THÉORIE DES LESIONS NERVEUSES PRIMITIVES
L'hypothèse de la lésion nerveuse a été comprise de différentes manières :
a) Compression du plexus.
DuGHENNE avait admis cette théorie en 1872. Lorsque Er8 en 1874, montra que la compression en un point déterminé correspondant à l’apophyse transverse de la C7 (point d’Ers) pouvait léser les racines des cin-
quième et sixième paires cervicales et déterminer des ‘signes de paralysie obstétricale, on a cherché a voir par quel mécanisme cette compression pouvait se réaliser.
On avait d’abord invoqué le forceps dont le bec
des cuillères pouvait comprimer le plexus, théorie invoquée par SMELLIE, Daxvau, Guenior et GuiBour.
Puis successivement on à accusé : le circulaire du cordon autour du cou (Hc«pemaKERr, RouLLanp), la compression du pubis maternel (P£rers), les doigts de l’accoucheur passés en fourche sur le cou du fœtus, la compression directe du plexus par la clavicule (SGHOEMAKER) et l’étranglement du plexus par le tissu cicatricel qui l’enrobe (Turner Tomas).
Feux, Cisert, Düuvaz et GuiLLai rejettent toutes ces théories et ils montrent combien il est difficile expérimentalement de blesser les racines du plexus par compression au point d'Ers.
b) Distension nerveuse par tractions sur le plerus.
Cette théorie, émise par DUGHENNE puis par Tar- NIER, CARTER, GUILLEMOT, FiEux et soutenue magistralement par MM. Duvaz et GuiLain, explique la grande majorité des cas.
MM. Duvarz et GuicLaix en 1898 et 1901 font paraître des travaux anatomiques et expérimentaux très importants : ils montrent que dans l’abaissement du bras, pur ou combiné à l’abduction, il se produit une distension des racines du plexus brachial. Poussé au maximum, l’abaissement aboutit à la rupture des trois racines supérieures et à la désagrégation histologique de la première dorsale par écrasement sur la première côte.
MM. Duvaz et Guircaix furent suivis dans leurs expériences par CLark, Tavror, Prousr, Figux, Scnok- MAKER, SEVER, ADbsON, Wei, McrobpeN, Renpu et d’autres auteurs. Tous sont arrivés aux mêmes concelu- SIONS.
Cette théorie semble donc justifiée et présente l’avantage de pouvoir expliquer l'apparition de la paralysie obstétricale dans la majorité des cas.
La distension nerveuse peut se faire pendant l’accouchement, soit en dehors de toute manœuvre obstétricale, soit à l’occasion de ces manæuvres.
L'accouchement spontané peut produire dans certains cas une paralysie obstétricale par élongation rapide du plexus. Daucez en à observé 16, PETERs 3, Gur- MOUR 2, VALENTIN 2, RENDU 2).
L'accouchement dystocique. — Dans la très grande majorité des cas, l'accouchement à demandé des manœu-
vres obstétricales plus ou moins violentes, en général
toutes les fois que l'épaule et la tête s’éloignent l’une de l’autre de façon anormale.
Dans la présentation du sommet, la tête étant sortie, une manœuvre dangereuse consiste à tirer sur elle dans le plan du lit pour dégager l'épaule antérieure et, si la rotation de l'épaule ne se fait pas, il est dangereux aussi de vouloir l’amorcer par une rotation de la tête, car on réalise ainsi les conditions nécessaires pour léser le plexus, en combinant la traction à la rotation. Lorsque l'épaule ne se dégage pas, si l’on passe le doigt en crochet dans l’aisselle et qu'on tire violemment sur elle pour dégager, on relève ainsi fortement le moignon
de l'épaule de côté de la tête et le plexus est tiré de bas en haut; les racines inférieures sont en danger.
Dans la présentation du siège : toute manœuvre pour dégager la tête exécutée brutalement peut être néfaste surtout si les bras sont relevés. De même, la traction désordonnée sur le bras pour abaïsser l'épaule, la traction sur les épaules par les doigts passés en fourche sur la nuque pour dégager une tête dernière, combinées à une mauvaise rotation, constituent de sérieux dangers pour la distension du plexus. |
On a observé des paralysies obstétricales dans la présentation de l’épaule, à la suite de tractions brutales sur des bras procidents.
En dehors de ces causes pouvant déterminer des paralysies obstétricales, certains auteurs pensent qu'il y en a d’autres susceptibles de les favoriser. Ainsi SEVER croît que la lésion nerveuse est d'autant plus facilement réalisée que le fœtus est en relachement musculaire complet. Or c’est ce qui se passe dans les accouchements de longue durée en cas d’asphyxie obstétricale.