A Son Eminence le Cardinal J. Simeoni prefet de la S.C. de la Propagende [microforme]
En ma qualité de journaliste catholique je prends la ‘espectueuse liberté de vous faire privément, sur les affaires du Canada, certaines observations qui, rendues publiques, useraient peut-être plus de tort que de bien, Il est “gent, je crois, dans l'intérêt de la sainte Eglise catholique et dans celui de notre peuple, que Votre Eminence soit exactement renseignée sur Ja situation de notre pays. La récente publication, dans les journaux de Québec, d’un document émané de la S. C. de la Propagande, m'a claire. ment démontré et a démontré également à tout le monde
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ici, que Votre Eminence et la S. ©. de la Propagande avaient été induites en erreur sur les affaires de notre pays par des personnes influentes mais peu scrupuleuses. Les agissements de ceux qui ont ainsi trompé Votre Eminence et la $. C. de la Propagande sont tellement enveloppés de ténèbres que l’on ne peut s'empêcher d'y voir la main de la franc-maconnerie aui prend racine dans notre jeune pays et qui a déjà fait parmi nous de trop nombreuses victimes.
Je ne discuterai pas l'acte de Mgr l’Archevêque de Québec qui, en livrant à la publicité des documents destinés uniquement au clergé, a porté un coup terrible à l'influence de l'épiscopat et dés prêtres; d’autres plus autorisés que moi, vous ont, sans doute, fait des réprésentations à ce sujet. J'’appellerai seulement votre attention sur ce fait grave: Mgr l’Archevêque a fait publier ces documents, bien qu’il n ait pu ignorer qu’ils sont basés sur des renseignements tout à fait inexacts. 11 à aïnsi exposé la S. C. de la Propagande aux railleries du peuple qui ne voit que le fait, evident pour tout le monde, que les documents reposent sur des données inexactes.
D'abord, il est absolument inexact de dire que certains membres du clergé “ continuent à s’ingérer trop dans les électior. :olitiques.” Il y a eu peut-être, dans le passé, quelques. écarts. de langage commis, par un très petit nombre de prêtres dans le diocèse de Québec et dans celui de Montréal, bien que la chose n'ait jamais été canoniquement constatée. Mais chose certaine, c'est que ces abus,
si réellement abus il y avait, étaient extrêmement rares. Du reste, il n’y a eu aucune plainte, faite contre un seul membre du. clergé depuis 1878. Tout était calme, sous ce rapport, ot le document de la S. C, de la Propagande est tombé comme un coup de foudre d’un ciel sans nuages.
À propos de la pr élections, je crois devoi que jamais une seule | prêtres du diocèse de diocèse à toujours su res cependant les catholiqt évêque de ce diocèse, cultés et de susciter des rations, Comment se Rivières, qui est pourt soit si sage, si Mgr La:
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Le document parle l’Archevêque qui “ cher lement pour faire modifi à l'influence dite indue, s'agissait de Mgr Laflècl de tous nos évêques, par ici comme le grand défer il est connu des membres n’a fait aucune démarche obtenir l'amendement de sisté des efforts qu'il faise majorité de ses collègues, ment qu’il a constaté qu pour des raisons inexplic:
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qu’il serait voté à une tri à l’unanünité des voix.
À propos de la prétendue ingérence du clergé dans les élections, je crois devoir faire remarquer à Votre Eminence que jamais une seule plainte n’a été formulée contre les prêtres du diocèse des Trois-Rivières, Le clergé de ce diocèse à toujours su rester dans les limites de la prudence, et cependant les catholiques libéraux’ accusent Mgr Laflèche, évêque de ce diocèse, d’être la cause de toutes nos diffcultés et de susciter des embarras à l'Eglise par ses exagtrations. Comment se fait-il que le clergé des Trois- Rivières, qui est pourtant étroitement uni à son évêque, soit si sage, si Mgr Laflèche manque de prudence ? Voilà une question que maints catholiques se posent en ce moment,
Le document parle d’un certain suffragant de Mgr l'’Archevêque qui “ cherche actuellement à recourir au parlement pour faire modifier la loi des élections relativement à l'influence dite indue.” Tout le monde à compris qu'il s'agissait de Mgr Lafièche, le plus savant et le plus zélé de tous nos évêques, parce que ce digne prélat est reconnu ici comme le grand défenseur des droits de l'Eglise. Mais il est connu des membres de.la législature que Mgr Laflèche n'a fait aucune démarche déplacée, ni même publique, pour obtenir l'amendement de la loi électorale, et qu’il s’est désisté des efforts qu'il faisait privément, et avec l'appui de la majorité de ses collègues, pour régler cette difficulté, du moment qu’il a constaté que Mgr lArchevêque s’y opposait pour des raisons inexplicables. En effet, sans l'opposition étrange de Mgr l’Archevêque, cétte question aurait été réglée facilement à la dernière session de notre législature. Tout le monde croyait qu’un projet de loi serait déposé pour ‘amender, ou plutôt pour expliquer la loi des élections, et qu’il serait voté à une très forte majorité, peut-être même à l'unanimité des voix.
