MAITRE A L’ETOILE
On ne sait rien de sa vie ; il vécut entre 1522 et 1544. Il s’appelait Dirk van Star, mais on le désigne plus communément sous le nom du Maître à l’Etoile. Il signait d’une étoile placée entre un D et un V.
Le Déluge (Bartsch 2). — Un ciel noir dont les nuages crèvent en pluie inondant une plaine au milieu de laquelle se dresse un grand arbre à la tête feuillue, près duquel se dirige allant vers la droite, un homme demi-nu poussant devant lui une brouette. Une multitude de personnages affolés gagnés par l’inondation se sauvent sur un radeau ou essayent de monter sur un toit à droite ; tout à fait à gauche de
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
l’estampe, un groupe danse en rond. En bas à gauche au-dessus d’un chien de profil à droite, le monogramme du maître avec la date I5H.
Pièce extrêmement curieuse, rappelant le faire de Lucas de Leyde, adjugée 376 francs à la vente Liphart.
Saint Luc peignant la Vierge (9). — La Vierge est assise par terre, à droite, ayant l’Enfant Jésus sur ses genoux ; saint Luc fait son portrait. Un bœuf est couché aux pieds du peintre. Sur une sorte de siège qui est à gauche, on lit le chiffre de l’artiste, et en bas au milieu : 1526 IN. IVLI. 28.
Vente : Didot, 130 francs.
MAITRE au monogramme -L- Cz.
Artiste très habile des dernières années du xve siècle, dont on ne connaît ni le nom, ni la vie. Bartsch le classe aux Allemands, Passavant aux Hollandais. Nous nous rangeons à l’opinion de ce dernier. A gravé une dizaine de pièces.
Le Christ tenté par le Démon (Bartsch 1). — Dans la campagne, le Christ à gauche drapé dans un ample manteau, de profil à droite, sa main droite qui s’est dégagée de dessous son vêtement souligne du geste sa parole, car il semble répondre au démon qui est à droite adossé à un énorme rocher ; ce dernier a pris pour le tenter la forme d’un être fantastique aux jambes de coq et aux mamelles pendantes. Au fond de l’estampe, des arbres, des collines et des maisons. En bas au milieu de la pièce, le monogramme.
L’exemplaire qui figure au Département des Estampes est de condition exceptionnelle.
Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean (Passavant4). — Le Christ en croix au milieu de l’estampe, entre la Vierge à gauche et saint Jean à droite. Au fond à droite, des maisons ; au pied de la croix une tête de mort près de laquelle on voit le monogramme de l'artiste. La physionomie de la Vierge et de saint Jean paraissent singulièrement jeunes.
Cette petite pièce ronde est d’une insigne rareté. Un exemplaire est à Berlin, le seul autre connu fut adjugé à la vente Didot, 1605 francs.
ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE
Saint Georges tuant le Dragon (P 7). — Le saint à cheval, couvert de son armure, s’avance vers la gauche tirant son épée du fourreau pour achever le monstre blessé grièvement et gisant sur le dos, le cou traversé d’une flèche. A gauche au second plan, dans une grotte deux petits dragons, et à droite, une femme* en prière à genoux les mains jointes. Au fond, couronnant une hauteur, un château fort. Pas de signature.
Cette estampe est fort rare, elle donne presque l’illusion d’un dessin à la plume. Un exemplaire qui passa à la vente Angiolini fut adjugé 1000 francs.