ALAI
Monsieur me flatte.
JENNY
La gloire d'émouvoir un homme aussi flegmatique est trop grande (si on l'obtient ) pour nen pas donner à cha-
cun sa part ; et le bon Alain ne céderait sùremeut pas la sienne à personne.
ALAIN
Ah ! sûrement. C'est donc pour corriger Monsieur de son humeur ! ( Il recule d'effroi au geste qui est échappé à Merville. )
JENNY
Vous êtes piqué !
MERVILLE
Je ne vois pas bien ce que peuvent avoir de si piquant
pour moi les propos d'un valet ni les vôtres.
JENNÏ, le harcelant.
Mon Dieu , comme il faut que vous souflfriez pour vous oublier avec moi jusqu'à ce point ! Quand vous vous fâchez tout à votre aise , il vous échappe par fois d'assez bonnes choses ; mais il me semble que tout votre esprit soit déjà perdu avec la gageure. Ecoulez pourtant : Il n'est pas dit, je crois, que vous soyez obligé de contraindre à ce point votre humeur-, pourvu quelle n'éclate pas, vous pouvez convenir, mais à voix douce, que vous en avez beaucoup. Allons, voyez, il y a plus de mérite à se dompter, qu'à ne rien sentir.
MERVILLE, ne pouvant plus y tenir., s'en va comme un fou^ sans
rien dire.
JENINY.
Ecoutez donc. La fuite compte ici comme défaite au moins j mais je vous suis.