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sont abolis. L’hypersensibilité est très accentuée, on ne peut toucher le bras droit sans susciter des cris.
On pense alors à une encéphalite épidémique à forme algopériphérique et l’on soumet l’enfant au traitement salicylé intraveineux et à l’uroformine.
La température s'améliore, dans les deux ou trois jours qui suivent. Puis les symptômes méningés régressent dans la huitaine. Mais le bras gauche se paralyse à son tour six jours après. Cette fois d’ailleurs, sans abolition des réflexes et avec conservation des mouvements de la main et des doigts et de quelques-uns de ceux de l’avant-bras.
L'intelligence est parfaitement conservée et douze jours après l’enfant lit dans son lit. Mais les deux épaules sont complètement inertes et il ne remue la main gauche qu’avec peine.
Le diagnostic de poliomyélite est certain.
Vers le premier août, l’atrophie des masses musculaires de l’épaule droite et du bras droit est très marquée; celle du bras gauche beaucoup moins. L’amélioration, à dater de ce jour, est très lente.
Quelques petites recrudescences de température empêchent de soumettre le petit malade à l’examen électrique qui, pratiqué quelques jours plus tard, donne les résultats suivants: J
Lésions homologues aux deux membres supérieurs. Dégénérescence complète, contraction lente et inversion partant des muscles de l’épaule et du bras (biceps, triceps, deltoide, grand pectoral).
L'enfant reçoit alors tardivement, des applications de courants galvaniques.
Il est revu cinq mois après; on constate alors qu’il a
récupéré la presque totalité des mouvements du bras. Le deltoïde seul reste atrophié.
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OBSERVATION XII (D' VEILLET)
Enfant J.., dix ans, demeurant chemin Saint-Jacques.
C’est un garçonnet de robuste constitution n’ayant jamais connu la maladie.
Le deux août il passe par une période fébrile de deux jours sans autres signes cliniques.
Le troisième jour, il présénte une paralysie faciale de type central.
La température est de 40° au matin du troisième jour, il n’y a encore rien du côté des membres. L’enfant remue les membres et est très conscient; les pRDURE sont normales, il n’y a pas de Babinski.
Le soir même quadriplégie puis coma; respiration bulbaire quelques heures après. Il n’y a pas de symptômes méningés.
On pratique une ponction lombaire qui donne le résultat suivant:
LYMPOCYÉES DEN Enr e 3 GIUCOS CREME RARE Lee E ru 0.30 A TD ADI AS NE RAR EN En 0.40
Wassermann négatif.
Dans la nuit, l’enfant meurt.
OBSERVATION XIII (D' VEILLET)
Enfant P..., dix ans, demeurant chemin Saint-Jacques. Cet enfant est vu le quatre août, il présente alors une | température à 39°, de la raïideur de la nuque. On note aussi une paralysie accentuée du voile du palais, se traduisant par une voix nasonnée et le rejet par le nez des liquides déglutis.
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On remarque en outre l’existence de myoclonies, affectant surtout les membres supérieurs. L’interrogatoire révèle qu’on les a observées depuis trois ou quatre jours.
Quatre à cinq jours après, l’enfant ne peut se relever étant accroupi, Puis le sixième jour, il ne plus lever le bras gauche, puis le septième jour le bras droit. Enfin, à partir du dixième jour, il ne peut plus marcher.
Le diagnostic qui s'impose, le fait envoyer au radiologue. Il reçoit dix applications de rayons sur le rachis et ensuite dix séances d’électrothérapie. Il s'améliore alors rapidement.
Il est revu plusieurs mois après. On note alors une atrophie modérée de la racine des membres supérieurs et inférieurs, mais avec une activité fonctionnelle parfaite. Le pied droit est cependant légèrement projeté en dehors pendant la marche.
OBSERVATION XIV ‘(D' VEILLET)
Enfant X.…., sept ans.
