‹ A travers cinq siécles de gravures, 1350-1903; les estampes célèbres rares ou curieuses (volume 3)Chapitre 48 sur 84 · ANTOINE DE TRENTE · texte numérisé non relu

ANTOINE DE TRENTE

Artiste graveur en bois et clair-obscur, né vers 1508, que l'on croit être le même (pie Antoine Fantuzzi ; malgré de grandes divergences d'opinion à cet égard appartient à ce que l'on est convenu d'appeler l'Ecole de Fontainebleau i. Il a beaucoup gravé d'après Le Parmesan, et sa pièce la plus

' On donne ce nom i la pléiade d'artistes qui, sous François I". se trouvaient réunis à m

cour particulièrement pour procéder à la décoration du palais de cette ville. Ces graveura subirent directement l'influence italienne des Maitres Le IViin.tliee el Le Rosso, chefl de cette

école, et de Le Parmeaan, L, ivnni. La Romain j ils se nommaient — pour ne citer que i. .

principaux — Fanlu//i, l.i nnanl ïlniv, René Boyvln, Ruggtery, !>■ dcl Rarhiere. Miguon.

pécheSi Bonnelonne, Augustin le Vénitien, Gbiftl, Vlco, Boliaidne, efc ftc... An . Société

treJiéoIoyfaos du G&Unalt a publie sm cette école dea articles du plus haut intérêt sous la signature de M. HerbeL \ la vent.- do la bibliothèque Destallleur en 1896, un recueil contenant 542 estampes en Irois volumes fut adjuge .'Wno h

remarquable est, suivant nous : Le Martyr de saint Pierre et de saint Paul (B IV. 28) d'après ce Maître, dont cinq épreuves de colorations différentes figuraient à l'Exposition de la Gravure sur bois.

BALDINI (Baccio)

Orfèvre et graveur, né à Florence en 1436, mort dans la même ville à une date inconnue. Il est considéré comme un des plus beaux primitifs italiens, bien que sa manière soit extrêmement sèche et raide; il se faisait aider par Sandre Botticelli, dont souvent il gravait les dessins, mais, comme tous deux ne signaient jamais, il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, d'en établir la paternité d'une manière irréfutable. — L'œuvre se compose d'environ 120 à 125 pièces.

L'Adoration des Mages (Passavant 96). — La Vierge avec l'Enfant Jésus est assise devant l'étable, le divin Sauveur bénit un vieux mage prosterné devant lui, les mains étendues à terre ; saint Joseph sur le devant appuie sa main gauche sur sa joue. A gauche, la suite des rois au milieu desquels on aperçoit un guerrier à cheval ; au premier plan, un gros chien, un chat tigre et de nombreux personnages.

Rarissime estampe adjugée, vente Galichon, 2000 francs.

Les sept Planètes (P 61-67).

Il est presque impossible de rencontrer ces sept pièces réunies, le Département des Estampes les possède cependant à /« Réserve dans des conditions superbes de conservation. On croit que les originaux furent dessinés par Botticelli, mais on en est cependant pas positivement sûr. A la vente Angiolini la seule planète Jupiter fut adjugée 8125 francs.

David vainqueur de Goliath (P 94). — Au milieu de l'estampe au premier plan, Goliath tombé la face contre terre, la tête à gauche, les mains en avant ; près de lui à gauche, David tenant son glaive à deux mains s'apprête à lui couper la tête ; derrière eux l'armée des Israélites combattant celle des Sarrazins. Au fond à droite des collines, et à gauche une ville forte entourée de murailles et de tours crénelées. Sur le fourreau vide du géant qui pend à sa ceinture, on lit : Golias, et sur le vêtement de son vainqueur : David.

Petit in-folio en travers qui est d'une rareté insigne et qui manque même au Département des Estampes.

A la vente Angiolini il en passa un exemplaire superbe d'un état non décrit, c'est-à-dire avant les noms de Golias et de David; il fut payé 11000 francs. On peut le considérer comme unique, nous ne le connaissons dans aucune collection publique ou privée.

Une autre pièce curieuse du Maître est : Allégorie sur la lutte de l'urbanité contre la rude grossièreté, qui peut-être, étant donnée la précision du dessin, est de Sandro Uotticelli.

BARBARY' (Jacopo de)

Dit aussi le Maître au caducée parce qu'il signait souvent ses estampes d'un caducée. Les uns le classent aux Flamands5 comme Renouvier, d'autres dans l'école de Nuremberg comme Passavant et Bartsch, d'autres, enfin, comme Emile Galicbon et M. Charles Ephrussi, le considèrent comme un primitif de Venise, ce qu'il est réellement suivant nous, son faire étant absolument italien. On ne sait rien de sa vie ou presque rien, il travailla à Nuremberg, où on l'appelait Jacob Walk, et passa fort jeune à Venise. Il commença à graver dès les toutes premières années du xvk siècle, une trentaine de pièces en tout, finement exécutées, puis deux ou trois bois, croit-on.

En 1890, la Société internationale Chalcographique a publié une notice par M. Paul Kristeller où sont mentionnées les pièces gravées par X. Wilborn d'après Jacopo de Barbary. L'œuvre du Maître qui nous occupe est très rare.

Vénus (Bartsch 12 — Galichon 14). — La déesse vue à mi-jambes, les cheveux épandus sur les épaules, se contemple dans un miroir convexe qu'elle tient dans la main gauche. En bas à droite, le caducée.

Très rare estampe, provenant de chez Marshall, adjugée 000 francs à la vente B. Galichon.

Satyre jouant de la cornemuse (B 14 — G 19). — Dans un pli de terrain, un l'aune jonc de la cornemuse pondant que son compagnon assis sur une souche se désaltère à une outrp remplie de vin. En haut à droite, le caducée.

Les premières épreuves de cette rare gravure sont sur papier èi la couronne. l'u exemplaire fut adjugé, à la vente Galichon, 000 francs.

1 l.i i consulter ! Bmlle GaUchon, Extrait de M Gazette des Beaux-Arte, Parla, istîi

Charles Bphrussli Notée BiQQraphinuee*;, Paris, Jomiust. ISTG Jtictth <l< Harbarl et Albert Durer. pai le ■ omt< \ i '!• ' sndUto, Bruxelles, van Trlgt, 1881.

» l'uni qui beaucoup de ses planches furent I i n Hollande al sur papiers filigranes

aux fabriques néerlandaises ! /" main, ta grande couronne, le /' bouroiiionoft, etc., ce «|tii ne prouve rien Zanl ;i été Jusqu'à dire qu'il i tall peu! i Ire Fronçait .'.'.'

Phœbus et Diane (B 16 — G 16). — Le Dieu nu el debout de profil à droite sur la sphère du inonde semée d'étoiles, un carquois en bandouillère, s'apprête à darder une flèche dans l'espace ; près de lui à droite, Diane et un cerf. Dans le haut du même côté, le caducée.

Pièce rarissime mais mal dessinée dont un exemplaire, à la vente E. Galichon, atteignit 1620 francs. Il existe des épreuves sur papier à la tète de bœuf. — Cette estampe a été copiée par Jérôme Hopfer.

Le grand Sacrifice à Priape (B 19 — G 21). — Un enfant présenté par sa mère offre une couronne de gazon au Dieu Priape ; une branche de myrte se consume dans un vase devant sa statue, deux femmes complètent le tableau. A gauche à mi-branche d'arbre, le caducée et une tablette.

C'est très probablement la reproduction d'un bas-relief: adjugé à la vente E. Galichon 1080 francs et à celle de Didot 50.

Mars et Vénus (B 20 — G ?).

