‹ A Propos de Quelques Cas de Streptococcémies Terminées par la GuérisonChapitre 18 sur 20 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Bien qu’elles puissent évoluer favorablement, comme nous venons de le voir, il n’en reste pas moins vrai que les infections streptococciques sont des infections graves et que la présence du streptocoque dans le sang doit faire mettre en œuvre tous les moyens thérapeutiques.

Parmi nos observations, plusieurs comportent des traitements un peu spéciaux et la guérison peut être attribuée aux moyens employés. Il est difficile de faire la part de ce qui leur revient. On sait que l’évolution de telles septicémies, en particulier dans celles d’origine utérine, est souvent décevante. Tel médicament qui semblait avoir parfaitement réussi dans un cas échoue lamentablement dans un autre ; parfois même moins grave.

Telle autre infection qui semblait vouée irrémédiablement à la mort, guérit sans qu’on sache pourquoi. Il y a donc lieu d’être très réservé quant à la part à attribuer aux moyens thérapeutiques employés, c’est ce qui nous à permis de grouper sans distinction des observations de septicémies au cours desquelles il n’a été fait qu’un traitement banal ou symptomatique à côté d’au-

tres qui ont reçu des traitements spéciaux et dont le résultat leur semble imputable à première vue.

Retenons cependant qu’en présence d’une streptococcémie et devant la gravité d’une telle infection, il y à lieu de mettre en œuvre tous les moyens thérapeutiques dont nous disposons.

M. le Professeur Lemierre les a exposés en détail dans le Journal médical français « Les infections sanguines » avril 1925.

Nous lui empruntons ce qui suit.

1° Traitement du point de départ. Prophylaxie

Quand la septicémie à streptocoque s’alimente sans cesse dans un foyer septique, il y a lieu de traiter celui-ci pour supprimer la source de Pinfection.

Donc traitement des blessures, ouverture des abcès, des phlegmons, traitement des otites, mastoïdites, etc.

Curage ou curettage de l’utérus. Hystérectomie dans certains cas.

2° Traitement général de l’infection

Ce sont les mêmes soins que l’on donne au cours de toutes les infections. Boissons abondantes, stimulantes, toni-cardiaques, affusions, bains tièdes ou froids chez les hyperpyrétiques, vessie de glace, goutte à goutte rectal, injections sous-cutanées de sérum salé ou glucosé isotonique.

Abcès de fixation.

Incision ou ponction des suppurations métastiques,

D'or 3° Traitement par le choc colloïdo-clasique.

Traitement qui semble avoir donné quelques résullats heureux dans des cas désespérés (obs. VIT), mais qui doit être manié avec une extrème prudence et utilisé seulement dans des conditions nettement déterminées à cause de la violence de la réaction qu’il peut provoquer.

Il est indiqué seulement dans les cas où la gravité autorise toutes les tentatives. On doit s’en abstenir dans les endocardites malignes streptococciques.

Il consiste, suivant la méthode de Nolf, en l'injection . intra-veineuse de 10 cmc. d’une solution de peptone à 5 %. L'injection doit être poussée avec une extrême lenteur.

L’injection intra-veineuse de métaux colloïdaux, or, argent, semble comporter moins de danger que les chocs produits par la peptone ou les albumines étrangères.

L° Traitement spécifique

a) Sérothérapie. Il existe une série de sérums antistreptocciques, de Marmorek, d’Aronsohn, de Courmont, de Denys, de Leclef, de Menzer, de Paltauf, de Meyer et Ruppel, sérum antiscarlatineux de Moser, sérum de Besredka, de Krongold-Vinaver, de Canlacuzène, de Frank-Hunton. La plupart sont des sérums polyvalents.

Ceux qui ont été employés jusqu'ici semblent avoir surtout donné des succès quand ils ont été employés d’une façon précoce chez les infectés, à une époque où le plus souvent, il est difficile de dire quelle sera l’évo- Jlution de la maladie.

Te

Il est donc nécessaire d’attendre encore pour juger de

leur efficacité.

b) Vaccinothérapie. — Des tentatives de traitement, soit par des auto-vaccins, soit par des stock-vaccins ont été faites. Mais il est impossible encore de porter un jugement sur ces tentatives.

5° Chimiothérapie

Le sulfate de cuivre ammoniacal en injection intraveineuse, à la dose de 2 cmc. d’une solution à 4 % renouvelée matin et soir a été préconisé par Poiré.

M. le Pr Lemierre dit l'avoir utilisé sans résultat.

La trypañflavine est une matière colorante douée d’un fort pouvoir bactéricide et qui semble être bien tolérée par l'organisme.

On l'utilise en solution à 1 % en injections intra-veineuses à la dose de 20 à 5o cmc., répétées tous les deux

ou trois jours. La solution est très irritante et produit

des lésions inflammatoires et des escarres, quand elle pénètre dans le tissu cellulaire sous cutané. Elle ne paraît avoir aucune action fâcheuse, à part quelques nausées et quelques vomissements.

Après injection de cette solution d’un jaune très

: foncé, les téguments du patient prennent parfois une

coloration d’un jaune plus ou moins accentué surtout marqué, semble-t-il, dit M. le P' Lemierre, quand il y a de l'insuffisance rénale. Ce médicament s’élimine par l'urine qui prend une coloration brune fluorescente.

M. le P' Lemierre et Laubry disent n’avoir eu au-

cun résultat au cours des endocardites. qu ‘ils. ont traitées S

par ce médicament. | LR SE Dans l'observation VII, nr streplococcique d'origine utérine, la malade a ététraitée par la teypae flavine et a guéri, mais il est difficile de dire si la gué- = rison-est.due-à-ce médicament ee En tout cas, en présence de ces s infections, nous de- à vons mettre en pratique tous les De qu sont ne notre disposilion. : ë : | Par l’aide qu’ils apportent à l' organisme du la lutte : contre l'infection, ils peuvent contribuer à une guérison

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