CONCLUSIONS
Il résulte des conflits d'opinion, des concours d'observations et d'expériences suscités par l’arse- nic, que cet agent thérapeutique est un des mieux étudiés. Il a pris un intérêt tout à lait particulier depuis la découverte de son action dans Îles affections spirillaires, et particulièrement dans la syphilis,
L’atoxyl, le premier expérimenté contre le spirille de Schaudinn, fit preuve d’une activité incontestable, mais aussi d’une toxicité grave.
Il fut le point de départ de recherches qui aboutirent d’une part à l’hectine de Mouneyrat, et de l'autre à l’arsenobenzol d'Ehrlich ou salvarsan.
L'hectine est d’une bonne activité et est très maniable, mais elle parut trop peu de temps avant l’arsenobenzol, vers lequel se porta toute l’attention.
Le salvarsan fut injecté sous la peau, dans les museles, dans les veines; ce dernier mode prévalut avec les solutions hyperalcalines.
Les préliminaires de l'injection étaient longs et minutieux. Il convenait de traiter la solution, de réaction acide, par la soude et de l'étendre dans le sérum artificiel pour lui donner l’alcalinité et la concentration moléculaire du sang.
Les appareils à injecter les plus simples se composèrent d’un ballon ou d’une ampoule de verre, d’un tube de caoutchouc avec des regards de verre, et d’un embout sur lequel s’adaptait l’aisuille.
Puis Ehrlich donna à l’arsenobenzol une forme plus parfaite dans le néosalvarsan, qui permit d’heureuses modifications dans la technique.
Avec le néosalvarsan, poudre très soluble, alcaline, la sonde devient inutile.
1 restait la question du sérum, dont le chlorure de sodium avait été suspecté. On le remplaça par l’eau distillée stérilisée à raison de 150 ou 100 centimétres cubes pour une injection. Une pareille quantité d'eau pure produisait des hémolyses dangereuses.
M. Ravaut est arrivé à déterminer que les dissolutions des doses de 30 à 90 centigrammes de néosalvarsan dans 10 centimètres cubes d’eau étaient isotoniques par elles-mêmes. Et de ce fait il réduisait à rien le rôle nocif des impuretés microbiennes ou chimiques de l’eau, qu'on avait rendues coupables de beaucoup d'accidents. M. Ravaut a aussi
démontré que l’eau distillée depuis plusieurs mois et conservée dans du verre ordinaire pouvait être utilisée. La solution s’injecte aussi simplement que possible, avec une seringue en verre. Le temps des manipulations ne dépasse pas une minute et demie.
Avec cette technique, débarrassée de tous les a-côté défectueux pouvant déformer les résultats, on observe des réactions d’une régularité presque mathématique, qui ont permis de poser nettement les principes de l’application et de la direction du traitement de la syphilis par la méthode d’Ehrlich.