Cet enfant, après deux jours de phénomènes fébriles, présente un peu de raideur de la nuque, quelques vomissements puis une paralysie flasque, avec abolition des réflexes tendineux, du bras et de l’avant-bras droit. Puis le lendemain, la paralysie atteint les muscles du tronc et il lui devient impossible de s’asseoir. La paralysie gagne alors la cuisse et la jambe, maïs sans troubles des réflexes de ce côté.
Cet état dure deux à trois jours. Puis la température descend et les paralysies entrent d'emblée dans une phase de régression. Sauf cependant celle du bras droit qui persiste encore au quinzième jour.
Le radiologue a fait dix applications de rayons sur la
colonne vertébrale et six séances d’électrothérapie du bras droit.
L'enfant, revu deux mois après, ne conserve qu’une gêne légère dans les mouvements d’abduction et d’élévation du bras droit; l’atrophie de la région deltoïdienne est minime.
OBSERVATION XV (D' VEILLET)
Enfant B..., vingt-et-un mois, demeurant quai Gauthey.
C’est un bébé bien portant, bel enfant élevé au sein, marchant depuis l’âge de treize mois.
Il présente depuis deux jours une légère Ent de température et a eu quelques vomissements.
Le matin même où les parents le présentent il est dans l'impossibilité de se tenir sur ses jambes et tombe chaque fois qu’on essaie de le mettre à terre. Il est incapable de faire un pas, même soutenu.
A l’examen, il ne présente aucun signe méningé ni aucun symptôme du côté du système nerveux qu’un Ba- . binski qui peut très bien n’être qu’un Babinski du jeune âge.
Dans les trois jours qui suivent, alors qu’on a demandé du sérum antipoliomyélitique de Pettit, l’enfant retrouve quelques mouvements.
A la fin de la première semaine, la station debout est possible et la guérison est complète au quinzième jour.
OBSERVATION XVI . (D' VEILLET)
Enfant Br, quinze mois, demeurant chemin des Sau-
les.
Cet enfant présente vers le milieu d’août, une période fébrile d’une dizaine de jours environ pendant laquelle le médecin qui le soigne pense à une angine. Puis les parents s'inquiètent du fait qu’il ne peut plus tenir son bibéron et ne remue plus les jambes.
On voit l’enfant le quarantième jour environ. Il présente une paraplégie flasque des membres inférieurs où aucun réflexe ne persite, et une paralysie du membre supérieur droit où les réflexes paraissent fortement diminués.
Un examen électrique montre des réactions de dégénérescence complète des muscles des membres inférieurs et du bras droit dont l’atrophie musculaire est d’ailleurs frappante.
On entreprend sans espoir un traitement radiothérapique. L’enfant est revu six mois après mais l’on ne constate aucune amélioration.
OBSERVATION XVII (D' VEILLET)
Le premier dimanche d’août 1929, on est appelé à Meursault auprès d’un garçonnet de douze ans, qui a de la fièvre, se plaint de maux de tête, se met à vomir et présente des phénomènes méningés nets: raideur de la nuque, Kernig; le tout s'étant rapidement installé.
Dans les quatre jours qui suivent, s'établit une paraplégie flasque des membres inférieurs. Il existe alors un Babinski bilatéral. Puis apparaît une paralysie du bras gauche, puis du bras droit et la quadriplégie se trouve constituée. l’intelligence est conservée, il n’existe aucun symptôme oculaire.
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En arrivant auprès du malade, on est frappé par l’attitude douloureuse de l'enfant et par un véritable cri hydrencéphalique.
Or, la situation est telle depuis huit à dix jours.
La ponction lombaire n’a donné aucun résultat: liquide clair, ni lyÿmphocytose, ni hyperalbuminose, ni hyperglycorachie, Wassermann négatif.
À l’exämen on note les signes de la paralysie flasque, l'abolition des réflexes tendineux partout sauf au bras gauche. Babinski bilatéral.
