C. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
Le diagnostic différentiel de ces cardiopathies, avec la tuberculose pulmonaire, est souvent difficile ; il demandera dans tous les cas un examen clinique complet et attentif.
L’interrogatoire précis permettra d’étudier les antécédents ; on constatera l’absence de tout antécédent tuberculeux indiscutable ; on mettra parfois en évi-
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dence l’ancienneté de certains symptômes tels que la dyspnée disproportionnée avec l'atteinte pulmonaire constatée radiologiquement. On trouvera aussi, fréquemment, des antécédents de rhumatisme articulaire aigu dont l'importance diagnostique est considérable.
L'étude des signes fonctionnels et généraux ne donnera guère d’élément important ; on trouvera cependant parfois une dyspnée disproportionnée avec l’ensemble des symptômes pulmonaires.
L'examen clinique des poumons pourra montrer des modifications importantes, mais on se rendra compte que ces signes n’ont rien de caractéristique et signifient seulement : « épanchement pleural » ou « congestion localisée ».
Par contre, c’est l’examen du cœur (à pratiquer dans tous les cas) qui donnera les renseignements les plus importants. On constatera des signes variables sur lesquels nous n’insisterons pas et qui révèleront l'existence d’une atteinte cardiaque. Ces signes seront parfois très nets, mais dans beaucoup d’autres cas ils seront très discrets, demandant pour être mis en évidence des examens répétés, l'auscultation cardiaque : le malade en différentes positions ou après effort, etc. L’étude du pouls, de la tension artérielle apporteront de précieux renseignements.
L'examen radiologique du cœur qu'on pratiquera en même temps que celui des poumons sera très utile.
Rappelons simplement les principaux renseignements qu’il pourra fournir :
— L'hypertrophie du ventricule gauche dans lin-
suffisance aortique.
— L’hypertrophie de l’oreillette droite, bien visi-
ble en O.A.D. dans le rétrécissement mitral.
— L'augmentation globale de volume de l’ombre
cardiaque dans de nombreux cas, surtout la défaillance cardiaque — la saillie de l’arc moyen, dans l’artérite pulmonaire, etc.
Par ces moyens aidés parfois par d’autres méthodes complémentaires, telles que l’électrocardiogramme, on arrivera généralement à affirmer l’existence de l'atteinte cardiaque.
On cherchera ensuite à savoir si la cardiopathie est bien compensée, ou s’il existe de petits signes de décompensation, qui peuvent très bien être négligés à un examen superficiel.
La cardiopathie étant affirmée et précisée, il restera à éliminer la tuberculose, car, dans de nombreux <as que nous envisagerons plus loin, il peut y avoir association de ces deux processus.
Cette élimination pourra se faire par une étude minutieuse de l’histoire de la maladie, par une critique serrée de chacun des symptômes ; on attachera la plus grande importance à l’absence répétée de bacilles de Koch dans les crachats à de multiples examens, principalement lorsqu'il existe une expectoration d’une certaine abondance dans un épisode à type de bronchite, et à l’absence de toute image radiologique assez caractéristique de la tuberculose, telle qu’infiltration étendue, et surtout perte de substance.
Un autre signe de valeur sera fourni en cas de défaillance cardiaque légère par l’action du traitement toni-cardiaque. Si celui-ci amène une amélioration notable des signes fonctionnels et généraux en même temps parfois même qu’une diminution des anomalies radiologiques pulmonaires, le diagnostic de cardiopathie isolée se trouvera renforcé.