OBSERVATION XXVI (D' FLORENTIN
René C.…, âgée de 17 mois.
Début de la maladie le 1° août et première visite le 2 septembre. Il n’a suivi aucun traitement, a eu une paraplégie.
Actuellement on constate une paralysie du membre inférieur droit avec abaissement de la température locale et atrophie musculaire.
Il lui est impossible de passer du décubitus dorsal à la station assise.
Il n’a pas été revu depuis.
OBSERVATION KXVII (D' GREMEAUX)
Enfant D.…, né le 30 avril 1925.
Enfant de constitution robuste, n’ayant présenté un an après sa naissance qu’une diarrhée grave dont il s’est remis lentement.
La maladie actuelle remonte au 10 novembre 1926, il a alors 18 mois. Il présente un peu de diarrhée qu’un régime alimentaire réduit suffit à faire cesser.
Le 13, très bien portant, il fait une promenade à pied assez longue, au cours de laquelle il ne manifeste aucune fatigue. Le 14 au réveil, il est grognon, il fait quelques pas puis refuse de marcher. La famille attribue ce fait à une courbature causée par la longue promenade de la veille. L’après-midi il marche dans la maison, tenu par la main, mais il préfère jouer assis,
Le 15. il se réveille de mauvaise humeur et refuse de se lever, il n’a pas de fièvre. L’après-midi on le cou-
che dans sa voiture pour lui faire faire une promenade, mais en renrant les parents constatent qu’il ne peut rester assis et que, mis à terre, ses jambes se dérobent -sous lui.
On voit l'enfant après le dîner et on constate une paralysie complète des deux membres inférieurs et des muscles du dos. Sa température est de 38°.
Le 16, les troubles paralytiques se sont accentuée et, de plus, une parésie du membre supérieur gauche se manifeste. :
Il s’agit, au niveau des membres inférieurs, d’une paralysie flasque, la tonicité musculaire est totalement abolie, les membres n’offrant aucune résistance et réalisent le type dit: « membres de polichinelle ». La sensibilité semble diminuée, les réflexes tendineux sont abolis.
Au niveau du dos, paralysie complète; l’enfant couché sur le dos ne peut s’asseoir et si on l’assied, il ne peut se tenir assis, et retombe allongé.
Le membre supérieur gauche n’est que parésié, Île membre supérieur droit est indemne.
La température est de 38°2.
Le diagnostic de poliomyélite s’impose et dans l’impossibilité de se procurer très rapidement du sérum antipoliomyélitique, on transporte l’enfant à Paris la nuit même.
Là on peut se procurer sept ampoules de 10 centimètres cubes de sérum antipoliomyélitique.
Avant midi est faite une première injection de 20 centimètres cubes par voie intra-arachnoïdienne; puis de 10 les 18, 19, 20, 21 et 22, soit au total soixante-dix centimètres cubes en six injections.
Les paralysies restent stationnaires.
Le 20, il semble que l’on aperçoit un léger mouvement volontaire du pied droit. Le 21, ce léger mouvement se confirme et progressivement les muscles extenseurs des
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orteils, droits et gauches, reprennent une tonicité relative. |
Pendant ce temps, l’état général s'améliore cependant, après chaque injection intrarachidienne, la température s’élève de 1/2 à 1 degré. Après la sixième injection, elle dépasse 39°.
L’appétit est conservé, l’enfant ést très calme et ne présente plus aucun trouble digestif. PE
Les paralysies régressent mais lentement. Après deux semaines d’observations on confie le malade au radiologue qui institue aussitôt un traitement électrique et radiothérapique.
A ce moment, quatorze jours après la chute de la température, l'examen clinique révèle de la parésie du bras gauche, de la paralysie des muscles du dos et des deux membres inférieurs à l’exception des extenseurs des orteils.
L’examen électrique montre l’inexcitabilité absofue au courant faradique des muscles du dos et des deux membres inférieurs. Le membre supérieur gauche présente de l’hypoexcitabilité. Au courant galvanique, hypoexcitabilité de tous ces muscles. Pas d’inversion polaire, pas de lenteurs de la secousse.
Le traitement est commencé le jour même, il est triple : galvanique, diathermique et radiothérapique par séances quotidiennes groupées par huit. Chaque groupe étant séparé du suivant par un intervalle de trois à quatre semaines. Plusieurs groupes et le dernier n’ont comporté que quatre séances complètes, les autres étant faites sans radiothérapie et de façon discontinue.
Le courant galvanique est appliqué à l’aide d’une électrode sur la partie inférieure de chaque péronier; il est continu cinq minutes, rythmé avec inversion dix minutes, puis appliqué sur le dos et la jambe gauche. Les intensités varient de 12 à 30 mA.
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Pour le courant diathermique une plaque métallique
large est appliquée sur la partie supérieure du dos et une autre sous la plante des pieds. Durée 10 minutes, intensité 50 à 600 m., A.
Les applications radiothérapiques portent sur la moelle épinière, en incidence oblique droite et gauche et sur les segments dorsaux et lombaires; donc quatre champs: localisateur 12 centimètres de diamètre. Filtre 1/2 Zn + 1 AP EE 35 centimètres I 3 mA. A 40 centimètres, durée de chaque séance, trentes minutes. Dose, 450 R. Soit au total 2.250 R par champs et 9.000 R en tout.
Après le premier groupe de huit séances, il ne survient aucun changement appréciable. L'enfant est assez fatigué et mis au repos pendant trois semaines.
Il revient le 10 janvier pour reprendre son traitement mais on constate alors qu’il se tient bien assis, peut remuer les cuisses et les jambes et relever un peu le pied droit. Les mouvements des orteils sont plus nets.
Au point de vue électrique, les réactions galvaniques s’amplifient légèrent. Le courant fardique ne détermine des contractions que sur les muscles des cuisses et d’une façon à peine perceptible.
Huit nouvelles séances sont faites du 8 au 18 janvier.
Puis après trois semaines de repos, il revient encore le 9 février pour sa troisième série, mais le progrès est tellement sensible que le nombre de huit séances est réduit de moitié. En effet, l’enfant commence à pouvoir marcher, soutenu par les mains.
Les réactions électriques, surtout au point de vue galvanique, s’améliorent tout doucement; au faradique, il y a peu de progrès. à
Du 19 février au 4 juin, on poursuit le traitement, mais d’une façon intermittente.
Le 25 juin, l’enfant a récupéré la totalité de ses mou-
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vements; il marche, court, saute et il est impossible de s’apercevoir qu’il a été paralysé.
Au point de vue électrique, il existe une hypoexcitabilité galvanique dans le domaine du SPE droit. Sur ce groupe musculaire, les réactions au faradique sont encore trop faibles.
L’enfant fut ensuite soumis pendant plus d'un an à des applications de courant faradique (jusque là absolument mis de côté).
Revu en décembre 1929, il était vigoureux, bien constitué et sans une trace des paralysies antérieures.