‹ À propos de la séparation des églises & de l'étatChapitre 14 sur 78 · LA IV · texte numérisé non relu

LA IV

J'espère que ces journaux, quelque qualifiés qu’ils soient pour interpréter la pensée pontificale, se trompent cependant ; je veux croire que par delà le tapage assourdissant des bandes d’exaltés, Pie X saura deviner la France qui pense et qui travaille, celle qui croirait lui faire injure par la simple supposition que des lèvres infailhbles puissent tomber d’autres paroles que des paroles de paix.

Le Parlement a voulu faire une loi de liberté et d'indépendance. Qu'il ait réussi, c’est ce que prouve la façon calme et souvent joyeuse dont elle a été acceptée par les Protestants et les Israélites (1). La lutte contrela

savant, m'écrivait ces jJours-ci : « En voyant Pie X condamner et annuler, de sa pleine puissancé, la loi de séparation, je me suis rappelé qu'Innocent IT avait condamné la Grande Charte d’Angleterre, L’anathème a porté bonheur à celle-ci. Il ne faudra pas si longtemps pour s’apercevoir que la séparation était chose viable, légitime et nécessaire. »

Ces lignes m'ont suggéré l’idée de joindre à l’Appendice l’anathème d’Innocent IT, on pourra ainsi le comparer avec la condamnation fulminée par Pie X, et étudier le parallélisme des deux documents (V. Appendice, doc. XI).

(1) La loi nouvelle atteint bien plus durementles

loi ne prouverait qu’une chose, c’est que l’Eglise ne peut pas se contenter du même traitement que les autres cultes, et qu’elle est inapte à accepter un régime de liberté.

Si la bulle Vehementer nos devait être autre chose qu’une déclaration de principes théoriques, si, devenant l’exposé des prétentions pratiques du Siège apostolique, elle devait être accompagnée de l’ordre de mobilisation des forces catholiques, en révolte contre une loi régulièrement votée, alors l’AIlemagne et l’Angleterrecommeles États-Unis,

la Hollande comme la Suède, tous les pays

protestants que les catholiques, parce que les premiers n'ont qu'une organisation rudimentaire, et que les fidèles n’ont pas déjà l'habitude des frais de culte sous forme de casuel, Dans le protestantisme, il n’y a rien quiéquivaille aux honoraires de messe, et la situation des pasteurs est d'autant plus grave qu'ils ont en général de nombreuses familles. Quand les catholiques disent que les traitements versés par l'État au clergé sont une dette nationale contractée par la suppression des biens ecclésiastiques sous la Révolution, et à laquelle les protestant n'auraient aucun droit, ils oublient les démolitions de temples et les confiscations de biens exécutées au moment de la Révocation de l'Édit de Nantes.

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