Adjugé 710 francs à la vente Didot.

Saint Sébastien (Passavant 27 — G 9). — De face, nu jusqu'aux genoux, adossé à un arbre une draperie voilant sa nudité, le saint a les bras levés au-dessus de la tête et serrés par un nœud coulant, les yeux sont noyés dans l'infini. Sans caducée.

Cette estampe, imprimée sur papier au P bourguignon, est de la dernière rareté, une épreuve fut adjugée 4105 francs à la vente Emile Galichon.

La Femme au Miroir bombé. — Elle est nue de face et regarde à gauche, les cheveux flottants sur l'épaule droite, un chapeau à plumes sur la tête. Dans sa main droite elle tient un miroir et un voile qui, en passant dans sa main gauche, cache sa nudité. En bas à droite, une boule et des quilles.

Pièce rarissime et inconnue aux iconographes qui fut adjugée à la vente E. Galichon 1205 francs.

Citons encore, ne pouvant tout décrire : Les trois Supplices (B 17), rare pointe sèche adjugée 1025 francs à la vente Seymour Haden — La Sainte- Famille sous une treille (B 4). Ventes : Guichardot, 290, Schloesser, 1250, Angiolini, 825 — Cléopàtre (P 28), vente Holford 675, et enfin son grand bois si rare en six planches: Vue perspective de Venise en l'an 1500, adjugé en 1er état à la vente Angiolini 1000 francs.

BRESCIA (G.-A. de)

Artiste appartenant à l'école de Padoue, on ignore les dates de sa naissance et de sa mort, il llorissait au commencement du xvi" siècle, son métier varie beaucoup, tantôt s'attachant à la manière de Durer, tantôt au contraire, pastichant Raimondi et Mantegna ; il est peu original, ce qui n'empêchent pas les soixante et quelques estampes qu'il grava d'être rares et recherchées.

La Vierge avec des Saints (P 33). — Assise dans une niche, la Vierge offre une grenade à l'Enfant Jésus qui est sur les genoux de sainte Anne ; sainte Hélène est à gauche et saint Michel à droite. Au has trois inscriptions d'une ligne chacune. Sans signature.

Pièce rarissime adjugée à la vente E. Galichon 7700 francs.

Hercule tuant l'Hydre de Lerne (B. 12). — De face, debout et nu, son manteau soulevé de ses épaules comme par un vent violent, Hercule étreint de la main gauche l'hydre de Lerne qui est enroulée à son bras, la gueule ouverte et menaçante, il la fixe levant sur elle sa main droite armée d'un bâton. Sous la queue de l'hydre les lettres /. F. T., et sur le côlé droit de l'estampe : Divo Hercules. . .

Bartsch et Passavant attribuent tous deux cette pièce à Hrescia, malgré la signature I. F. T., nous ne nous reconnaissons pas la compétence suffisante pour nous prononcer. Un exemplaire vente E. Galichon 1200 francs.

La Sainte Famille (H 5). — L'Enfant Jésus est debout sur les genoux de la Vierge au milieu de l'estampe ; à gauche sainte Elisabeth, cl saint Jean qui offre une fleur à l'Enfant Dieu. Pas de signature.

h, licieu.se pièce adjugée: vente Fislier 762; Holford :i(>75.

CAMPAGNOLA (Dominique)

Appartenant à l'école de Lombardie et de Padoue, cet habile et grand artiste naquit en 1181, et mourut à Venise en 1550, <>n ledit Mis du sculpteur Jérôme Campagnola. Il a lait quelques bois, mais c'est surtout à ses gravures sur cuivre qu'il doil sa célébrité On croit qu'il eut pour maître Le Titien. Son œuvre est d'une trentaine île pièces.

Douze Enfants dansant (Passavant 16 — E. Galichon 15). — Douze garçons et filles se tiennent par la main. A gauche, un garçon de profil avec une petite fille qui lève le bras gauche ; de ce même côté, un autre garçon qui joue du tambourin. Au milieu du bas de l'estampe, dans un cartel carré, on lit : Dominicus Càpagnola 1517.

Rarissime et délicate pièce en travers, le chef-d'œuvre du Maître, d'après Le Titien sans doute, dont un exemplaire imprimé à l'encre rouge fut adjugé 3700 francs à la vente E. Galichon. — L'épreuve du Département des Estampes est imprimée en noir. — Vente Reiss 625 francs.

Vénus (E G 14). — Adossée à un bouquet d'arbres, la déesse nue, de trois quarts à droite, est assise dans la campagne sur un pan d'étoffe ; le coude droit supporte le poids du corps et la main gauche s'allonge sur la cuisse droite qui est atrocement dessinée. Au fond à droite, une route aboutissant à des maisons. Dans le coin gauche inférieur sur un cartouche : .DO. CAMP. 1517.

A la vente Reiss un bel exemplaire de cette rarissime estampe fut adjugé 725 francs.

La Danse des Demoiselles. — Quatre femmes demi-nues et vêtues de tunique flottante et transparente dansent en se tenant par la main, celle du milieu de la composition est vue de dos.

Très rare et très remarquable estampe pleine de séduction, restée inconnue à tous les iconographes.

Paysage avec un Village (P 24).

Pièce inconnue à Bartsch, dont un des rarissimes exemplaires atteignit le prix de 3625 francs à la vente Reiss en 1901. — On en trouve des épreuves de tirage moderne.

CAMPAGNOLA (Jules)

Cet artiste est considéré ajuste titre, comme le plus célèbre des Campagnola, il naquit à Padoue en 1482 et mourut à une date restée ignorée. Son faire rappelle un peu celui de Mantegna ; son œuvre, très recherché, comporte une vingtaine de pièces, il en a gravé quelques-unes en se servant du maillet, procédé dit opus malei. Il appartient à l'école de Venise. — Ottley a l'ait son catalogue ainsi qu'Emile Galichon.

La Samaritaine (Bartsch 2 — Galichon 2). — Le Christ, près d'un puits orné de deux têtes de béliers, s'adresse à la Samaritaine qui s'avance pour puiser de l'eau après avoir posé son vase sur la margelle ; à droite un tronc d'arbre, au loin des îles et des monuments se reflétant dans l'eau, une tour carrée domine ces constructions du milieu desquelles elle s'élève.

Une des pièces capitales et très rares de l'œuvre. Le 1er état est avant les taches dans le ciel à droite de la tour. — Un exemplaire fut adjugé à la vente E. Galichon 2300 francs, il avait une grande marge.

Ganymède (B 5 — G 6). — S'envolant vers la gauche, l'aigle emporte sur son dos, dans l'espace, Ganymède qui est terrifié de voir au-dessous de lui, mer, montagnes et maisons.

Rare estampe, gravée suppose-t-on, d'après Mantegna. Dans le 1er état on lit en haut à droite Iulius Compagnola, dans le 2e, le mot Antenoreus a été ajouté sous le nom de l'artiste. Le paysage est celui de la Vierge au Singe, de Durer. — Un exemplaire, vente E. Galichon, 1900 francs.

Le jeune Berger (B 6 — G 8). — Un jeune berger est assis sur un tertre dans une pose alanguie, son bras droit est appuyé sur une souche et il a cessé de jouer de sa flûte double. A droite dans un creux ou repli de terrain, apparaît la tête d'un vieillard. Au fond, paysage et montagne.

E. Galichon considère cette pièce exquise comme le chef-d'œuvre du Maître, à sa vente elle fit 2250 francs.

Le Daim enchaîné (P 15).

De toute rareté, exécutée uu maillet et adjugée 725 francs à la vente Angiolini.

