‹ À propos de deux cas d'intoxication saturnine hydrique à ParisChapitre 14 sur 17 · À # SAS · texte numérisé non relu

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M, L... 38 ans, dessinateur inéustriel, ne présente pas d’antécédent pathologique, si ce n’est quelques troubles digestifs depuis deux ans.

Le 12 mai 1952, dans la nuit. apparition d’un brusque syndrome abdominal s les douleurs s’accompagnent de nausées et d’une constipation opiniôtre qui se prolonge une semaine alors que les phénomènes douloureux satténuent en trois jours après être passés par des altemmatives de paroxysmes et de calme relatif, Ce n’est qu'ultérieurement que l’on pensera qu’il avait dû s’agit d’une colique de plomb.

. Quinze jours plus tard spparaissent Les premiers signes d’une paralysie des extenseurs des doigts type Remak, qui atteint progressivement les quatre doigts de la main droite, puis, brusquemnt, les quatre doigts de la maïn gauche ,

En juin : coproporphyrie : 1200 ÿ ./litre

En septembre, l’examen électrique (Dr. Stronger). montre :

dégénérescence partielle forte dans les muscles innervés par le radial à partir du long suüpinateur et des radiaux qui sont vifs à droite.

Dégénérescence moins accusée, mais très nette sur les mêmes muscles du côté geuche.

Dégénérescence partielle accusée sur les muscles innervés par le médian aux deux mains.

Le territoire du cubital est normal à droite (climelyse normale) l’éminence gauche est plutôt lente,

Le 10 décembre:, le malade est hospitalisé en vue d’un bilan complet dans le service du Dr. WORIS , hôpital Lariboisière : |

Te le tableau clinique se résume à une para

lysie anti-brachiale bilatérale mais prédominant à droite 3:

l'atteinte de l’extension de la main et de la première phalange des doigts. !

l'atteinte de l'extension et de l’abäduction au pouce

= l’intégrité du long supineteur,

authentifient la paralysie radiale du type radis culaire. Mais il existe de surcroît une atteinte des muscles de l’éminence thénar qui sont hypotoniques et atrophicues,

L'opposition du pouce est très diminuée, tandis que l’adduction ne paraît pas touchée.

Bref, le territoire du nerf médian est également intéressé,

Le reste de l'examen clinique est négatif, k Les examens complémentaires donnent :

urée sanguine 50,40 g. À culot urinaire : normal | ‘| Créatininurie : 1,15 g./litre ; P.S.P. : 60% en 70 minutes ; : CR

Epreuves de dilution-concentration : normales ; l Réactions sérologiques de la syphilis (seng et :

.C.R.) : négatives. Ë L.C.R. : albumine : 0,20 3 dl

éléments : 1,2 1 ben,join colloïdal : négatif, Vision : champs visuels, fonds d'oeil : normaux,

E.E,.G. 3 tracé très discrètement anormal du fait ; de l’abondence des rythmes rapides généralisése #

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En février 1953 , le sujet pouvait s'alimenter seul et s’habiller lentement, mais était encore incapable de reprendre son travail, |

Un examen systématique montra un satumisme latent chez Mme. L... qui ne se plaignait que de petits troubles digestifs avec lassitude depuis plusieurs mois, mais dont les examens complémentaires sont évocateurs 3: |

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Les recherches étiologicues de cette double intoxication emenèrent les médecins à découvrir que le fil de terre d’un appareil de T.S.Fr. venant dé l’anti-parasite, était fixé au tuyau de plomb de la conduite d’eau.

