‹ A quoi rèvent les jeunes fillesChapitre 25 sur 37 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Vos yeux sont de cristal, — vos lèvres sont vermeilles Comme ce ciel de pourpre autour de l'occident. Je vous trompais hier, vous m'aimiez cependant.

NINON

Que voulez-vous qu'on dise à des raisons pareilles?

Votre taille flexible est comme un palmier vert; Vos cheveux sont légers comme la cendre fine Qui voltige au soleil autour d'un feu d'hiver. Ils frémissent au vent comme la balsamine; Sur votre front d'ivoire ils courent en glissant, Comme une huile craintive au bord d'un lac d'argent. Vos yeux sont transparents comme l'ambre fluide Au bord du Mémen; — leur regard est limpide Comme une goutte d'eau sur la grenade en Heurs.

NIXON.

Les vôtres, mon ami, sont inondés de pleurs.

SILVIO

Le son de votre voix est comme un bon génie

Qui porte dans ses mains un vase plein de miel.

Toute votre nature est comme une harmonie;

Le bonheur vient de vous, comme il vous vient du ciel.

Laissez-moi seulement baiser votre chaussure;

Laissez-moi me repaître et m'ouvrirma blessure.

Ne vous détournez pas; laissez-moi vos beaux yeux.

N'épousez pas Irus, je serai bien heureux.

Laissez-moi rester là près de vous, en silence,

La main dans votre main passer mon existence

A sentir jour par jour mon cœur se consumer...

MXON.

Taisez-vous; — j'ai promis de ne pas vous aimer.

i6 A QUOI RÊVENT LES JEUNES FILLES.

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