Le jeune Homme contemplant une tête de mort (P 12 — G 10). — Assis au milieu de rochers, demi-nu et drapé dans un lambeau d'étone, le coude gauche appuyé sur un tronc d'arbre, la main ramenée sur la tête, l'homme songe, il est de profil à droite, les yeux mi-clos et baissés regarde la tète de mort qui est à ses pieds. Au fond à droite, des maisons. Au lias de l'estampe une inscription de deux lignes à peine lisible se terminant par le mot rapit.

Superbe burin enveloppé à la pointe sèche, très rare.

Sainte Geneviève (P 10 — G 4). — Demi-nue, assise dans une anfractuosilé de rochers, elle donne le sein à son enfant. Au fond à droite, un homme à longue barbe et à quatre pattes — comme on dit familièrement — des constructions et des collines. Dans le coin gauche supérieur : Julius Campagnola Antenoreus.

Pièce aux contours très cernés et exécutée pour ainsi dire presque au trait.

Le jeune Berger (P5 — G 12). — Sur le tout premier plan, assis ou plutôt couché sur le dos la tête à gauche, un berger joue du chalumeau qu'il tient dans la main gauche, derrière lui une chèvre et un mouton. Au fond, des maisons et des arbres légèrement indiqués, et dans le haut du coin droit : Julius Câpagnola.

Jolie estampe très finement gravée, l'exemplaire du Département des Estampes est fort beau. — Il existe une copie en contre-partie.

Le vieux Berger (B 7).

Pièce de la dernière rareté gravée avec une grande finesse, dans le haut du coin droit le monogramme. Un exemplaire superbe fut adjugé par H. -G. Gutekunst, en avril 1893, le gros prix de 4737 francs. — Il existe des copies par Augustin le Vénitien.

Saint Jean-Baptiste (B 3). — Il est debout de face dans un paysage, la bouche demi-ouverte, la main droite relevant le pan de sa tunique, la gauche tenant une coupe à la hauteur du sein gauche. Il regarde à gauche. Au fond, arbres, montagnes et maisons ; à gauche, des moutons et deux bergers.

Pièce très curieuse comme métier, le paysage et certaines parties du vêtement du personnage donnent à l'oeil la sensation du procédé lithographique ; c'est, croyons-nous, la seule estampe de l'œuvre traitée ainsi.

Ventes : Liphart, 500 — Didot, 250 — Fisher, toute première épreuve, 800 - Defer Dumesnil, 505.

CANALETTI' (Antonio)

Né à Venise en 1697, il y mourut en 1768. Les eaux-fortes — vue d'Italie — de ce Maître sont admirables, faites de rien pourrait-on dire, elles ont de par leur sobriété même une saveur et une couleur absolument personnelles. Elles sont peu communes et malgré cela le prix n'en est jamais très élevé. Ce n'est qu'excessivement rarement qu'il en passe en ventes publiques, ce qui

' He son vrai nom C«/io/c dit aussi Canuletlu.

laisserait croire qu'elles sont peu collectionnées, nous nous expliquons difficilement le fait, ces estampes étant, nous le répétons, d'un pittoresque sans égal ; mais hélas! en matière collectionnable il ne faut s'étonner de rien. . .

Parmi celles que nous recommandons tout spécialement aux délicats nous mentionnerons : Aie Porte del Dolo — Al Dolo — La Piera del Bando (palais ducal Piazetta) — Le Preson — Le Procuratie nioue e S. Ziminian — Le Porte del Dolo — Pra délia Valle, et surtout ces deux chefs-d'œuvre: Mestre et La Torrc di Malghera.

A la vente Malinet, en 1887, vingt-cinq eaux-fortes Vues de Venise et Environs, avant les lettres et les numéros au bas a droite, furent adjugées 176 francs; à celle de Lacroix, en 1901, trente-deux pièces plus le titre, dont quelques-unes avant les numéros, atteignirent 265 francs. On le voit on les a pour rien, nous engageons donc vivement à profiter des occasions.

CARRACHE (Les)

Augustin-Annibal et Ludovic, artistes de la décadence italienne dont l'œuvre terriblement monotone et triste, n'est pas selon nous, digne d'arrêter l'attention du collectionneur. Des trois cents et quelques pièces qui le composent, nous n'en retiendrons qu'une, mais celle-là magistralement belle.

Portrait du Titien (Bartsch 154). — En buste de profil à gauche, la tèle coiffée d'une calotte, il est revêtu d'un vêtement de fourrure laissant entrevoir son pourpoint, il porte toute sa barbe. En bas dans la tablette, une légende commençant par ces mots: ///",0 et Rmo..., et dans le coin droit : 1587.

Cette estampe est l'œuvre d'Annibal. Le 1" état est avant l'inscription Titiani Vecellii. . ., il est fort rare.

Ventes : Didot, 1er état, 600 — Holford, même état, 750 — Angiolini, même état, 687 — Defer-Dumesnil, dernier état, 80.

FINIGUERRA (Maso)

Le plus célèbre des niellears italiens, naquit à Florence en 1426 et mourut vers 1 170. Il ne fut pas l'inventeur de la gravure comme on l'a dit à tort, mais bien le premier ou l'un des premiers ù avoir imprime sur papier la planche gravée.

On le considère généralement1 comme l'auteur du plus beau nielle

i Nous disons généralement, car quelques écrli nus d'art tels que ttumohr et tout dorolèroment Eugène Durait m- refluent i lui en attribuer la paternité ; ce dernier, croyons-nous, ne voulant point ajouter fol au prétendu p dément de cette pièce *'•*'< ilm-ins ii\n î livre r. ti.-uirrs mentionna i dans les archives \ \ de 1 163 du syndicat îles marchands île Florence,

imprimé connu, La Paix de Florence, 1452, représentant L'Assomption de la Vierge ' (Duchesne 129) ou à plus proprement parler, Le Couronnement de la Vierge. Ce nielle — nous parlons de l'épreuve — est la merveille des merveilles et malgré l'extrême finesse de certains burins allemands, nous n'en connaissons aucun qui lui puisse être comparé.

La plaque d'argent originale — le nielle lui-même — est aujourd'hui au Musée Bargello de Florence, et pèse dit Dutuit 107 grammes et la monture en vermeil qui l'entoure 1 k 073. Il existe deux exemplaires d'empreintes en soufre : l'un, qui provient de chez le marquis Durazzo, fut acquis en 1872, croyons-nous, par le baron Edmond de Rothschild ; l'autre, qui sort de chez le marquis de Serati 2 et de chez le duc de Buckingham, est actuellement au British Muséum depuis 1835.

On s'est longtemps demandé, et certains se le demandent encore, si les épreuves sur papier étaient tirées directement sur le nielle lui-même — sur le métal, la planche en un mot — ou sur l'empreinte en soufre. Notre opinion est depuis longtemps faite sur ce sujet ; elles étaient tirées directement sur le nielle lui-même3. Il ne doit subsister l'ombre d'un doute à cet égard, la fragilité du soufre d'abord, n'eut pas permis ce tirage, et ensuite l'épreuve qui en eut résulté, eut été loin de présenter la finesse et la netteté qui sont l'apanage des gravures provenant des nielles. Bartsch néanmoins a eu la naïveté de soutenir le contraire, en affirmant que Le Couronnement de la Vierge qui nous occupe, avait été tiré sur l'empreinte en soufre de Sérati. Eh bien 1 qu'on nous passe le mot, nous allons coller Bartsch et cela d'une façon absolument irréfutable, en lui disant que : si l'épreuve avait été tirée comme il l'assure, la légende et les noms des saints ne seraient pas écrits à rebours comme ils le sont sur l'épreuve en question, mais bien ci l'endroit, ce qui n'est pas.

