‹ A propos de quelques cas de fausses tuberculosés observés dans la pratique sanatorialeChapitre 43 sur 139 · MODALITÉS DE L'ASSOCIATION · texte numérisé non relu

MODALITÉS DE L'ASSOCIATION

Les modalités de cette association ont été bien précisées par Frommel :

a) Presque toujours le cancer et la tuberculose siègent dans le même lobe ;

b) La tuberculose précède l’éclosion du cancer, et en général de plusieurs années, ce sont donc les tuberculeux qui se cancérisent ;

c) Enfin cette tuberculose associée au cancer est

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dans la grande majorité des cas une tuberculose torpide, ou peu active au moment de la mort ; cependant dans quelques cas, on peut mettre en évidence une tuberculose extensive ou même granulique.

Ces quelques considérations générales aideront à comprendre la symptomatologie de ces cas.

3° SYMPTOMATOLOGIE.

Une observation nous a été communiquée par le Dr Bonafé.

I s'agissait d’un malade âgé de 44 ans, ayant fait à 24 ans une pleurésie et 6 mois de séjour à Leysin. Bonne santé apparente jusqu’en 1934 où apparurent une toux fréquente et une expectoration abondante. De temps à autre, on trouvait alors quelques B. K. dans les crachats.

Arrivée à Hauteville en août 1934 : obscurité radiologique de la base gauche, gros signes cavitaires à ce niveau. Etat général floride, expectoration incessante de couleur jaune soufre, non bacillifère à tous les examens.

Création d’un pneumothorax gauche qui semble donner un résultat pendant quelques mois. Au bout de ce temps : apparition d’une pleurésie avec épanchement d'abord clair puis hémorragique. Ponctions tous les deuxtrois jours de 500 cc. de liquide.

Il se produit ensuite une symphyse pleurale généralisée ; alors on constate "une obscurité radioscopique totale avec matité.

Quinze jours après invasion hilaire du côté opposé, par une masse à contours arrondis. En même temps, apparition d’une tumeur rénale gauche avec hématurie.

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Mort peu après, par asphyxie. Pas d’autopsie.

Cette observation vérifie bien les modalités précédemment exposées de l’association de la tuberculose pulmonaire et du cancer. La tuberculose était ancienne, s’étant manifestée 18 ans avant par une pleurésie. En 1934, l’apparition de toux, d’expectoration bacillifère, avec opacité de base firent penser à une nouvelle atteinte tuberculeuse. Mais peu de temps après on constate différents symptômes qui permirent peu à peu le diagnostic : l’expectoration incessante ne fut jamais plus trouvée bacillifère. Le liquide pleural prit vite un caractère hémorragique, et l’on sait que les pleurésies hémorragiques précoces au cours du pneumothorax artificiel sont très rares et sont habituellement le fait d’une extension extrêmement sévère de la tuberculose pulmonaire (Natalelli), ce qui n’était pas le cas ici ; la reproduction si rapide du liquide n’était pas non plus en faveur de la tuberculose. Enfin, à la dernière phase de la maladie, l’obscurité totale radioscopique de l’hémithorax, l'invasion hilaire du côté opposé, la métastase rénale ne pouvaient plus laisser de doute.

Nous pouvons maintenant étudier de façon plus générale les éléments du diagnostic de ces cas d’association tuberculose-cancer du poumon.

a) L’intermittence de l’émission de bacilles dans l’expectoration qui prend une valeur importante lors-que l’expectoration est constamment abondante ; au cours de la tuberculose pulmonaire isolée, une expectoration abondante est en effet presque toujours richement bacillifère à tous les examens ;

b) L'existence de symptômes anormaux : image radiologique particulière, métastases manifestes ou

plus latentes ;

c) Les résultats des examens complémentaires qui ‘seront mis en œuvre pour arriver à un diagnostic certain : lipiodol, bronchoscopie, biopsie ;

d) Enfin et surtout l’évolution et le développement de toute la symptomatologie peu nette au début.

Néanmoins le diagnostic de ces cas reste difficile et parfois même impossible. Le cancer peut être absolument latent et ne se révéler qu’à l’autopsie, ou ne se manifester que par des signes faisant penser à une aggravation tuberculeuse.

Il convient cependant de connaître la fréquence de l'association du cancer à la tuberculose pulmonaire, de la rechercher devant des symptômes anormaux au cours d’une tuberculose, et surtout de savoir qu’une bacilloscopie positive ne permet pas d'éliminer le “Cancer.

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