V. K. FRANTZ qui se préoccupe du pronostic de 130 opérées
D. Lewis et W. F. RIENHOFF qui, sur 573 cas du John Hopkins Hospital, voient après 10 ans, se répartir les survivantes en nombre croissant avec l’avance de l’âge;
S. WyaRD qui, se basant sur une large statistique du Cancer Hospital (S. W.), déclare dans le Lancet que l’âge ne joue pas de rôle.
Nous avons alors réuni le matériel de ces auteurs en désaccord, curieux de connaître la réponse que nous donnera un nombre de cas plus grand:
— — ———————————- Age ET | 29-29 | 30-39 | 40-49 | 50-59 | 60-69 | 70-90 | Total
Nombre de cas ..| -32 295 734 683 416 160 2380
Survivantes après 10 ans (%) ...| 31,2 18,0 21,5 19,3 20,2 32,5
Après 10 ans c’est donc les toutes jeunes et les toutes vieilles qui semblent résister le mieux. Elles comptent une trentaine de survivantes sur cent cas. Mais les autres groupes en comptant une vingtaine, la différence est par conséquent faible.
Pour obtenir une vue d'ensemble, nous avons réuni en trois groupes d’âge les survivantes après 3, 5 et 10 ans:
Survivantes après 3 an: | HR. 48,5%
Survivantes après 5 &
Survivantes après 10 ans
L'enseignement qui se dégage de ces résultats, portant sur plus de 10.000 observations, nous parait clair: comme le pourcentage des survivantes dénombrées est presque identique dans chaque groupe, cela signifie que l’âge ne joue pas de rôle dans la mortalité due au carcinome et qu'il n'intervient pas dans sa malignité.
Une autre manière de voir a été adoptée par I. T. NATHANSON et C. E. WELCH, dans leurs recherches sur la malignité de différents cancers. Ils apprécient le nombre de leurs survivants en fonction de la mortalité ordinaire. Ils établissent alors le rapport entre le pourcentage des patients encore en vie et le pourcentage de ceux, du même âge, qui, dans des conditions normales, devaient rester vivants après un même délai.
A leur exemple, nous avons établi le rapport entre nos résullals pour 3 groupes d'âge et le nombre de survivantes normalement prévues après 3, 5 et 10 ans par les tables de mortalité de la population suisse 1939/44, calculé par le bureau cantonal Zurichois des statistiques. On voit ainsi que le pourcentage des ‘ancéreuses varie peu, alors que celui de la population normale s’abaisse très nettement dans le groupe le plus âgé, davantage exposé aux différentes causes de mortalité. Le rapport augmente donc avec l’âge, puisque le dénominateur diminue:
Après 3 ans
NS ER Side cn à Gi etat 20-39 40-59 60-90 Survivantes en % (cancer du sein) p153 49,1 48,5 Survivantes en % (mortalite normale) ee nn 99,1 97,7 84,9 RAD DORE RER Re che ne | il 50,2 57,0 Après 5 ans
Survivantes en % (cancer du sein)
Après 10 ans
Survivantes en % (cancer du sein) 44,9 47,5 42,2 Survivantes en %
imortalitéesmormale) eee 98,5 95,8 73,8 PADDORL Re co eee] 45,5 49,5 5701
Survivantes en % (mortalité normale)
Rapport
First group 20-39 years Ai
10 years mis fe
Second group 40-50 years
10 years
Nous avons pensé qu’il pouvait être intéressant de représenter
en graphiques les résultats des trois catégories envisagées:
©... normal t Pre hird grou | .. group 60-90 uears cancer of the breast nee) 10 years
Il est frappant de constater que la courbe des malades reste, à peu de choses près, identique dans les trois groupes, mais que celle de la population normale s’abaisse visiblement dans le groupe le plus âgé. Est-ce à dire que chez les aînées, le cancer du sein voit sa malignité réduite parce que la mortalité produite est plus proche de la mortalité ordinaire? Est-il vraiment permis d'établir un rapport entre les deux courbes et d’en tirer des conclusions sur le caractère de la tumeur? Nous ne le croyons pas et nous pensons plutôt, que le cancer du sein évolue indépendamment de l’âge et que, à cause vraisemblablement de sa gravité, son cours est peu influencé par d’autres circonstances. Cette impression se dégage d’ailleurs aussi des résultats des cas non traités, qui meurent très probablement tous de leur carcinome et non pas des causes de mortalité ordinaire. Or là, de même, comme nous l’avons vu, l’âge ne joue aucun rôle dans la durée de la survie.
La distance qui sépare les deux courbes de nos graphiques ne représente donc pas la malignité de la tumeur, mais bien plutôt le drame qu’elle détermine. Chez les vieilles, elle enlève peu de vie; chez les jeunes, elle peut supprimer presque toute l’existence. C’est peut-être cette malignité «sociale» qui a fait croire aux cliniciens que le vieillissement rend le carcinome moins redoutable. «L'opinion généralement répandue, que le cancer du sein évolue avec plus de malignité chez les jeunes que chez les vieux est certainement due, en grande partie, à ce que les cas par mort rapide chez les jeunes femmes impressionnent le médecin plus profondément et plus durablement.» (SCHINZ et BOTSZTEJN.)