Qu'on veuille bien nous lire avec attention et contrôler scrupuleusement les opérations suivantes qui, dans l'esprit de Bartsch, ont dû être ainsi faites :

Sur la plaque qui n'est pas encore niellée, mais gravée seulement, la légende et les noms des saints sont écrits en caractères non renversés, on coule du soufre sur cette plaque, l'empreinte qui en résulte présente ces caractères renversés — ceci n'est pas discutable — on encre alors le soufre et l'épreuve qui en résulte donne les caractères redressés. On voit donc la gafTe colossale faite par réminent iconographe qui étant du bâtiment aurait bien dû s'en abstenir ! ! Ajoutons — chose vraiment curieuse à constater — que jusqu'à présent personne encore, parmi ceux qui ont combattu son assertion, n'a songé à donner la raison péremptoire et sans réplique que nous venons d'exposer, raison qui eut clôt victorieusement les débats en annihilant tous les commentaires ultérieurs qui auraient pu se produire.

1 Voir Duchesne aîné. Essai sur les Sielles, Paris, Merlin. 1826. Cet écrivain remarquable fut conservateur de notre Département des Estampes de 1839 à 1855.

' Il avait été acheté à Malte en 1813 par un capitaine anglais qui le vendit 150 livres sterlings à Colnaghi qui, à son tour, le céda pour 250 livres au duc de Buckingham.

3 Nous ne voulons pas dire pour cela, qu'exceptionnellement des essais de tirage sur le soufre n'aient pas été tentés, mais nous nous refusons à croire que les épreuves en provenant fussent présentables.

C'est l'abbé Zani qui, à la fin de 1797, découvrit la précieuse pièce dans la collection du Département des Estampes, elle provenait de chez l'abbé de Marolle, dont le cabinet avait été commencé avant tous les autres cabinets d'Europe. On s'étonne qu'une pièce de cette importance n'existe qu'à l'état d'unité. En 1841, Robert Dumesnil avait cru en trouver une seconde épreuve dans la Bibliothèque de l'Arsenal, mais elle était apocryphe. L'année suivante un autre exemplaire fut présenté à Colnaghi de Londres, mais c'était une seconde épreuve de celle rencontrée par Robert Dumesnil. En 1802, Pauquet en a fait une copie et Antoine Roggerone également aux frais du marquis Durazzo, mais en y inscrivant Anrus au lieu de Anbrus.

Nous prévenons les amateurs que l'encre dont on se servait pour imprimer les nielles — comme du reste presque toutes les estampes de l'école italienne — n'étant pas très fixe, il faut éviter de les metttre dans l'eau, surtout dans l'eau chaude, car on risquerait de les détériorer.

Les nielles — ce sont des estampes dont nous parlons — sont très rares, de petites dimensions, de tailles très nettes et très fines, le fond toujours ou presque toujours noir1, et les inscriptions quand il y en a, en caractères renversés*. On peut estimer à environ 1200 le nombre de nielles connus existant; les plus riches collections sont celles du baron Edmond de Rothschild, du British Muséum et du cabinet de Dresde. Il est rare de rencontrer plusieurs exemplaires d'un même nielle; les nielles italiens sont infiniment supérieurs aux allemands et beaucoup plus recherchés que ces derniers.

L'Assomption (Duchesne 129). — Assise sur un trône de profil à gauche dans le milieu du haut de l'estampe, les mains croisées sur la poitrine, la Vierge est couronnée par le Sauveur qui porte sur sa tète le bonnet des Doges. Au-dessous de celte scène à genoux saint Augustin et saint Ambroise et nombre d'aulres saints et saintes. Dans le haut de l'estampe à droite, sous l'espèce de portique où a lieu le couronnement, des anges sonnent de la trompette ; la partie correspondante à gauche n'est pas terminée et est assez confusément indiquée au trait ; dans la banderole que tiennent les anges au-dessus du cinlre du portique, on lit écrit à rebours : Assumpta esl Maria incelum ave exercitas angeloram, également à l'envers Agosti et Anbrus sur le collet des vêtements des deux saints précités.

Pièce unique et superbe cintrée par le haut, d'une conservation merveilleuse contenant environ 43 personnages. — Elle est exposée dans la salle de travail du Département des Estampes,

' Quand le fond est blanc c'est que lu pièce n'était pas terminée, ceux-là sont une exception.

' Il en existe cependant avec les inscriptions en caractères à l'endroit, mais ce nous scinlilc alors plutôt être de simples petites estampes que des nielles, c;ir le nielle métal nvnit toujours ses légendes en caractères non ruioeratt, étant un objet dont la destination n'éUlit point d'être reproduit par l'impression. I.i-s nirll.'s qui serraient d'ornements remontent nu vu* siècle, ils disparurent complètement de 1515 a 1520.

L'Adoration des Mages (D 32).

Cet admirable nielle d'une importance inusitée mesurant : H. 168mm — L. 100mm, passa à la vente E. Galichon où il fut adjugé 4100 francs; il est actuellement au Département des Estampes.

Voir plus loin à la rubrique Nielles.

FRANCIA' (Jacopc)

Artiste appartenant à l'école de Bologne, né en 1450, mort dans la même ville en 1517. Son œuvre est peu considérable, une vingtaine de pièces environ ; la manière du maître rappelle quelquefois celle de Marc Antoine.

Il a aussi gravé 7 à 8 nielles.

La Vierge et l'Enfant Jésus sur des nuages. — La Vierge, la tète auréolée tournée à gauche, est assise sur des nuages, ses pieds reposent sur le croissant, l'Enfant Jésus assis sur son bras droit donne sa bénédiction, tenant de sa main gauche une banderole sur laquelle on lit : Ego sum, nolite timere.

Pièce rarissime demeurée inconnue à Bartsch, dont il ne faut recueillir que les premières épreuves, c'est-a-dire avant la signature /. F. et l'inscription incomplète .

Un fort bel exemplaire fut adjugé à la vente Liphart 1137 francs.

La Sainte Famille (B 2). — La Vierge est assise à droite, elle tient l'Enfant Jésus debout dans une cuvette dans laquelle une femme s'apprête à verser de l'eau. Près de cette femme on remarque un singe et un enfant assis ; à travers la porte de la chambre où se passe cette scène on aperçoit un paysage et un passant au milieu de ce paysage.

Très rare estampe; une épreuve, vente E. Galichon, adjugée 670 francs.

LIPPP (FraFilippo)

Primitif né en 1412 et mort en 1469 à Spoleto où il est enterré dans la cathédrale ; il a longtemps travaillé à Florence et a été un des premiers à exercer l'art de la gravure en Italie, malheureusement son métier est sec, il grava presque toujours au trait et ses ombres n'ont qu'une seule taille. Son œuvre peu considérable est fort recherche et se paie très cher.

1 Ou Francesco Raibolini.

» Consulter : Fra Filippo Lippi par Edward C. Strutt, London. George Bell & Sons, 1901.

L'Annonciation (Passavant 1). — Dans le temple, dont la colonne occupe le centre de l'estampe, à gauche l'ange à genoux de profil à droite, vient annoncer à Marie qui se détourne vers lui en se penchant, qu'elle va être la mère du Sauveur ; tout à fait à droite, le pupitre devant lequel elle était debout. Sans signature.

Cette estampe exécutée presqu'au trait est excessivement rare, une épreuve passa à la vente E. Galichon et y fut adjugée 3305 francs.