Les masses musculaires des membres deviennent à la moindre pression le siège de douleurs violentes. L’hypersensibilité est extrême, le moindre contact arrache des cris au malade. Les mouvements passifs sont rendus impossibles par suite des douleurs. Pour le faire reposer
la nuit, on est obligé d'employer la morphine et le gar- denal, à petites doses répétées.
L’atrophie musculaire est déjà marquée; la fièvre est persistante aux environs de 38°5.
L’éloignement de Dijon et les douleurs font que l’enfant ne peut être soumis au traitement radioélectrique avant le quarantième jour. D’aïlleurs la persistance de
la fièvre a fait pratiquer des injections de sérum de Pettit; tardivement, il est vrai.
Enfin du jour où l’on voit l’hyperthermie diminuer, c’est-à-dire du trentième au quarantième jour, l’enfant voit ses douleurs diminuer également puis, avec le début du traitement radioélectrique, elles disparaissent.
Cinq mois après l’enfant est revu. Il peut s’asseoir. Une jambe reste atrophiée et paralysée et un bras reste inerte, les deux autres membres étant considérablement améliorés.
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OBSERVATION XVIII (Dr VEILLET)
Enfant A, demeurant à Boncourt-le-Bois.
C’est une enfant de six ans qui, vers la fin de juillet, souffre d’un embarras digestif avec fièvre modérée, puis se plaint d’une douleur au cou de pied et qui enfin, lorsqu'elle veut marcher voit ses jambes se dérober sous elle. :
Vers le quatrième jour de la maladie, elle fait une crise de douleurs suraiguës au niveau du genou droit, sans gonflement de l’articulation. La jambe est demifléchie sur la cuisse et la moindre tentative de redressement passif provoque des cris. On traite l’enfant par le salicylate de soude. Au bout de trente jours environ, les douleurs disparaissent mais l’enfant ne peut guère étendre la jambe et ne peut s’appuyer dessus. On la voit à ce moment.
A l’examen, le genou ne présente aucune raideur, aucun empâtement, on peut très bien l’étendre mais en provoquant des douleurs vives au niveau des masses musculaires de la jambe. La marche est impossible éar l’enfant ne peut commander sa jambe droite ni s'appuyer dessus, elle fléchit. L’atrophie des muscles de la cuisse et de la jambe est très prononcée.
L'examen des réflexes de ce côté montre une abolition du rotulien et de l’achilléen, pas de Babinski. Le radiologue confirme le diagnostic de poliomyélite et l’enfant, qui habite ordinairement Paris, part se faire traiter dans cette ville.
OBSERVATION XIX (Dr VEILLET)
Enfant G.., demeurant rue des Princes-de-Condé. Cet enfant est pris un matin de vomissements, avec
ones
céphalée et fièvre. A l’examen, il présente une raideur de la nuque accentuée et du Kernig, mais les réflexes rotuliens sont presque inexistants.
Le lendemain, alors qu’on va faire la ponction lombaire, les symptômes s’amendent pour disparaître le troisième jour. Les réflexes rotuliens sont nets au huitième jour.
A quoi attribuer cette forme de méningite aiguë sinon à l’épidémie du moment? L’enfant vient de Meursault où il y a de nombreux cas.
OBSERVATION XX (Dr VEILLET)
Mlle F., âgée de seize ans, demeurant rue de la Corvée.
Le dix-neuf août, elle est prise de maux de tête violents, avec vertiges, vomissements et fièvre. Elle s’alite le 20 et on la voit ce jour-là.
Elle présente une raideur de la nuque accentuée, un Kernig marqué; les vomissements persistent, la constipation est opiniâtre.
Mais les signes méningés s’amendent le troisième jour et la température tombe. Elle conserve cependant pendant huit jours, des douleurs violentes, spontanées et occasionnées par les mouvements dans les masses musculaires du dos, dans les épaules et les bras.