‹ A-t-il perdu?Chapitre 18 sur 21 · ALAI · texte numérisé non relu

ALAI

Monsieur me flatte.

JENNY

La gloire d'émouvoir un homme aussi flegmatique est trop grande (si on l'obtient ) pour nen pas donner à cha-

cun sa part ; et le bon Alain ne céderait sùremeut pas la sienne à personne.

ALAIN

Ah ! sûrement. C'est donc pour corriger Monsieur de son humeur ! ( Il recule d'effroi au geste qui est échappé à Merville. )

JENNY

Vous êtes piqué !

MERVILLE

Je ne vois pas bien ce que peuvent avoir de si piquant

pour moi les propos d'un valet ni les vôtres.

JENNÏ, le harcelant.

Mon Dieu , comme il faut que vous souflfriez pour vous oublier avec moi jusqu'à ce point ! Quand vous vous fâchez tout à votre aise , il vous échappe par fois d'assez bonnes choses ; mais il me semble que tout votre esprit soit déjà perdu avec la gageure. Ecoulez pourtant : Il n'est pas dit, je crois, que vous soyez obligé de contraindre à ce point votre humeur-, pourvu quelle n'éclate pas, vous pouvez convenir, mais à voix douce, que vous en avez beaucoup. Allons, voyez, il y a plus de mérite à se dompter, qu'à ne rien sentir.

MERVILLE, ne pouvant plus y tenir., s'en va comme un fou^ sans

rien dire.

JENINY.

Ecoutez donc. La fuite compte ici comme défaite au moins j mais je vous suis.

Page 1