A propos de Paris [microform]
Aujourd'hui la paix se niontiv partout comme un vénérable idéal. Los gouvernants et les peuples '" nmdent des hommages fréquents. Mais la méfiance mternationale subsiste, et l'on s'arme -le plus en plus, quoiqu'on déclare no le faire qu'en vue de la i)aix, sans toutefois nous .lélivrer de la Suerre, dont l'abolition e.st indispensable pour «tirj.er la misère qui oprimo encore tant de gens
Pareille situation ne pourra vraiment finir jnsqu a ce que l'apostolat de la ville universelle n'obtienne que les ouvriers spirituels des divers pavs sachent les unifier dans la religion altruiste C'est l-ar ce haut hen doctrinaire que la [pleine harmo- »>o internationale deviendra une réalité inébranlable. Alors toutes les patries concourront, en gêné-
reuse éinuh\tion, au service suprême de l'Humanité, remplissant leur mission normale sous l'influence^ sacrée de Paris.
Juan Knkique LAGAKuifiUE
(rue San Isidro 75) lié, à Valparaisn, le 28 Janvier I8.V2.
Santiago (ht Chili, le -^2 (rntenhevff .îô'. (2 Septembre lî)12)
Lettre à M. Pierre Ijoti
Très honoré Monsieur:
J'ai lu avec émotion, [)armi les télégrannnes de \\\ presse de Santiago, la bonne nouvelle du généreux article ([ue vous avez publié dans le Figaro de Paris. Il me semble que dans ce grave moment votre noble plume a été l'éloquent organe du vrai esprit de la France. En effet, le fond de Tàme ih cet illustre pays est formé d'un haut sentiment «It^ justice et d'une ardente passi<>n pour la fraternité universelle.
C'est, sans doute, de votre grande patrie que doit sortir l'éternelle concorde des peuples. Dan< sa glorieuse capitale fut élaborée la Religion He l'Humanité, pour consolider à jamais la sainte communion des âmes. Et l'incomparable ville qui représente lumineusement la nation française, est aussi le centre spirituel de notre [)lanète.
Je vous écris dans le cinquième centenaire de la naissance de Jeanne d'Ai'c. Cette héroïque vierge ouvrit la voie à la constitution de' l'éminentc nationalité d'où devait enfin éclore la foi altruiste, par la sublime union de Comte et de Clutilde. Puissiez-vous, M. Loti, vous consacrer de tout cœur au triomphe de la doctrine suprême!
Salutations cordiales et respectueuses.
Juan Enkiqie LagarrigUk.
(rue San Isidro, 75)
Santiago du Chili, le G Moïse .O.V (G Janvier 1912)
Lettre à M. le Directeur du Figaro
Mon
sieur:
J'ai lu, dans le Figaro, le généreux manifeste 'le M. Pierre Loti, à propos de la guerre Italo-Tur- <iue. On ne saurait méconnaître qu'il a raison de 11^' pas tenir, dans ce cas, pour glorieuse la conduite <!<' l'illustre patrie de Dante. C'est, sans doute, un <levoir pour tous les peuples de concourir au proies hutnain, que la guerre ne peut aujourd'hui <iue contrarier.
Tl semble incroyable que pour résoudre les questions internationales on fasse encore intervenir la violence. On met ainsi des obstacles à la civilisation normale. En vain invoquerait-on à cet égard
le patriolisirie, car celui-ci ne consiste déjà qu'à faire liautcment coopérer nos pays respectifs à l'haruionie universelle.
Certes, il n'y a plus d'autre vrai civisme qu'aspirer k la gloire de la patrie dans l'Humanité. Et c'est à Paris qu'appartient la grande mission de généraliser ce nouvel esprit national. Puisse la ni*' tropole terrestre ne pas tarder à l'accompli i!
Salut et Fraternité
Juan Enkique LàGARiaouK.
(nie yan lyiiiro, 75)
SantKKjo (ht C/iili, Je lu Aristofe ùS. (11 Mars 1912).
Lettre à M. Léon de Montesquioii
Très honoré Monsieur:
Je viens de lire, dans r Action franraiso du O Mai, votre allocution «^Biologie et Sociologie:» Vous y faites très bien la distinction entre ces deux sciences, d'après Auguste Comte. Mais, à {)ropos de sa grande hiérarchie, vous ne nommez pas la Morale qui est la plus haute des sciences et qui les résume toutes, transformant même le savoir en conduite.
D'autre part, vous soutenez, Monsieur, que le remède à l'actnelle anarchie de France, c'est le
Koi. En pensant ainsi vous vous méprenez sans doute. Au fond, ce qu'il importe c'est d'en appeler à la Religion de l'Humanité, afin de constituer l'opinion publique normale.
Selon la Sociologie, les peuples ne sont pas pour les rois, mais les rois pour les peuples. Or, le moment est venu, plus que pour toute autre, pour la jiadon directrice de la planète, d'affermir, à l'aide du positivisme, l'ordre répubhcain. Là on ne verra que des sociocrates dans les diverses fonctions de l'organisme national, restant éliminé, pour l'amour <le la patrie, tout privilège.
Salut et Fraternité,
JuAN' Enkiql'e Lagarkigue.
(rue San Jsidrç, 75).
Sa Ma<jo de Chile. le (1 Charlemagne 58.
(22 Juin 1912).
