‹ A propos de deux observations de néphrite chronique mortelle au cours de la puerpéralitéChapitre 8 sur 31 · ELEMENTS DE DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

ELEMENTS DE DIAGNOSTIC

Le diagnostic de néphrite chronique est difficile au cours de la gestation.

En effet, si quelquefois l’étiologie le rend vraisemblable par l’anamnèse d’antécédents rénaux tels que : néphrites aiguës, hypertension, albuminurie, suppuration rénale ou hématurie, tous les auteurs constatent la fréquence des cas où toute étiologie fait défaut.

Rendent plus ardu le problème, s’il est possible, les accidents antérieurs de toxémie gravidique tels que les néphropathies, qui posent le problème de la distinction entre les formes récidivantes et celles qui se transforment en d’authentiques néphrites chroniques.

C'est, par contre, la symptomatologie qui va permettre de déceler certains éléments de certitude du diagnostic et surtout l’apparition des symptômes au cours de la gestation

— Constatation, pendant la gestation, de symptômes de la série rénale à une époque où les néphropathies gravidiques n’en donnent pas encore.

—— Tension artérielle élevée avec hypertrophie du ventricule gauche ou signes de défaillance cardiaque.

— Augmentation de l’urée sanguine alors que, habituellement, la femme enceinte présente une hypoazotémie, et que les néphropathies ne modifient que fort peu le taux d’urée du sang.

Log

— Anémie brightique, augmentation de la diurèse que l’on voit s'élever jusqu’à 1.900 et même 2.200 cc. d'urine pâle, de densité inférieure à la normale.

Il n’en est pas de même d’autres signes, comme la présence de cylindres dans les urines, ou l'existence d’une rétinite ; les deux, pouvant se rencontrer aussi bien dans les néphropathies gravidiques, on ne peut les invoquer, sauf dans certains cas que nous aurons à préciser plus loin, en faveur d’une néphrite chronique.

Il nous reste à parler des cas où le diagnostic de néphrite chronique a été fait avant la gestation en cours.

Il est très rare que ce soit le cas avant la puerpéralité ; soit que la néphrite, à cause de la jeunesse de la femme, n'ait encore qu’une existence plus ou moins latente, soit, comme le dit Vinay, « qu’un certain nombre de néphrites, plus fréquentes peut-être qu’on ne pense, ne manifestent souvent leur existence qu’à l'occasion d’une circonstance fortuite comme la gestation ».

Et, en effet, il est fréquent, par contre, que les symptômes aient fait leur apparition au cours des grossesses antérieures. Îls revêtent alors une importance considérable. Nous en parlerons plus longuement au chapitre de l'Action de la Grossesse sur la Néphrite.

En résumé, le diagnostic étiologique est souvent impossible, étant donné la fréquence toute relative d'antécédents rénaux.

Le diagnostic différentiel avec la néphropathie gravidique repose moins sur les différences des symptô-

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