Le Christ présenté au Peuple (P 7). — Assis au milieu de l'estampe devant la porte d'entrée du temple, le Christ, les yeux bandés, est entouré de soldats et de peuple ; un personnage placé derrière lui s'apprête à le frapper, pendant que d'autres sont à genoux devant lui. Sans signature.

Rarissime, le 1" état est avec la couronne d'épines, un exemplaire fut adjugé 3505 francs à la vente E. Galichon.

La Présentation au Temple (P 4). — A l'entrée du Temple, saint Siméon au milieu de l'estampe tient l'Enfant Jésus dans ses bras; à droite la Sainte Vierge; à gauche saint Joseph apportant deux colombes. Sans signature.

Vente : E. Galichon, 1005 francs.

La Vierge entre deux Anges (B 3). — Au milieu de l'estampe, la Vierge est assise de face, la tête penchée à gauche, elle tient dans sa main un rouleau de papier à demi déployé et son bras droit soutient Jésus nu debout sur ses genoux ; saint Jean enfant genou en terre offre au Sauveur un agneau. A droite et à gauche deux anges debout jouent de la musique, celui de droite porte sur la poitrine les initiales M. A. Sur le tout premier plan de chaque coté de la composition des lapins gambadent. Au milieu dans un cartouche sur trois lignes on lit : Dive Marie Virgini. Au fond un fleuve et des constructions. Sans signature.

L'estampe qui est à la Réserve est superbe, c'est la plus belle pièce de tout l'œuvre.

Le Triomphe de la Renommée (P 75, page 71). — Sur une sorte de caisse rectangulaire entourée de tous les peuples du monde et traînée par deux éléphants, se dresse une pièce d'orfèvrerie surmontée d'un disque an milieu duquel la Renommée est assise de

face tenant un glaive nu dans la main droite et le Dieu de l'amour dans la gauche ; derrière elle, une montagne ; à droite et à gauche de ce médaillon dans le haut de l'estampe, des nuages.

Un superbe exemplaire de cette très rare estampe fut adjugé en avril 1891 à Stuttgart par H.-G. Gutekunst, 3135 francs.

LONGHI (Giuseppe)

Artiste fort habile, né à Monza en 1766, mort à Milan en 1831. Ses estampes eurent leur heure de célébrité il y a une quarantaine d'années ; elles sont, croyons-nous, un peu moins recherchées aujourd'hui; à moins de tous premiers états et de conditions de beauté exceptionnelles, on les délaisse. Nous en citerons deux des plus remarquables.

La Madeleine lisant dans le désert (Le Blanc 14).

Pièce superbe gravée en 1810 pour MM. Artaria de Mannheim, moyennant 75000 francs, d'après Le Corrège ', adjugée à la vente Holford, 1425 francs ; elle était en 1" était avant les armes et seulement avec les noms des artistes.

Le Mariage de la Vierge (L B 4).

Tirée à 1200 épreuves numérotées de 1 à 1200 pour les souscripteurs, il y en eut douze cents autres sans numéro, toutes avec l'adresse de Bardi l'imprimeur ; elles sont recherchées seulement avec cette adresse, celles portant le nom de Lissant sont à rejeter. Estampe gravée d'après Raphaël en 1820, les premiers états sont de toute rareté. — A la vente Holford, un 3e état sur japon avec les vers tracés à la pointe fut payé 500 francs.

La planche fut retouchée par Marri, les derniers états sont reconnaissables par le monogramme qui est sur le temple.

MAITRE A LA RATIERE

On ne sait rien de cet artiste, né à la fin du xv« siècle. Certains le classent dans l'école néerlandaise, d'autres comme Bartsch et Passavant le considèrent comme italien. Il s'appelait Nadat ou Na Dat, mais est plutôt connu sous la rubrique du Maître ci la Ratière, parce que la plupart de ses estampes portaient une souricière dans laquelle une souris s'apprêtait à rentrer. Il gravait fin.

< Dont la toile originale est à la galerie de Dresde.

La Vierge et sainte Anne (Bartsch 1). — Assise dans une sorte de niche centrale entre deux portiques cintrés, la Vierge de face à droite a l'Enfant Jésus sur ses genoux, sainte Anne à gauche de profil à droite regarde le groupe divin. Sous leurs pieds, un cartouche portant une légende commençant par ces mots : Gratia ex qua... A travers le portique de gauche on aperçoit un herger et son troupeau, à travers celui de droite, un vieillard couché au pied d'un arbre. Au-dessus des scènes vues à travers les portiques, deux anges descendent du ciel tenant chacun une tablette ; dans celle de gauche

on lit: Recli ad et dans celle de droite: Fili davit Sur le

carrelage en damier du temple en bas à droite, la ratière.

Très rare et belle pièce finement gravée.

Ventes : E. Galichon, 1er état avant l'adresse de Salamanca, 1700, provenait de la collection Durand — Didot, 100 — Oppermann, 115.

Les Enfants monstrueux (P 3). — Dans un bois, à travers 1 eclaircie duquel on aperçoit la mer, deux enfants s'amusent, l'un est à quatre pattes ayant sa sœur sur son dos ; ils sont dos à dos, la tète de la fille est à droite, tandis que la tète du frère est à gauche. Sur un gros arbre qui est à gauche, une tablette portant une inscription commençant par ces mots : Quos desianatos. . . , et au pied de ce même arbre : Nadat et la ratière, et tout à fait à droite sur une pierre les initiales T. N. '

Les deux Armées (B 2). — Deux armées de cavaliers, dont les soldats sont munis de lance et d'étendard qu'ils tiennent perpendiculairement, sont en présence. Sur le tout premier plan à gauche un canon avec des boulets, et au milieu de la composition au deuxième plan deux personnages face à face semblant se menacer, leur toque est ornée de plumes. Au milieu de l'estampe : 1530 Nadat et la ratière, et au-dessus : Ant Sal exe.

Cette pièce qui est fort belle est dite aussi La Bataille de Charles le Hardi — A la vente Holford, un l" état avant la date et l'adresse fut adjugé 775 francs; très rare.

' Lettres dont on n'n jnmais pu expliquer In slgnidcntion.

MAITRE au monogramme M.

La Mort surprenant une Femme nue (Bartsch XV, p. 541). — Une femme nue de trois quarts à droite tourne la tête pour se voir dans une glace placée derrière elle ; elle lève son bras droit au-dessus de sa tête, tandis que du gauche elle esquisse un mouvement qu'elle essaie de rendre gracieux. Au fond de l'estampe à gauche, la mort un sablier à la main ricane en la regardant ; par terre une roue debout et une aile. Au bas de l'estampe, entourée d'un double trait : Mortalia facta peribunt, puis dans un cartouche, une grosse lettre M.

Pièce fort belle et fort rare, dont un exemplaire existe au Département des Estampes ; on la croit gravée d'après Michel Ange.

MAITRE au monogramme P. P.

Ou Martino da Udine surnommé Pellegrino da San Daniele, appartient à l'école de Lombarilie. On le suppose élève de Jean Bellini, il naquit vers 1470 et mourut vers 1545. Il fut un des premiers, si ce n'est le premier, à se servir de ce procédé au pointillé dit opus mallei. Son œuvre est peu considérable, une dizaine de pièces environ.

La Puissance de l'Amour (B 3 — P 4 ')• — Au milieu de colonnes, socles, piédestaux, etc., on voit à gauche de face un homme et une femme nus montés sur un entablement, l'homme les yeux levés au ciel lui présente un coffret ; à leurs pieds un homme nu également est assis sur un cheval profilant à droite ; à terre deux enfants couchés près d'un vase occupant le milieu de l'estampe ; nombreux autres personnages assis, couchés et debout ; tout à fait à gauche un homme à genoux tourné de ce côté élève dans ses deux mains une statuette. Près du vase occupant le milieu de la composition, les deux lettres P. P. avec un paraphe dans le bas.

