‹ A propos d'un cas de pyélonéphrite à gonocoques chez un enfantChapitre 11 sur 16 · CG. — PATHOGÉNIE DES PYÉLONÉPHRITES · texte numérisé non relu

CG. — PATHOGÉNIE DES PYÉLONÉPHRITES

© A GONOCOQUES

Nous serions donc tentés d’englober dans cette conception pathogénique la catégorie exceptionnelle des pyélites à gonocoques, si des conditions anatomiques très particulières n ’intervenaient ici dans la propagation microbienne.

En effet, le foyer infectieux, c'est-à-dire l'appareil génital externe, est en rapport étroit avec l'arbre urinaire inférieur.

1° L'origine hématogène. — La gonohémie existe. Elle peut se présenter soit sous la forme septicémique pure, soit. sous la forme d'affection générale avec localisations secondaires.

Le Fur et Weisswarge ont décrit un type de pyélo:

: néphrite dont le point de départ répond à une loca-

lisation secondaire.

La gonohémie d’ailleurs s'accompagne d’accidents généraux assez graves : fièvre, frissons, sueurs, Cé- phalée, vomissements, éruptions et toujours anémie qui peut revêtir le type pernicieux.

Rien de, tel n’a été observé dans le cas présenté

= Dh

ici. [l n’a pas été permis de déceler le moindre indice d’une période pré-suppurative.

Par contre, les premiers symptômes observés chez l'enfant dont nous rapportons l'observation dans cette thèse sont des symptômes de cystite. De même, dans le cas cité par Magrassi, l’affection débuta par une cystite purulente.

La voie hématogène semble donc peu probable.

Seule une hémoculture pratiquée dans de bonnes conditions serait susceptible d'affirmer la présence du gonocoque dans le sang. Mais ces conditions sont pratiquement très difficiles à réaliser, et Faure-Baulieu a bien mis en évidence l'incertitude des résultats fournis par un pareil examen.

Disons enfin que, chez la petite fille, l'infection gonococcique semble rester localisée aux organes génitaux externes. Elle ne gagne pas l'utérus et les annexes, du fait de la conformation anatomique du col utérin, presque inexistant chez l'enfant. Chez la femme, au contraire, la propagation aux annexes est vraisemblablement le point de départ de l’infection hématogène.

2° L'origine ascendante. — C'est, semble-t-il, la voie habituelle des pyélonéphrites à gonocoques de l'adulte.

Si telle est la voie empruntée par le microbe pour atteindre le bassinet, on peut se demander pourquoi,

nn

= Eee —

shez l'enfant, les pyélites sont si rares, alors que le:

vulvites sont si fréquentes.

. Même les cystites, premier terme de l'infection as- cendante, sont exceptionnelles au cours des vulvc:

vaginites gonococciques, Cohen Brach, sur vingt ci

ni cas de vulvo-vaginite, note une seule fois du ci

tarrhe de la vessie. Et, bien plus, lorsqu'une cystit® apparaît pendant l’évolution d’une vulvo-vaginite, elle est le plus souvent due au colibacille.

… C'est le professeur Hutinel qui a attiré l'attention sur ces cystites colibacillaires apparaissant au COUrS des vulvo-vaginites blennorragiques. Il soutient que toujours, dans ces Cas, il existe une rectite concomitante ou antérieure à l'infection de la vessie. La cystite serait une conséquence de la rectite, alors que la vulvite ne serait qu'une cause occasionnelle, qui, par la congestion vesicale et la stagnaticn d'urine qu’elle provoquerait, créerait un terrain favorable à la pullulation et à la propagation .colibacillaire. :

Qi l'infection ascendante du gonocoque est raie chez l'enfant, c’est pour les deux raisons suivantes :

C’est, d'une part parce que la cystite est exceptiornelle chez lui, la fréquence naturelle de ses mictions s'opposant en effet à la rétention vésicale, facter capital de l'infection.

D'autre part, c'est que, chez l'adulte, c’est l’'homm

qui présente des pyélonéphrites par voie ascendante. consécutives à une uréthrite. La femme est atteinie

exceptionnellement de pyélonéphrites gonococciques 8t, lorsque cela se produit, c'est la voie hématogène qui vraisemblablement est en cause.

On sait que, chez l'enfant, c’est la petite fille qui est touchée par le gonocoque. Il est naturel que, le cas échéant, elle se comporte comme la femme, c’està-dire ne fasse pas de pyélite ascendante. Elle ne fera pas davantage de pyélite par voie hématogène, pour la raison que nous avons exposée plus haut.

: Nous arrivons à cette conclusion : qu’il semble presque logique que les petites filles atteintes de vulvo-vaginites gonococciques ne fassent pas de pyélonéphrites.

- Elles existent pourtant, et la voie hématogène ne semble pas être la voie empruntée par le microbe.

: Il est donc logique d'admettre la voie ascendante. Et la question revient à ceci : quelle est la cause favorisante qui interviendrait dans certains cas pour permettre la localisation de l’ infection soupcoeque sur le bassinet et le rein ?

D. — ConNpiTIoN DE L'ACTION PATHOGÈNE

Il est vraisemblable d'admettre l'hypothèse d’une cause congénitale susceptible de provoquer une rétention d'urine, telle une anomalie vasculaire (Papin, Legueu) favorisant une coudure de l’uretère, ou une anomalie pyélo-urétérale qui amène également une hydronéphrose, puisque les causes de rétention ac-

be

en — wa œ DER joues

quises sont exceptionnelles chez l'enfant. On sait

d’ailleurs que pour l'adulte, nombreux sont les uro-

logistes qui admettent la rétention comme condition

indispensable à la production d’une pyélonéphrite

par voie ascendante.

Dans le cas qui nous occupe, l'hypothèse d’une hydronéphrose semble se vérifier, tant par l'examen du débit urinaire comparé des deux reins que par

l'examen radiographique du bassinet.

. IV. — TRAÎTEMENT Les moyens dont la thérapeutique dispose pour combattre la pyélonéphrite à gonocoques diffèrent peu de ceux qui se rapportent aux pyélonéphrites en général. :

[Is se résument actuellement à un traitement médical proprement dit et à un traitement biologique.

On y associe souvent un traitement urologique où

local.

Enfin, dans les cas graves, on à recours all traite-

ment chirurgical.

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