. M.L.... vVérifia lui-même qu’il y passait 35 mA sous 55 volts de tension en altematif. À ce moment 1à, l’eau contenait 0,875 mg. de plomb au litre,

D'autres dosages effectués à plusieurs reprises après débranchement, et même après stagnation prolongée de 24 heures de l’eau, n?y ont jamais décelé plus de ©C,2 mg. de plomb,

M.M. DESOILLE et ALBAHANY concluent de cette observation que le rôle de l'installation électrique a vraisemblablement favorisé la dissolution du plomb dans l’eau par ure sorte de mécanisme électrolytique et remarquent d’autre part :

- que les signes cliniques du saturmisme n’évoluent pas en corrélation régulière avec les perturbations biologiques (cas de lime, L...)

- que les signes biologiques sont eux-mêmes fré=

: quemment dissociés 3; la présence d’hématies ponctuées et un chiffre élevé de protoporphyrine libre des globules rouges sont les témoignages les plus sûrs, et les plus fréquents de l’intoxication plombique.

ne.

— HECAPTTULAITON —

- Nous avons essayé de montrer dans cette étude que Ll’intoxication par le plomb Ges tuyaux de canalisation d’eau n'est pas un problème sans intérêt à Paris,

Notre étude historique a voulu mettre

en évidence l’attention croissante que les médecins por-

tèrent au saturnisme hydrique, et la méconnaissance du saturnisme hydrique latent à Paris.

Nous avons essayé de montrer alors que beaucoup des causes de cette intoxication qui ont été accusées jusqu’à maintenant, peuvent être réalisées à Paris. Les formes sont moins volontiers aussi importan= tes, qu'à la campagne ou dans les régions à eaux 8sressives, ce qui explique leur méconnaissance.

Les cas que nous rapportons viennent prouver la réalité des faits avancés :

a) l’observation de M. Gese 5e présentent comme un anémique, et chez lequel l?examen systématique cécouvrit une paralysie radiale , à vrai ire si fruste que le malade n'avait attaché que peu d'importance à ce qu’il pensait être une maladresse consécutive à sa faiblesse générale - mais qui amene au diagnostic.

Sa compagne présentait un saturnisme cliniquement muet, et diegnostiqué par les

exznens de laboratoire pratiqués systématiquement e *

h) l'observation de M, Lscee ayant un tableau clinique plus évocateur et dont l’étiologie de 1'intoxication fut l’action de micro-courants électriques sur Sa canalisation d'eau . 5a compagne présentait de même un saturmisme infra-clinique.

ai l'existence du satumisme hydrique à Paris nous semble sûre, la difficulté d'en poser le diagnostic nous paraît importante. Cette difficulté est clinicue, de laboratoire et. étiolosique a) cliniquement: nous avons vu la multinlicité des formes 3:

- pauci-symptomatiques et générelement méconnues (hypertension, céphalées, légère anénie, troubles de croissance, &roubles digestifs) souvent en repport avec une réceptivité peu importante du sujet.

… abdominales aiîgües, pouvant amener à 1°intervention chirurgicale,

- nerveuses, très variées, n’étant pas toujours la classique paralysie radiale respectant le long supinateur,

b) de lahorazïcire + les examens complémentaires ont trouvé toute leur importance du fait de la difficulté de se fier à la clinique seule.

Mais si des examens de laboratoires sont actuellement multiples, ils ne sont pas tous de même valeur, ne sont pas toujours faciles à pratiquer et sont souvent äissociés,

Nous n'avons pas à discuter un tel sujet 3; mais insistons sur l'importance qu’il y a à demander le plus grand nombre possible d’examens. avant d'affimer ou d’infirmer un diagnos-

tic de saturmisme hydrique.

c) étiglogique enfin , car le diagnostic étant fait, en trouver la cause n’est pas toujours aisé.

. On pensera d’abord à l'intoxication professionnelle et aux étiologies ciassiques. Trop peu souvent, à Paris, on pensera à doser le piomb dans l'eau d'usage alimentaire.

En résumé . nous avons présenté deux cas de saturnisme hydrique simultanément dans le service de M. le Docteur WORIS à l'hôpital Lariboisière, et à ce: propos, nous avons été amenés à retenir deux points

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