Composition allégorique bizarre aussi difficile à décrire qu'à saisir. Elle est d'une excessive rareté. — Il y a deux états, dans le l" le bas des lettres des P n'existe pas, dans le 2e les deux P et le paraphe sont nettement indiqués.

1 Passavant la rubrique : Le Triomphe de Séléne.

Ventes : Howard, 1« état, 2275 — Lipliart, 2« état, 275 — Didot, avant la retouche, c'est-à-dire avant la disparition de la figure du cavalier qui est dans le croissant, 155 — Angiolini, même état, 1190.

MANTEGNA* (Andréa)

Un des artistes les plus considérables de l'école italienne, naquit en 1431 à Padoue, et mourut à Mantoue en 1506. Il fut un des premiers graveurs sur cuivre de son pays, ses tailles sont grosses et obliques, ses cernures ou contours brutalement accusés, les valeurs n'existent pour ainsi dire pas et les plans sont absolument sacrifiés, c'est sec et dur, l'encre souvent bistrée dont il se sert est d'un œil peu agréable, le dessin laisse aussi quelquefois à désirer, en un mot son métier est loin de nous séduire, il manque complètement d'originalité, ce n'est sans doute pas l'opinion générale et les prix auxquels on verra que certaines estampes ont été adjugées ne seront pas pour nous donner raison. Son œuvre est peu considérable, 20 à 30 pièces environ, beaucoup lui sont gratuitement attribuées qui doivent être rejetées ; Zoan Andréa et Brescia rappellent sa manière, et les œuvres de ces artistes peuvent être confondues avec celle du maître qui nous occupe. Jamais Mantegna ne signait ses pièces, que l'on rencontre très rarement en belles conditions de conservation.

La Flagellation (Bartsch 1). — Demi-nu à gauche de l'estampe, le Christ est attaché par les mains liées derrière le dos à une des colonnes du temple, le corps faisant face à droite ; il regarde derrière lui le bourreau qui le flagelle ; au-dessus de sa tête une auréole. Deux autres bourreaux armés de verges et des hommes d'armes complètent cette scène.

Il existe une copie de cette estampe dans laquelle le sol au lieu d'être dallé comme dans l'original est na.

Ventes : E. Galichon, 200 — Liphart, 162 — Schloesser, 182, de chez Esdaile — Reiss, 5625, exemplaire exceptionnel provenant de chez Renesse — Breidbach et Marshall.

La Sépulture (2). — En face d'une grotte, deux apôtres el deux saintes femmes mettent le Christ dans son cercueil. Sur le premier plan la Vierge évanouie est soutenue par deux saintes femmes, saint Jean à droite vu de dos pleure ; sur un lerlre les trois croix.

1 i nsiiltcr: Œuvre d'Andréa Manle^na reproduit el publié par Aninnd Durand, texte par !.. Duplessis. i l'aris. ehe* Kapillv.

Dans cette estampe en hauteur, de laquelle il existe de nombreuses copies, Ja figure de la Vierge est beaucoup trop jeune, elle accuse à peine 20 ans, et l'on sait qu'à cette époque elle avait dépassé la cinquantaine.

La Descente de Croix (4). — Au pied de la montagne, la croix, de laquelle deux disciples montés sur des échelles descendent le divin Crucifié ; celui de gauche soutient sur son épaule le corps du Sauveur, à gauche la Vierge est évanouie dans les bras des saintes femmes ; en face de la croix, debout et vue de dos, Marie-Madeleine les bras étendus ; à droite saint Jean ; les autres disciples et des hommes d'armes complètent le lableau. Au fond de l'estampe se profilent les murs de Jérusalem.

Pièce célèbre, mais d'une extrême raideur, les nuages ressemblent à des rochers et le ciel à la mer. Nous avons beau faire tous nos efforts, il nous est impossible de nous laisser aller à ces admirations de tradition que rien ne saurait justifier. — Une épreuve sans le ciel existe à l'Albertine.

Le Christ descendant aux limbes (5). — Jésus-Christ vu de dos, un étendard dans la main gauche, s'apprête à descendre aux limbes dont la porte brisée est éparse sur le premier plan ; à gauche, un homme nu debout tient une immense croix ; à droite, également nus et debout, Adam, Eve et Abel ; au-dessus du portique qui forme l'entrée des limbes, deux êtres fantastiques sonnent de la trompe.

Estampe très rare, une des bonnes de l'œuvre.

Ventes : Liphart, 375 — Griffiths, 135 - Fisher, 750 — Angiolini, 250 — Reiss, 900, des collections de Fries et Marshall.

La Vierge dans la grotte (9). — Dans une grotte, la Vierge assise de trois quarts à gauche, l'Enfant Jésus dans ses bras, est entourée d'une légion d'anges, elle reçoit les hommages d'un vieillard à gauche pendant que saint Joseph à droite est appuyé sur son bâton. Ces deux personnages ainsi que le bas et le haut de la grotte sont restés blancs, la planche n'ayant pas élé terminée '.

Superbe et de grande allure, cette rarissime estampe est la perle de l'œuvre elle est de couleur un peu bistrée.

Ventes : Liphart, 4937 — Defer Dumesnil, 1220.

Ce qui laisse à penser que ce cuivre est le iternier gravé par l'artiste.

Combat de Dieux marins ' (B 17-18).

lTe planche : Au second plan à gauche, une horrible mégère nue aux seins pendants tient dans sa main gauche une tablette où se lit le mot lnvid au-dessus d'un griffonnage illisible ; elle semble exciter à la lutte les dieux marins qui se battent au milieu des plantes aquatiques, montés sur des chevaux fabuleux ; celui de gauche va frapper son adversaire avec trois poissons qu'il tient dans sa main droite.

2e planche : Au milieu de roseaux et de plantes marines, deux tritons se combattent; celui de gauche cherche à parer les coups avec le squelette d'une tête de cheval dont il se sert comme bouclier, il porte en croupe une femme nue à l'air effrayée.

Ventes': Didot, C8 - Holford, 1250 - L. Galichon, 100 - Par H.-G. Gutekunst, 312 — Reiss, 3625, de chez Sykes, Maberley et Marshall.

Les deux Paysans (Passavant 24). — Celui de gauche est debout de face regardant à droite, le coude gauche appuyé sur le bâton qu'il tient de la main droite ; celui de droite semble entrer dans une pièce invisible à droite en soulevant son chapeau de la main gauche, il a son bâton dans la droite.

Pièce de toute rareté, mesurant H. 149»"" — L. 107 mm, restée inconnue à Bartsch, dont il existe trois autres épreuves à Berlin, à l'Albertine et au British Muséum. — Un exemplaire passa à la vente Emile Galichon et y fut adjugé G05 francs.

Le jeune Prisonnier (P 25). — Debout de profil à gauche, le corps de trois quarts à droite, un homme très jeune porte sur son épaule gauche un joug garni de ses accessoires, il traîne un boulet à ses pieds entravés.

Pièce allégorique rarissime que l'on désigne quelquefois sous la rubrique de Lu Servitude . le graveur anglais Vivarès en a fait une copie.

A noter encore: Les Eléphants portant des torches; Soldats portant des trophées, 2 planches (H 12-13), dont uni' copie a élé faite par Brescia.

