‹ A propos de quelques cas de fausses tuberculosés observés dans la pratique sanatorialeChapitre 32 sur 139 · E. — ASSOCIATION DE LA TUBERCULOSE AUX CARDIOPATHIES · texte numérisé non relu

E. — ASSOCIATION DE LA TUBERCULOSE AUX CARDIOPATHIES

Il reste à envisager un dernier problème : celui des associations possibles des cardiopathies et de la tuberculose pulmonaire. Cette association est fréquente et peut parfois rendre le diagnostic embarrassant.

On note souvent chez un malade atteint de tuberculose pulmonaire certaine avec concordance de tous les signes cliniques, radiologiques et bactériologiques, l’existence d’une lésion cardiaque organique (mitrale en général) ou encore d’un souffle fonctionnel ou extra-cardiaque. Dans ce cas, il s’agit d’une association simple, assez fréquemment rencontrée. On sait qu’actuellement on n’admet plus guère l’antagonisme classique entre le rétrécissement mitral et la tuberculose pulmonaire.

Si l’on ne peut trouver le bacille de Koch, un examen clinique soigneux, une mise en chservation attentive permettront habituellement le diagnostic. Cependant des examens répétés et minutieux fourniront presque toujours la preuve bactériologique de la tuberculose.

Dans d’autres cas il ne s'agira plus d’une association simple, mais la tuberculose pulmonaire tiendra sous sa dépendance certaines manifestations cardiaques :

1° La tuberculose fibreuse se complique souvent, après une évolution en général longue, d’insuffisance cardiaque. C’est habituellement une asystolie à prédominance pulmonaire. L’artérite pulmonaire peut être observée. Les symptômes fonctionnels et radiologiques pulmonaires d’origine cardiaque se joindront à ceux d’origine tuberculeuse pour compliquer le tableau clinique d’atteinte pulmonaire. Il faudra en particulier faire la discrimination radiologique entre les deux sortes d’ombres. Maïs la tuberculose ancienne dans ces cas sera presque toujours connue, ses stigmates radiologiques seront nets, on trouvera fréquemment des B.K. dans les crachats ; le diagnostic pourra ainsi être posé dans la plupart des cas.

2° Dans d’autres formes de tuberculose, graves, évolutives en général, on pourra observer une petite insuffisance cardiaque, d’évolution progressive portant essentiellement sur les cavités droites. Les signes de tuberculose seront alors manifestes, et ne permettront pas l’hésitation.

3° Les sinistrocardies observées principalement au cours des tuberculoses fibreuses rétractiles du poumon gauche peuvent donner un syndrome stéthacoustique particulier bien décrit par Burnand, puis Genevrier et Descomps.

La palpation montre un foyer de battements anormaux au niveau des 2° et 3° espaces intercostaux gau-

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ches ; au même endroit, l’auscultation peut faire entendre un bruit systolique, tumultueux plus ou moins net, maïs parfois très intense et râpeux, s’achevant par un claquement des valvules sigmoïdes et pouvant se compléter par un dédoublement du deuxième bruit. Ce syndrome simule un rétrécissement de l’artère pulmonaire, associé à la tuberculose, mais son apparition au cours d’une tuberculose rétractile du poumon gauche avec sinistrocardie rend le diagnostic facile.

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