‹ A quoi rèvent les jeunes fillesChapitre 20 sur 37 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

mus.

S'il faut vous le prouver pour vous y faire croire. Je suis votre homme au moius, mon petit hobereau.

SILVIO

Je ne suis pas le vôtre, et vous criez trop haut.

Il vent s'en aller.

IRUS

Par le sang! par la. mort! mon petit gentilhomme, Il faut donc vous apprendre à respecter les gens? Yoilà votre façon de relever les gants !

SILVIO

Écoutez-moi, monsieur, votre scène m'assomme. Je ne sais ni pourquoi ni de quoi vous criez.

mus.

C"est qu'il ne fait pas bon me marcher sur les pieds. Vive Dieu ! savez-vous que je n'en crains pas quatre ? Palsambleu! ventrebleu! je vous avalerais.

SILVIO

Tenez, mon cher monsieur, allons plutôt nous battre. Si VOUS continuiez, je vous souffletterais.

mus.

Morl-Dieu ! ne croyez pas, au moins, que je balance.

LAERTE, dans l,i coulisse.

Ninette ! holà, Ninon !

mus.

C'est le père. — Silence !

Esquivons-nous, monsieur, nous nous retrouverons.

Il rentre dans son armoire, et Silvio dans le cabinet. LAEKTE.

Ninon ! Ninon !

NINON, entrant.

Mon père, après l'histoire affreuse Qui s'est passée ici, j'attends tous vos pardons.

Je n'aime plus Silvio. — Je vivrai malheureuse, Et mon intention est d'épouser Irus.

Elle se jette à genoux.

LAERTE

Je suis vraiment ravi que vous ne Taimiez plus. Quel roman lisiez-vous, Mnon, cette semaine?

NINETTE, entrant et se jetant à g-onoux de l'autre coté.

0 mon père! ô mon maître ! Après l'horrible scène Dont celte nuit nos murs ont été les témoins, A supporter mon sort je mettrai tous mes soins. Je hais mon séducteur, et je me hais moi-même. Si vous y consentez, Irus peut m'épouser.

LAERTE

Je n'ai, mes chers enfants, rien à vous refuser. Vous m'avez offensé. — Cependant je vous aime, Et je ne prétends pas m'opposer à vos vœux. Enfermez-vous chez vous. — Ce soir, à la veillée, Vous trouverez en bas la famille assemblée. Comme vous ne pouvez l'épouser toutes deux, Irus fera son choix. Tachons donc d'être belles; Il n'est point ici-bas de douleurs éternelles. Allez, retirez-vous.

Il soit. Ninon et Ninctte le suivent.

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