HISTORIQUE
C'est à SMELLIE (1746) que l’on doit la première observation d’une paralysie obstétricale, une paralysie bilatérale des membres supérieurs produite par l'application du forceps.
En France, Danyau est le premier qui, dans une communication faite en 1851 à la Société de Chirurgie de Paris, ait réellement établi l'existence de cette paralysie. L’autopsie révéla une lésion du plexus brachial.
DOCHENNE DE BouLOGNE à étudié d’une façon approfondie cette question et il remarqua que toujours les mêmes muscles étaient paralysés (le deltoïde, les sousépineux, le biceps et le brachial ant.)
Depuis DUcHENxE, cette raison anatomique a été cherchée en particulier par Er8 en 1874, quand il publia plusieurs observations des paralysies obstétricales. Se basant sur l'anatomie et sur des recherches particulières, ErB est arrivé à conclure que les muscles paralysés sont innervés par les branches des cinquième et sixième paires cervicales; 1l le prouve par l'exploration faradique de la région. En agissant à l'émergence des C° et C°, il a vu
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que les muscles : deltoïde, biceps, coraco-brachial et supinateurs se contractent simultanément, Ce point bien délimité fut nommé, point d'Ers.
La paralysie que provoque la lésion de ce point a reçu le nom de « paralysie du type DucHENxe-ER8 » nom donné par BERtTRA“D et par SECRÉTAN.
Depuis, de nombreux auteurs se sont occupés de la question : SEBLIGMULLER en 1874, puis parurent les thèses de Ducourneau (1876) et de SecrérTAN (1885).
David FErrier et Jéo (1881), Féré, ForGues, Lan- NEGRACE (1883) arrivent à localiser l’action de chaque filet nerveux du plexus.
RussELLE, THORBURN, SHERRINGTON viennent préciser différentes questions relatives à l’innervation radiculaire.
Dans un mémoire resté classique, Mme DésERINE- KLumPKkE a démontré que dans les paralysies radiculaires où existaient des troubles oculo-pupillaires, la lésion siégeait au niveau des racines inférieures du plexus brachial et surtout sur le rameau communiquant de la première dorsale. Elle décrit ainsi un type inférieur atteignant les muscles de l’avant-bras et un type total.
En 1887, Rour.LanD reprit la question. Comgy en 1891 insista sur le pronostic et le traitement.
En 1895 Guizremor publia 12 cas survenus chez des nouveau-nés, tous accouchés par la même sagefemme et venus par le siège.
Citons pour mémoire les travaux d’Asrros (1892) de Daucnez (1891), de Carrer (1893), de Prrers (1894), de Wazrox (1895) et Wei (1896).
r x fr ee Feux en 1897 par des expériences très démonstra-
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tives combattit la théorie de la compression du point d’Er8 et démontra que la cause de ces paralysies était la distension au maximum des racines du plexus, hypothèse déjà énoncée par DUCHENNE, TARNIER, CARTER et confirmée aussi par GUILLEMOT puis par C1BERT dont la thèse contient des documents forts instructifs.
En 1901, MM. Duvaz et Guizzanx font paraître un ouvrage de premier ordre sur les paralysies radiculaires du plexus brachial, et dès lors la théorie de l’élongation rallie la majorité des suffrages.
Puis THoyer-RozaT vient défendre à nouveau, preuves expérimentales à l’appui, la théorie de la compression. |
Différentes théories ont été soutenues ou combattues par Kusrnwer en 1889, Fixcx en 1909, Lance en 1910, Gancere et PETERsoNN en 1914 (th. du décollement épiphysaire), THomas en 1910, AsTLEY et ASHURST en 1917 (th. des lésions ostéo-articulaires) et par l’école allemande, la théorie de maladie nerveuse in utero.
ÊTIOLOGIE
Les paralysies obstétricales ne sont pas d’une fréquence bien grande. Jozy dans sa thèse (Paris 1894) n'en signala que 3 cas sur 5.640 accouchements à Ja clinique Baudelocque; 3 cas également sur 6.600 accouchements à la clinique Tarnier.
Focier, à Lyon, n'en a pas observé un seul cas pendant R ans dans son service, où il passe environ 2.000 parturientes par année. D’après MM. Duvaz et GuizLain c'est 1 pour 2.000 naissances et d’après l’enquête du docteur RENDu dans le service des Maternités de Lyon c’est 1 pour 1.500.
Nous trouvons à la Maternité de Lariboisière, pendant ces dix dernières années, c’est-à-dire entre 1926 et 1936, sur environ 23.800 accouchements un seul cas d’une paralysie obstétricale du plexus brachial.
Bien que les cas publiés ne soient pas plus nombreux, nous pensons que la paralysie obstétricale doit être assez fréquente en clientèle mais... qu'on n'aime peut-être pas beaucoup à faire connaître ses insuccès.
Un fait domine leur étiologie : les lésions radiculaires
se présentent presque toujours dans les accouchements difficiles. Cependant, on en a signalé quelques observations dans des accouchements spontanés (Daucxez 16, Perers 3, VALENTIN 2, RENDU 2) et on a même observé un cas chez un enfant extrait par opération césarienne (Susr et Berrexwarrrs de Bruxelles).
L'affection atteint aussi bien les garçons que les filles, toutes les présentations y exposent, mais il semble que le sommet donne plus des paralysies que le siège. Les dystocies y prédisposent en rendant l'accouchement difficile. On note aussi une prédominance des multipares qui peut s'expliquer par la grande fréquence chez elles des présentations anormales.
SCHOEMAKER donne les statistiques suivantes : sur 95 cas, 10 fois seulement l’accouchement avait été spontané, 55 présentations du sommet, 40 présentations du siège et 28 applications du forceps.
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