1 Deux planches en travers, dont la seconde a élé copiée par I). Hopfer.

* Tous ces prix sont pour la planche t8 leuleinent.

MAZZUOLI (dit Le Parmesan)

Cet artiste naquit à Parme en 1503 et mourut à Casalmaggiore en 1540 ; il ne fut point comme on l'a supposé un instant l'inventeur de l'eau-forte, mais seulement un des premiers à savoir se servir du procédé et à lui faire rendre ce qu'il pouvait donner sans le secours de la pointe ou du burin. Son œuvre peu important du reste, se borne à 15 ou 20 pièces fort rares à rencontrer en belles épreuves provenant de planches originales qui n'ont point été retouchées.

Signalons comme particulièrement intéressantes : La Mise au Tombeau (B 5) — Judith (B 1) — L'Amour dormant (B 11), très rare — Les deux Amants (B 14), rare.

MELDOLLA' (Andréa Schiavone, dit)

Né en 1520, mort en 1582. Nous trouvons cet artiste extrêmement intéressant, très curieux d'allure et de métier, il ne rappelle en aucune façon la manière italienne et possède une indépendance et une liberté d'outil qui en fait un tempérament très original à nos yeux ; il avait coutume de retoucher presque toujours ses eaux-fortes à la pointe sèche, qu'il ébarbait malheureusement un peu trop, ce qui leur enlevait de la couleur et de la puissance. On a trouvé avec juste raison qu'il faisait songer au Parmesan dans certaines pièces. — Son œuvre est considérable, 200 estampes environ ; elles n'atteignent jamais de gros prix quoiqu'asser rares en général, nous ajouterons même pour être sincère, qu'elles ne sont pas très recherchées, laissant souvent à désirer au point de vue du dessin.

La Circoncision (Bartsch 13). — La Vierge tient sur une table l'Enfant Jésus à qui le grand prêtre pratique l'opération de la circoncision, il est accompagné d'un acolyte. Au fond à droite, la tête de saint Joseph apparaît; près de la Vierge une servante portant sur la tête un vase et un plat ; de profil à droite une autre femme la main sur la poitrine, et enfin à gauche deux hommes, l'un jeune, l'autre vieux vus à mi-corps. En haut de l'estampe le monograme de l'artiste.

Fort rare.

Le Retour de l'Enfant prodigue. — Il est agenouillé à gauche aux pieds de son père qui se penche pour le presser sur son cœur.

1 Consulter : Stanley's édition 0/ Bryan's Dictionnary — Dictionnaire de Bryan, édition de Stanlev.

Une femme vue de dos lui ajuste un vêtement sur les épaules. La scène se passe devant une habitation ; deux autres personnages assistent à cet émotionnant retour.

Estampe de toute rareté demeurée inconnue à tous les catalographes ; Bartsch et Passavant eux-mêmes ne la mentionnent pas; un exemplaire a passé à une des ventes Robert Dumesnil.

Le Jugement de Paris (B 80). — Assis à droite de l'estampe et tourné à gauche, le berger — ayant derrière lui le dieu Mercure — remet la pomme à Vénus près de laquelle se réfugie l'Amour, ils sont entourés de nombreux personnages, et des chèvres sont couchées à leurs pieds. Dans le ciel on voit, au haut de l'estampe, des dieux et des déesses.

Pièce capitale de l'œuvre, d'après le Parmesan. — Une épreuve à la vente Griffiths, la plus belle connue, dit M. Ford, de la collection duquel elle provenait, fut adjugée 46 francs ; elle avait passé par le cabinet Lloyd. Nous la trouvons mal dessinée.

L'Enfant Jésus dans son berceau (B (52). — L'Enfant Dieu est dans son berceau entouré de six personnages ; l'un d'eux, celui qui est debout à gauche, tient dans sa main une sorte d'urne qu'il élève. Le monogramme ' est sur le siège qu'occupe la Vierge.

Estampe pleine de couleur et de liberté, rappelant un peu un dessin à la plume.

Signalons encore deux pièces fort rares : La Présentation au Temple (B 11), d'après le Parmesan, et L'Adoration des Mages, estampe inconnue à presque tous les iconographes, dont un exemplaire passa à la vente Griffiths, où il fut adjugé 16 francs ! !

M0CETT0 (Girolamo)

Primitif de Venise, né vers 1454, élevé de Jean Bellini. — Son œuvre extrêmement rare se compose d'une vingtaine de pièces qu'il signait quelquefois de Hierongmus Mordus quand il n'employait pas un monogramme assez compliqué et en lettres renversées. Il accuse toujours les plis des vêtements par une ligne dure et encrée, ainsi que tous les contours en général, ce qui donne de la lourdeur à ses estampes ; quelques-unes cependant sont exemples de ces défauts et gravées avec plus de finesse.

' Nous croyons que l'épreuve de fa Rherve n'en porte pai, cependant noua n'owna l'affirmer,

Triomphe de Neptune (Passavant 13 — E. Galichon 13).

Estampe très rare gravée sur deux feuilles :

lre planche : Un triton suivi de deux chevaux marins ; sur le dos de l'un d'eux Galatée, derrière celle-ci un second triton portant sur sa croupe une néréide, puis un dauphin ayant un enfant sur son dos, puis enfin deux autres enfants tenant par les cornes des chimères.

2e planche : Deux tritons, l'un portant un trident, l'autre soufflant dans une corne..., et enfin Neptune sur la poupe d'un navire fouettant les chevaux marins qui le traînent.

Ventes : E. Galichon, épreuve rognée, 2605 — Angiolini, 331.

La Vierge sur un trône (Bartsch 4 — Gai 8). — Assise de face sur un trône dont le dossier est orné de deux cornes d'abondance, la Vierge tient un livre entr'ouvert de la main droite et soutient de la gauche l'Enfant Jésus qui est sur ses genoux. Au fond de l'estampe un treillage et une haie de rosiers. Sans signature.

L'exemplaire qui est à la Réserve est superbe de fraîcheur et de conservation. L'épreuve de la collection E. Galichon, exemplaire d'essai non terminé avant la haie de rosiers, maintenue par le treillage qui clôt l'enceinte, fut adjugé 3900 francs.

Le Baptême du Christ (B 2 — Gai 6). — Au milieu de l'estampe le Christ, les mains presque jointes, est debout dans le Jourdain à gauche sur le bord du fleuve. Saint Jean verse de la main droite de l'eau sur la tète du Sauveur. Sur l'autre rive à droite, trois anges, les mains jointes, prient ; deux d'entr'eux tiennent sur leurs bras le manteau de leur divin Maître. Au fond de l'estampe on aperçoit le fleuve serpentant au milieu des collines. Tout en haut de la composition, le Père Eternel, dans un nuage les bras étendus, domine la scène. Sans signature.

Superbe pièce pleine d'allure et d'accent, dont un exemplaire provenant de la collection Wellesley fut adjugé à la vente Fisher, 3100 francs ; très rare.

Bacchus (B 6 — Gai 12). — Couronné de pampres et tourné à droite, Bacchus nu est assis par terre la tète appuyée dans la main gauche, tandis que la droite lient un vase d'où s'échappe le vin. Au fond, un pont et une ville au pied de collines. Sans signature.

Le 1« état est avant les constructions à gauche, entre l'arbre et le bord de la gravure. Une épreuve vente E. Galichon, 3150 francs.

Judith (B 1 — Gai 4). — A gauche près d'un arbre, Judith tient de la main droite la tète d'Holopherne qu'elle met dans un sac qu'une servante tient de ses deux mains. Au tond un paysage et à droite un château fort. Sans signature.

