’encéphalite à sa phase tardive, dite de séquelles, et, en particulier, au stade de parkinsonisme, doivent évidemment conduire à des mesures de prophylaxie, déjà évoquées et proposées par plusieurs auteurs, mais bien rarement appliquées, nous semble-t-il.

Enfin, plus encore que l’entourage familial ou hospitalier habituel, est directement exposée aux risques de contagion, l'infirmière soignante qui, au cours des soins de propreté, (essuyage de la bouche fréquent en cas d'hypersalivation en particulier), et de l'alimentation, est amenée presque fatalement à recevoir des gouttelettes de salive en direction du visage, (gouttelettes de Pflügge), ou à se souiller les mains de salive virulente, soit directement, soit par l'intermédiaire du linge ou des objets personnels du malade.

Il tombe sous le sens qu'il la faut instruire de cette possibilité de contagion et des précautions hygiéniques simples qui peuvent y obvier avec le maximum d’efficacité possible.

I1 tombe sous le sens également, qu’en cas de contamination professionnelle, cette infirmière a parfaitement droit à des réparations matérielles qui resteront toujours peu de chose en regard de la cruelle et définitive maladie qui va faire d’elle désormais, une grande

infirme, incapable non seulement de reprendre son acti- S vité habituelle, mais le plus souvent tout travail rému-

S nérateur.

f L'inscription dans le cadre de la loi portant répara- 1 tion des maladies professionnelles, au même titre que ; d’autres maladies infectieuses intéressant d’autres pro- __ fessions, (spirochétose ictéro-hémorragique, charbon,

| fièvre de Malte), serait seule de nature à entraîner avec

un automatisme désirable des compensations matériel- les à peu près suffisantes.

I serait d’ailleurs, nous semble-t-il hautement, convenable que, d’une facon générale, les maladies contrac- tées par le personnel médical auxiliaire au cours de soins donnés aux malades fussent inscrites parmi les affections réparées au titre des maladies professionnelles.

Notre but est fort modeste.

Nous nous proposons de rapporter d’abord au long "2 notre observation qui fournit un nouvel exemple de con- __ tagion à la phase tardive de l’encéphalite, à un stade de arkinsonisme. | Le caractère de maladie professionnelle est ici indiscutable et il a d’ailleurs été admis par le médecin contrôleur de l’ Administration de l’ Assistance Publique.

‘1 Nous nous attacherons incidemment à préciser parmi les thérapeutiques mises en œuvre, celles qui, dans ce cas, d’assez haute gravité, nous ont donné quelques , preuves de leur efficacité.

Ë Ensuite, après avoir évoqué les observations anté-

rieures comparables ou identiques à la nôtre, nous rap- pellerons rapidement les conditions habituelles de la contagion.

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