‹ A Propos d'un Kyste Multiloculaire de l'ÉpididymeChapitre 17 sur 17 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Nous avons pris comme point initial de ce travail, l'observation suivante, due à l’obligeance de Monsieur le Professeur BINET et qui a fait l’objet d’une communication à la Société de Médecine de Nancy (Revue Médicale de l'Est. Juillet 1932).

« Les kystes multiloculaires de l’épididyme ne sont pas d'observation très fréquente, et leur pathogénie est encore discutée. Je verse donc au dossier des observations le cas suivant, recueilli dernièrement à l’hôpital Sédillot.

M. X..., 50 ans, Commandant d’infanterie, ancien colonial, présente, depuis 10 ans, une tumeur bilatérale des bourses qui s’est accrue très légèrement. En dernier lieu, elle avait, au niveau de chaque bourse, les dimensions du poing et elle se présenfait sous l’apparence d’une hydrocèle bilatérale transparente à la transillumination, de consistance nettement kystique. Seul, un aspect légèrement mamelonné différenciait les deux tumeurs kystiques d’hydrocèles banales.

L'étiologie de cette lésion indolente, mais gênante par son volume, demeurait obscure. On ne relevait aucun stigmate de syphilis chez le malade et la réaction de Wassermann était négative.

Le malade demandant à être débarrassé de ces tumeurs kystiques, je procède à l’intervention, le 2 Février 1932, suivant la technique habituellement employée dans les hydrocèles.

Après incision à la face antérieure du scrotum, j'extériorise facilement la tumeur Kkystique du côté droit. Elle est formée de cinq ou six kystes accolés l’un à l’autre, donnant, par leur juxtaposition, cette apparence mamelonnée précédemment notée. Il est très facile de détacher ces kystes au niveau du sillon épididymo-testiculaire de la glande génitale. On trouve là un plan de clivage qui permet d’extirper, en totalité et en un seul bloc, la masse polykystique. On a réalisé une épididymectonie sans avoir aperçu cet organe. L’hémostase ne donne lieu à aucune difficulté. On ferme la plaie opératoire par quelques crins et on procède à gauche à une intervention exactement semblable. Les suites opératoires n’ont été marquées par aucun incident. Les pièces enlevées sont confiées à MM. RouquiEr et DE BENEDETTI, qui ont bien voulu pratiquer l’examen anatomo-pathologique. Voici leur protocole d'examen : |

. « Kyste multiloculaire développé aux dépens de l’épididyme, qui a, dans la pièce macroscopique, complètement disparu.

L'examen d’un fragment de la paroi du kyste montre quelques tubes avec les cellules de la lignée séminale caractéristiques de l’épididyme normal.

A l’intérieur de certains de ces tubes se trouvent de nombreux spermatozoïdes. Les groupes cellulaires ne se retrouvent qu’en ce point de la paroi. Aiïlleurs, cette dernière est formée de tissu conjonctif dense, renfermant quelques fibres élastiques. La cavité kystique est limitée par une membrane élastique plissée, continue, non revêtue d’un endothelium, en contact immédiat avec la substance albumineuse anhiste qui forme le contenu du kyste. Cette membrane ressemble absolument à la limitante élastique interne d’une artère de gros calibre. IH semble que ce soit elle qui ait secrété le contenu du kyste lui-même.

Ces kystes de l’épididyme semblent, d’après les classiques, devoir être groupés en plusieurs caté- | gories :

1° Certains kystes multiloculaires, généralement de petit volume, se développent aux dépens de l’'épididyme lui-même. Ils renferment des spermatozoïdes. Leur contenu est un peu laiteux ;

20 D’autres se développent aux dépens de débris wolfiens. Ce sont des kystes qui représenteraient une certaine analogie avec les kystes wolfiens du ligament large, observés chez les femmes ;

3° Enfin, certains kystes naissent en réalité aux dépens du canal péritonéo-vaginal. Ce sont des kystes du cordon, qui s’insinuent entre le testicule et l’épididyme et refoulent les tubes épididymaires qui peuvent devenir microscopiquement méconnaissables. Ces kystes sont généralement uniloculaires. Ils renferment un liquide citrin analogue au liquide habituel de l’hydrocèle.

Chez notre malade, il est vraisemblable, malgré la présence de plusieurs loges kystiques, qu’il s'agissait de cétte dernière variété de kyste.

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