‹ A Propos Des Cavernes Rebelles Au Pneumothorax: Hypothèses Pathogénéniques Résultats ThérapeutiquesChapitre 69 sur 72 · VI. — Facteurs physio-pathologiques · texte numérisé non relu

VI. — Facteurs physio-pathologiques

Déjà, en 1936, BERNou et VIVANT émirent l'hypothèse d’une dilatation pneumonique du tissu juxtacavitaire tendant à redresser la courbure de la paroi de l’ulcération et, par conséquent, à agrandir la caverne.

Pavie et LE TACON donnèrent peu après une explication beaucoup plus générale : toute «irritation de la plèvre » déclenche au niveau du poumon — et en particulier à la périphérie des lésions — des phénomènes congestifs. Si l’on ajoute à cela la stase réflexe aiguë postopératoire due à la chute partielle du moignon, la caverne et le parenchyme adjacent se trouvent pour un temps turgescents, érectiles, « comme armés » par une congestion qui s'oppose à tout affaissement.

Il s'agirait d’un cas particulier d’hypercongestion dans le cadre de l’électivité inflammatoire.

L’explication donnée, en 1937, par PaviE et LE TAcoN serait incomplète si l’on n’y ajoutait l’ensemencement tuberculeux de cette congestion brutale par expression du foyer et reflux des produits bacillaires de désintégration.

BARIÉTY et PaiLLas estiment que les altérations de la bronche de drainage gênent l’écoulement des produits de désintégration et créent, par ce fait même, des conditions biochimiques défavorables au niveau de la caverne et de son parenchyme adjacent.

Enfin, certains faits nous font entrevoir la participation du système neuro-végétatif.

VII. — Si l’on réunit les faits à l’origine desquels l’on a invoqué les altérations bronchiques

a) Les constatations bronchoscopiques ne permettent aucune conclusion;

b) Du côté bronche de drainage, les faits semblent assez discordants;

c) Les altérations canaliculaires au niveau du parenchyme péricavitaire sont trop fréquentes pour que nous puissions conclure à leur participation directe.

On peut cependant penser que les altérations des petites bronches causent une gêne dans la rétraction lésionnelle et constituent parfois des « clapiers bacillaires », sources de réinfection constante. Par ailleurs, un mauvais drainage peut créer un reflux de produits pathologiques tuberculisant la « congestion périlésionnelle ».

VIII. — La paralysie diaphragmatique, employée comme méthode adjuvante au pneumothorax, présente les mêmes inconvénients que son emploi sur le poumon non collabé. Ses indications sont limitées.

La broncho-aspiration donne une proportion de succès

minime : 30 à 40% en moyenne, et n’est pas exempte de critiques.

L'irritation pleurale a donné 68 % de succès.

La faradisation pulmonaire a donné 78 % de succès.

L'association de plusieurs méthodes adjuvantes a donné des résultats variables suivant les méthodes associées.

Le changement d’une méthode au profit d’une autre peut transformer un échec en succès.

IX. — Les antibiotiques sont généralement inefficaces sur les cavernes inertes ou résiduelles, mais sont parfois efficaces dans les accroissements cavitaires : à titre autonome ou à titre associé, ils paraissent indiqués dans certains Cas.

La collapsothérapie ne doit pas dispenser le malade du repos.

De l'institution du pneumothorax à son efficacité certaine, le malade doit rester complètement alité.

X. — Certains régimes de cure permettent d’accroître les possibilités thérapeutiques. On doit les inscrire dans la liste des méthodes destinées à combattre les cavernes rebelles.

À la condition essentielle que des distractions lui soient offertes, le malade peut fort bien s'adapter psychologiquement à des régimes de cure tels que l « alitement 100 p. 100 » de JAQuERoO», le « Bed Rest » des Anglo-Saxons, la « cure intégrale et de silence » ou la « cure en coquille plâtrée » de R. COHEN.

Ces deux derniers régimes de cure ont donné parfois des succès là où d’autres méthodes avaient échoué.

AO

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