‹ A Propos d'un Kyste Multiloculaire de l'ÉpididymeChapitre 10 sur 17 · A0 CS · texte numérisé non relu

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kyste de l’épididyme comme une hydrocèle dans laquelle s’ouvre un cône efférent qui y verse les spermatozoïdes.

Cette hypothèse a été reconnue sans valeur après des discussions de PAGET et celles de GOSsE- LIN.

II. — James PAGET considère les tubes séminiferes capables, par simple voisinage, de communiquer aux kystes de l’épididyme le pouvoir de secréter des spermatozoïdes.

III. — GOSsELIN a émis une hypothèse plus intéressante encore. Pour lui, il y aurait traumatisme. Ce traumatisme aurait pour effet d'amener la rupture d’un cône avec épanchement de liquide, inflammation et formation d’adhérences.

Cette théorie a le mérite de tenir compte d’une notion retrouvée dans nombre d’observations : l’apparition du kyste, précédée par une violence. On relève cette violence dans un tiers des cas. Comme nous l'avons déjà fait remarquer dans le chapitre traitant de l’étiologie de cette affection, plusieurs auteurs citent des cas où les traumatismes génitaux ont occasionné des kystes de l’épididyme. Mais ïil faut reconnaître qu’il est de nombreux cas où la tumeur est apparue sans traumatisme. Cette hypothèse de GossELIN, si elle n’est

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pas rigoureusement prouvée, si elle ne suffit pas pour expliquer tous les cas, n’a cependant rien d’impossible et il peut bien y avoir des kystes qui reconnaissent cette pathogénie.

IV. — PoiRIER a soutenu une thèse séduisante basée sur une étude approfondie de l’anatomie normale et pathologique du testicule et de ses annexes et qui répond certainement à un grand nombre de cas.

Pour lui, il existerait souvent chez l’adulte, dans un tiers des cas, dit-il, dans le sillon qui sépare la tête de l’épididyme et le testicule, des petits kystes formés par un épanchement séreux contenu dans une logette limitée par des adhérences de la vaginale, Dans ces petits kystes vont s’ouvrir, pour peu que le kyste se développe un peu, un et parfois plusieurs des vasa efferentia, et cela par un mécanisme que POIRIER explique très bien : (Pathogénie des kystes de lépididyme - Revue de Chirurgie, 1890. T. X., page 861) « Bridé fortement par la tunique séreuse, le kyste apparu entre le testicule et l’épididyme ne peut se développer du côté de la vaginale, tandis qu’il trouve une voie facile dans le tissu lamelleux fort lâche répandu autour du vas efferens. Il repousse les vasa qui s’accolent à sa

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paroi et bientôt, un ou plusieurs étant détruits par cette compression, la communication s'établit ».

Dès ce moment, le kyste va croître et se peupler

de plus en plus de spermatozoïdes.

Mais ce kyste ne peut-il être formé par dilatation du vas lui-même ? « C’est possible, dit POIRIER, mais l’autre mécanisme est aussi possible puisqu'on voit parfois plusieurs vasa s’ouvrir dans le kyste. Même en admettant qu’ils proviennent de la dilatation d’un vas, il faut bien admettre qu’il y a eu ensuite ouverture des autres vasa dans le premier kyste suivant le mécanisme exposé ». De plus, il n’est pas probable que le point de départ au niveau d’un vas soit la règle. « En effet, prenez vingt épididymes sur lesquels vous aurez constaté l’existence de petits kystes, et tentez l’injection au mercure ou au bleu de Prusse, vous échouerez dix-neuf fois. Ne semble-t-il pas qu’il en serait tout autrement si ces kystes étaient développés aux dépens des conduits séminifères ? »

Sûrement, cette ingénieuse théorie est souvent vraie, elle laisse pourtant certainement à côté d’elle la place pour une autre théorie, celle qu’on admet le plus fréquemment en général et que nous allons exposer : la théorie wolfienne.

V. — CurLING et BrocA considèrent les kystes comme le résultat d’une dilatation d’un débris du corps de Wolff (canalicule de Follin, vaisseau aberrant de Haller, hydatite sessile de Morgagni, corps de Giraldès) en relation avec le tube épididymaire.

Cette pathogénie explique le développement de la tumeur à la suite d’une violence, l'absence de zoospermes dans les petits kystes peu exposés aux contusions et dans les grands, leur apparition après une première ponction qui avait permis de constater l’absence d’animalcules.

Voilà exposée une première théorie wolffienne, celle de CURLING et BrocA, auteurs invoquant le traumatisme comme cause déterminante de ces tumeurs ; elles seraient isolées des voies spermatiques normales et ce ne serait que secondairement que, par effraction, les spermatozoïdes s’épancheraient dans le kyste par le mécanisme que POIRIER a précisé.

VI. — Pour les autres — c’est là la théorie de VAUTRIN, de Nancy — les kystes seraient développés aux dépens d’un des restes du corps de Wolff, encore en communication avec les voies spermatiques. C serait une des deux lydatides ou un vas aberrans qui serait le point de départ du kyste. VAUTRIN fait intervenir des vaisseaux aberrants,

des diverticules dont le vas de Haller et le vas du rete demeurent les types les plus complets. Ce serait aux dépens de ces canaux borgnes que se développeraient les kystes spermatiques. Il est d’autres diverticules, inconstants d’ailleurs, et qui s’échelonnent non plus sur l’épididyme, mais sur le canal déférent jusqu’à l'orifice du trajet inguinal. La situation de ces diverticules explique très bien l'accès des animalcules dans la cavité kystique. Avec la plupart des théories, une déchirure de la paroi de la tumeur et des canaux du sperme est nécessaire pour permettre la confluence:

Avec l’hypothèse des diverticules, la communication persiste entre les voies d'évacuation et la poche kystique. Avec l’hypohèse de VAUTRIN, on peut expliquer ainsi la formation des kystes épididymaires : un des canaux borgnes qui existent parfois le long du cordon et dont la cavité communique avec les voies d’excrétion, se dilate et donne naissance au kyste spermatique. La structure de la paroi kystique vient, du reste, appuyer cette conception.

BARABAN a constaté sur une tumeur kystique extirpée par VAUTRIN, un épithélium cilié, une couche de fibres lisses, une zone de tissu conjonctif, tous éléments qui rappellent le canal épididymaire et ses canaux borgnes.

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B. — Kystes séreux

Pour VAUTRIN, ces kystes se développeraient au niveau de la séreuse qui prendrait, vers 50 à 60 ans, une sorte d’activité formative.

Pour POIRIER, les petits kystes de cette région seraient dûs à un enclavement de la séreuse : les espaces libres, circonscrits ‘par la coalescence incomplète des deux feuillets, pourraient donner naissance à des cavités volumineuses.

L'existence de ces kystes sous-épididymaires est admise sans conteste depuis longtemps. BRocA a publié une observation qui se réclame de cette origine : « La tumeur avait le volume d’un œuf et refoulait le testicule en bas et l’épididyme en haut ; elle présentait cinq ou six bosselures dues à la distension des parois ; elle était cloisonnée par un diaphragme ouvert en un point ; le liquide, citrin, ne renfermait pas de spermatozoïdes ».

DENUCE donne un fait analogue : « Le kyste adhère à l’albuginée et à l’épididyme. il est gros comme une noix, bosselé et contient un liquide visqueux sans animalcules, avec des globules rouges et des cristaux de cholestérine. Les parois sont épaisses, la cavité est cloisonnée par des travées fibreuses qui limitent des poches communiquant

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