Lettre à M. Maurice Barrés
Très honoré et cher Monsieur:
Je vais vous visiter dans cette lettre pour vous soumettre une idée qui me liante comme un bel ^-'spoir. C'est de voir couronné votre noble esprit traditionaliste par la sublime conception de l'avenir due à Auguste Comte. Quelle haute mission n'accompliriez-vous pas alors!
Jamais, ce me semble, on n'avait vu de situation plus grave que raetuelle. Lo presti^^e des antiques croyances est annihilé et l'on marche au hasard en pleine rui)ture avec le passé. Il faut donc rétablir le sens de la tradition, bien qu'intimement lié avec le sens du progrès normal.
C'est ce que fait la Religion de THumanité. Depuis trente ans je la soutiens au Chili, ma ])atrie. Mais la doctrine suprême avance ici lentement parce qu'on est en attente de l'apostolat triomphal de la métropole universelle.
Salut et Fraternité.
Juan Enriquk Laoakeigue.
(rue San Isidro 75).
Siuifiiiçio du Chili, h S CharJc magne ftS.
(•J4.îuin 1912).
C'est vrai qu'on le voit aujourd'hui connue plongé dans l'anarchie. Mais sa stabilité effective dépendra, sans doute, d'une opinion nationale sociologi- (juement organisée.
Voilà ce qu'on doit obtenir à l'aide de la doctrine fondée par Auguste VomU\ Tout en rendant pleine justice au passé, elle ouvre nettement l'avenir. Puissiez-vous, Monseigneur, par le plus généreux et le plus mémorable appui à la consolidation, dans le positivisme, de l'ordre républicain, contribuer hautement au bonheur de votre glorieuse patrie qui préside aux destinées du genre humain.
Salut et Respect.
Juan Enrique Lagakkigue.
rue San If^idro 7.ô).
Santiago du Chili, h 2S Ckarlemagne ;5,V.
(9 Juillet 1912).
Lettre h Mgr. le Duc cFOrléaiis
Monseigneur:
Lettre à M. Charles Maurras
J'ose, comme Chilien qui aime la France, vous écrire à propos de votre lettre à M. de Kernier, que je viens de lire dans V Action française. Elle respire le plus noble patriotisme. Vous ne voulez la royauté que pour servir la France et la rendre heureuse.
Pourtant, Monseigneur, la situation de votre grand pays est, au f(md, détinitivement républicaine.
Très honoré Monsieur;
Je vous hs avec intérêt dans V Action française. Vous avez certes raison d'aspirer à l'ordre avant tout, puisqu'il n'y a pas sans lui de vrai progrès. Mais vous le cherchez dans la royauté, lorsqu'on ne saurait déjà le trouver, particulièrement en France, que dans la répubhque.
Comme Auguste Comte vous inspire autant d'admiration que de respect, il me semble qu'il ne vous coûtera pas d'évoluer vers le régime définitif. La sociologie mène à la sociocratle, qui est incompatible avec la royauté, produit théocratique maintenant épuisé. Ce n'est pas au nom de Dieu, mais au nom de l'Humanité qu'on pourra désormais consolider toutes les fonctions de l'organisme social.
• Du reste, on ne conçoit pas une vraie Action Française simplement renfermée dans la nationalité, mais embrassant la planète tout entière. Paris constitue la métropole universelle, connue le disait le Maître. C'est là que s'élaborent les destinées de notre espèce. Et rien de plus solennel à cet égard que le moment actuel. Au fond, le vide de direction spirituelle, par la déchéance inévitable du surnaturel, expli(|ue réellement l'extrême malaise qu'on éprouve partout. Or, quelle autre manière de le remplir qu'en faisant triompher la Religion de l'Humanité? Puissiez-vous, iM. Mauri'as, vous décider à prendre cette voie suprême!
Salut et Fraternité.
JtiAN IOnrique Lagai:rigue.
(rue San Isiilro 7ô)
San'iago dn Chili, le 28 Dante 56' (11 Août 1912).
Lettre à M. Léon Daudet
Très honoré Monsieur:
Quoique Cbilien, je suis, comme serviteur de la Religion de l'Humanité, citoyen de Paris, et, à ce titre, je me peiniets de vous écrire. C'est au rétablissement de la royauté que vous visez, en la supposant la seule issue de la profonde crise que souffre votre grand pays. Toutefois, comment cimenter la royauté sans royalistes, puisque, malgré le désordre du moment, l'opinion est en France irrévocablement républicaine.
Souvenez-vous, Monsieur, que, il y a plus d'un siècle, un ancêtre du prétendant actuel au trône vota la mort du roi, ou plus proprement la mort • le la royauté. Si. par un événement invraiseml)lable , elle pouvait maintenant renaître, son existence serait purement épbémère. L'irrésistible évolution sociale l'emporterait comme un fantôme qui aurait seulement contribué un instant à dévier du chemin de l'avenir.
Lorsqu'on voit la Chine se transformer en ré[)ublique, il coûte de comprendre que de dignes français s'évertuent à faire revivre la royauté dans la glorieuse ville qui préside aux destinées du monde. Ce grave anachronisme procède sans doute de l'extrême irritation que vous cause l'anarchie de ré[)oque. Mais le vrai remède est bien loin d'où vous l'imaginez. L'Action Française devrait
certes consacrer son ardente énerii^ie au triomphe de la foi altruiste, qui enferme la rédemption suprême de votre illustre patrie et, par consé(|uent, de la planète tout entière.
Salut et Fraternité.
Juan Enrique l.AGAitRUiUK.
(rue San I«itiro 75).
Santiago du C/tili, le IS Guteiihoy ôîS. (29 A (.lit \d\'2).