ST M
Les signes fonctionnels sont les mêmes.
L'état général est bon : fait extrêmement important et qui donne à réfléchir.
La température est à 384. Le pouls à 120 bien frappé.
La langue est sale, porcelainée.
Le pharynx est rouge, luisant, humide. Le nez est enchifrené.
L'examen de la poitrine montre :
Au poumon droit, en avent, sous la clavicule, diminution de la sonorité.
En arrière, dans la fosse sus-épineuse, submatité, diminution de la respiration. Dans la fosse sous-épineuse, matité. Et à l’auscultation, signes cavitaires ; souffle cavitaire avec râles secs et humides, véritable gargouillement.
Au poumon gauche, diminution de la sonorité dans toute la hauteur du poumon. En avant, diminution du murmure vésiculaire. En arrière, dans la fosse sous-épineuse et à la base du poumon, matité, abolition du murmure, remplacé par un souflie aigre intense avec râles secs et humides. A la toux, véritable gargouillement, pectoriloquie.
L'état général excellent, l’état du pouls, de la langue, le début brusque, la marche des accidents, le fait qu’on est en pleine épidémie de grippe, font écarter le diagnostic de tuberculose et porter celui de grippe pseudo-phymique.
19 mars. — L’expectoration diminue. Toujours pas de bacilles de Koch dans les crachats.
Même état des voies digestives.
Persistance des mêmes signes physiques au sommet droit. A gauche,les lésions sont plus étendues.
En somme, signes cavitaires très étendus à gauche, un peu
moins à droite, sans réactions générales et fonctionnelles ne rapport : Température 378. Pouls9o.
15 mars. — État général toujours bon.
Les zones de matité des deux côtés de la poitrine n'ont pas varié. Les autres signes tendent à s’atténuer. Souffle moins fort,râles humides moins nombreux. Pas de dyspnée. Expectoration presque tarie.
19 mars. — Amélioration. Au poumon droit, matité et respiration rude à la partie moyenne, en arrière. Diminution de l'intensité du souffle. Persistance de quelques râles humides.
Au poumon gauche, au sommet, la matité persiste. Au niveau du foyer de la partie moyenne, râles beaucoup plus secs. Souffle plus localisé. A la base, râles moins nombreux.
20 mars. — Excellent état général. La malade augmente de poids ets’alimente bien.
L'état saburral des voies digestives a presque disparu.
Au poumon droit, rétrocession très marquée des signes physiques. Quelques râles seulement à l'inspiration, et respiration légèrement soufllante. Diminution de la matité.
Au poumon gauche, la matité persiste.Le souffle a diminué d'intensité. Les râles persistent aussi nombreux, mais plus secs.
Température à 3793. Pouls 80.
28 mars. — Le malade a augmenté de r kgr.4oo en un mois. Au poumon droit, quelques râles secs à l'inspiration. Au poumon gauche, grosse amélioration.
30 mars. — L'enfant prend la scarlatine qui évolue norma-
lement.
-20 avril. — Disparition complète des signes pulmonaires.
À propos de cette observation, faisons remarquer tout d’abord l'étendue des signes physiques pseudocavitaires, bilatéraux qui semblent indiquer des lésions très marquées.
Malgré ces signes physiques, on ne peut conclure à upe tuberculose ni à une broncho-pneumonie ; l’état général, en effet, cst excellent. L'enfant est en apparente bonne santé. Pas d’amaigrissement. Pas de température. Pas de dyspnée. Pouls normal.
Mais l'enfant a eu la grippe comme le montre l’état de la bouche du pharynx. L’expectoration est abondante. Absence complète de bacille dans les crachats. Tous ces arguments sont en faveur de ia grippe.
Il s'agissait probablement,dans ce cas, d’une pleurésie œdémateuse localisée, qui a été signalée depuis longtemps au cours de la grippe par Teissier.
OBSERVATION VI (Personnelle)