RAPPEL HISTORIQUE
C'est Rayer qui eut le mérite de fixer l'attention des médecins sur la coexistence de l’albuminurie et d’œdèmes avec la grossesse. I] montra, le premier, les rapports de dépendance qui unissent l’albuminurie au « gravidisme » ; il signala sa fréquence relative et son influence sur la santé de la mère et le développement du fœtus.
« I] reste à faire beaucoup de recherches, disait Rayer dans le chapitre qu’il consacre à la néphrite albumineuse dans son Traité des Maladies du Rein, sur cette coïncidence ou cette complication.
« Tout ce que je puis dire ici, c’est que la néphrite albumineuse qui se déclare dans les derniers mois de la grossesse est beaucoup moins grave que celle qui a précédé la conception, qui persiste pendant la grossesse ou qui se déclare dans les premiers mois de la gestation. »
Mais Rayer, malgré cette distinction entre l’albuminurie des derniers mois et celle des premiers, et leur différence évolutive et pronostique, admettait dans l’une comme dans l’autre une véritable lésion des reins.
La thèse de Blot (1849) réagit contre ces idées et distingue l’albuminurie gravidique, qui existe sans lé-
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sion organique et guérit rapidement, de la néphrite albumineuse.
Vinay, dans son Traité des Maladies de la Grossesse et des Suites de Couches (1894), publie un remarquable travail d'ensemble de la question dans son chapitre: Albuminurie, où, après l’étude de l’albuminurie gravidique, il fait un exposé complet et détaillé de la néphrite chronique en rapport avec la gestation, indique sa pathogéne, rassemble les éléments de probabilité du difficile problème de diagnostic, pose le pronostic tant fœtal que maternel et enfin énonce les indications thérapeutiques d’une façon telle, qu'à quelques différences nosologiques près, et compte tenu des procédés d'investigation mis en œuvre ultérieurement, le cadre qu'il a tracé paraît superposable aux travaux les plus récents.
Dans sa thèse, Mathieu (Paris 1924) classe les observations qu'il rapporte d’après les grands syndromes de Widal et, parmi eux, note la gravité toute particulière de l'hypertension. |
C'est également le plan que suit M” Grand (Thèse Paris, 1934) pour les quarante-deux observations qu'elle a recueillies de 1924 à 1934, Dans son travail, auquel nous nous sommes reporté tout au long de notre étude, elle indique certains éléments de certitude de diagnostic, par ailleurs si souvent difficile, d’avec les néphropathies gravidiques.
Celles-ci ont été particulièrement bien étudiées, à
plusieurs reprises, à Lyon par MM. Voron et Pigeaud, qui ont montré l'importance qu’il y avait à les disso-