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+ C’est ici le lieu de relever une autre grave erreur dans
laquélle on a fait tomber le Saint Office. Les protestants.
ne sont nullement ‘“ irrités et inquiets ” À cause de l’action du clergé. Vous ne trouveriez pas ici un seul protestant sincère et honnête qui le dirait, ni un seul catholique qui oserait signer une pareille déclaration. Jamais un protestant: ne s'est plaint de la conduite du clergé en temps d'élection. Toutes les plaintes qui ont été portées à ce sujet l’ont été par des catholiques libéraux, Les meilleurs rapports qu'il soit possible d'imaginer existent entre les protestants et le clergé catholique qui est certainement plus respecté par nos frères séparés que par un certain nombre de prétendus catholiques, imbus des idées malsaines qui ont actuellement cours en France,
À: Rome on est évidemment sous l'impression que les catholiques ne constituent qu'une infime minorité de la population du Canada. C’est une très grande erreur qu’il convient de dissiper. Dans toute la confédération canadienne, ils forment plus du tiers de la population, et dans la province de Québec ils sont en très grande majorité. D'après le récensement officiel de 1871, il y avait, dans la province de Québec, sur une population totale de 1,191, 516, pas moins de 1,019,859 catholiques! Et depuis cette
date la proportion des catholiques à plutôt augmenté que diminué,
La province de Québec, comme les autres provinces qui forment la confédération canadienne, est un état autonome, ayant une législature dont les pouvoirs sont très étendus. , C’est ainsi que, en vertu de l'acte impérial de 1867, établissant la confédération, les législatures provinciales ont seules le pouvoir de voter des lois sur l'administration.de la justice dans chaque province, la célébration
du mariage, l'éducation
foule d’autres sujets m nous gouverner toujou:
harmonie complète ave nous l’aurions fait san libéraux du Séminaire ( qui exercent sur Mer | et qui ont réussi à sépar sur les questions politica viction, et cette convicti nombre de catholiques, c que nous ne verrons poin tant que Mer Tascherear du moins tant qu'il n’a neutraliser l'influence des ses seuls conseillers.
En dernier lieu, je di nence que la publicatio S. C, de la Propagande, non seulement profondén liques, mais a aussi grande Taux, que l'on trouve dar francs-macons dont le n augmentent rapidement, et trés étonnés de voir la gr exercer à Rome. Votre :
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du Mariage, l'éducation, la Propriété, les droits civils, et une foule d'autres sujets moins importants. Nous aurions pu nous gouverner toujours, dans la province de Québec, en
Taux, que l’on trouve dans les deux partis politiques, les francs-macons dont le nombre, l'influence et l’audace augmentent rapidement, et enfin les Protestants, qui sont très étonnés de voir la grande influence qu'ils semblent exercer à Rome. Votre Eminence peut être persuadée d’une chose, c’est que les Protestants, qui n'étaient pas “irités,” sont déjà devenus fort insolents et agressifs, Comme Votre Eminence peut le voir par l'extrait suivant que je fais du Wätness de Montréal, qui est le principal 'gane des protestants de la Province de Québec :
** Le Poutife actuel à fait preuve de libéralité et de prude”:ce aus chacun de ses tes jusqu'ici. L’Arehevêque de Québec vient
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de rendre publiques deux lettres de Rome dans lesquelles les évêques ultramontains du Canada, qui out inêmne dépassé Pie IX duus son temps, reçoiveut la meilleure rebuffade qu'ils ajout jamais reçue de leur vie. Ou leur dit qu’ils ue doivent pus se inêler de politique et l’uue des raisons invoquées, c'est que les protestuuts sont irrités pur l’influeuce qu'ils exercent, et qu'ils ue doivent pus coufoudre le parti libéral ou réformiste du Cauada avec le libéralisine condamné par le Syllubus ; ou leur dit euvore qu’ils doiveut evurber le frout devant l'Uuiversité- Laval dout les teudances coustitutionnelles ont excité leur jalousie. Le Curdiuul Siméoui nous dis que l’un de ces évêques ultrawontaius était sur le poiut de chercher à se faire élire mambre de la législature pour mieux exercer sou iuflucuce afiu de faire amnender lu loi électorale, et il le réduit au silence, lui et ses collègues, d'une manière fort efficace.
Maintenant, si Votre Eminence me demande si je puis prouver toutes les assertions que renferme cette lettre, je répondrai : Que Votre Eminence adresse privément, afin que la réponse soit parfaitement libre, une circulaire à tous et à chacun des prêtres séculiers et réguliers de la Province de Québec, leur soumettant une série de questions sur les affaires du Canada, et je ne crains pas d'affirmer que l’immense majorité du clergé répondra dans le sens de cette lettre.
Je vous écris ces choses, Eminence, en toute franchise, car, je le crois sincèrement, l'intérêt de l'Eglise au Canada exige que vous soyez renseigné sur la véritable situation de notre province.
J'ai l'honneur d’être,
de Votre Eminence,
Le très humble et respectueux serviteur,