Le 1er état est avant le paysage, le dessin est, croit-on, de Mantegna. Ventes : Griffiths, 325 — Defer Dumesnil, doublée, 360 - Reiss, 3000.

MONTAGNA (Benedeto)

Florissait au commencement du vrv siècle, et gravait plus finement que Mantegna ; il a fait une soixantaine d'estampes qu'il signait souvent de ses initiales ou de son nom tout entier orthographié de façons différentes. Il appartenait à l'école de Lombardie et de Padoue. Il a cherché quelquefois à imiter Durer dont il a gravé en contre-partie la Nativité, mais il est loin d'égaler ce maitre.

L'Enlèvement d'Europe (Bartsch 23). — Au bord d'une rivière, une femme à califourchon sur un taureau couché et sur la tête duquel elle dépose une couronne ; près d'elle à droite deux autres personnages debout. Au fond de l'estampe maisons et collines. Dans le haut de la composition à gauche : Benedeto Montagna.

Extrêmement rare. — Ventes : E. Galichon, 1000 — Didot, 300.

L'Homme à la Flèche (B33). — Debout et de face complètement nu ayant jeté sur l'avant-bras droit une draperie qui passe derrière son dos et qu'il retient de la main gauche, le personnage tient dans cette main une flèche pointe en bas. Derrière lui à droite le tronc d'un gros arbre, et à gauche un petit monticule. En haut dans une tablette à gauche : Benedeto Montagna.

Les belles épreuves de 1« état, c'est-à-dire avant le petit monticule qui est à gauche, sont extrêmement rares, un exemplaire dans cette condition fut adjugé à la vente E. Galichon, 2705 francs. — L'épreuve de la Reserve, quoique fort belle, est avec le monticule.

Saint Jérôme et un autre saint travaillant aux Evangiles. — Saint Jérôme est debout appuyé contre le tronc d'un arbre, sa main gauche tient un livre avec le doigt sur le feuillet qui fait l'objet de sa

méditation. Son compagnon assis à droite sur les débris d'une corniche semble dormir. Derrière un rocher, est bâtie la cabane du patriarche à laquelle on parvient par un escalier taillé dans le roc.

Cette pièce n'a jamais été décrite, elle est donc d'une insigne rareté, une épreuve passa à la vente E. Galichon où elle fut adjugée 2000 francs.

Vénus (P 49). — Complètement nue, debout et de face, de longs cheveux ondulés épandus sur les épaules, la déesse, la bouche entr'ouverte, les yeux levés au ciel, tient dans la main droite qui pend le long de sa cuisse, un miroir ; tandis que la gauche est levée dans un geste de surprise. En haut à gauche on lit : Vénus.

Pièce qui n'a guère de mérite que son extrême rareté ; les parties ombrées du corps le sont par des tailles excessivement fines. — A la vente Angiolini un superbe exemplaire fut payé 1000 francs.

Le Berger qui joue de la flûte (B 27). — Genou en terre et tourné de profil à gauche il joue de la flûte, ses moutons sont près des arbres au fond de l'estampe. En bas au milieu de la pièce les initiales M. B.

Pièce presque introuvable. — A la vente Angiolini un exemplaire avant toutes retouches, notamment avant le trait diagonal sur la colline qui est derrière, fut adjugé 562 francs.

A noter encore la très rare estampe La Famille du Satyre (B 17), adjugée à la vente du Prince Waldburg Wolfegg, 206 francs.

MORGHEN1 (Raphaël)

Elève de Jean Volpato, né à Naples en 1760, il mourut à Florence en 1833, c'est un buriniste d'une habileté consommée. La plus belle collection de son œuvre se trouve au British Muséum qui l'acheta à M. Colnaghi en 1842. Elle avait été formée par Jacob Tanna qui habitait le palais Priuli à Venise, il y fut aidé par l'ami intime de Morghen, le signor Abrizi. A la mort du signor Tarma, ses héritiers vendirent la collection entière à Luigi Bardi qui l'augmenta encore, et finalement la céda à M. Colnaghi, le grand marchand londonien que nous venons de nommer tout à l'heure, et dont l'importante et très honorable maison subsiste encore. Les pièces les plus remarquables de cet artiste, presque notre contemporain, sont : La Trans-

' Le catalogue en a été dressé par ordre chronolopique par M. Palmerini.

figuration et La Vierge à la Chaise, d'après Raphaël ; Le Char de l'Aurore, d'après Le Guide, et sa fameuse estampe :

La Cène.

D'après Léonard de Vinci, dont la fresque orne le réfectoire des Pères Dominicains à Milan. Voici à titre de curiosité quelques prix remontant à une cinquantaine d'années ; on verra que contrairement aux estampes célèbres, ces prix n'ont pas suivi la marche ascensionnelle ordinaire.

Ventes : Debois1, avant la lettre, seulement les armes, la dédicace et le nom des artistes tracés, 2030 — Thorel, l'exemplaire de chez Debois, 1930 — Johnson d'Oxford, avant toutes lettres, avec les armes mais au plat blanc*, 7900 — Archintoff de Milan, même état, 8400 — Poggioli de Libourne, même état, 6875 — Simon, épreuve d'essai avant l'inscription, avant les armes et la dédicace, au plat blanc sans les lettres R M sur ce plat, 575 — Camberlyn, état Debois, on y a joint Le Char de l'Aurore, les 2 pièces, 1705 — Oppermann, avant la lettre et avec la dédicace en grands caractères tracés, 1750 ; la même, avant la virgule à la suite de vobis et avant le point sous le nom du graveur, 241 — Defer Dumesnil, avant la virgule... t. m., 265 — Loyd, au plat blanc, 5000; la même avant les mots Amen dico vobis... mais avec les armes et la dédicace à l'eau forte, 675.

NADAT ou NA DAT

Voir : Le Maître à la Ratière, page 217.

NIGOLETTO DA MODENA

On ne sait rien de sa vie, si ce n'esl qu'il florissait au commencement du xvi' siècle. Il rappelle Mantegna et appartient à l'école de Padoue. Il a à son actif 80 à 90 pièces et quelques nielles. Ses estampes sont rares.

Saint Antoine (Galichon 17). — Le saint précédé d'un cochon s'achemine vers la gauche, s'appuyant sur une béquille munie d'une clochette ; derrière lui on aperçoit un portique inachevé avec pilastres surmontés de cartouches ; dans celui de gauche sous des tailles perpendiculaires on dislingue les lettres O.D.N. qui signifient Opusdi Nicoleto.

Estampe inconnue a Bartsch et Passavant, de toute rareté, adjugée vente E. Galichon, 700.

1 Qui ;i '-U li'-u en avril el noi embre 1844, '-i avril 1845 '-t non en t8U comme on Le dll souvent par en eux, parce que la couverture el le t i « r- r ■ du catalogue portent ce dernier millésime.

» Il n'y :i que il exemplalm de connus ; le /'lut i'si devant le troisième personnage, en allant de droite :i gauche.

Hercule terrassant un Centaure (G 20). — Hercule, le genou posé sur les reins d'un centaure renversé et qui s'enfuyait vers la droite, frappe de sa massue son ennemi qui lève en vain une main suppliante. A droite aux branches desséchées d'un arbre, un cartouche dans lequel on lit : Divo Erculi.

Mêmes réflexions qu'à l'estampe précédente, adjugée vente Galichon, 905.

La Vestale Lucia ' (P 86 — G 59). — Une écharpe lui ceint le front et flotte autour d'elle, elle se dirige demi-nue vers la droite tenant de ses deux mains un crible plein d'eau ; derrière elles des plantes aquatiques. En haut au milieu de l'estampe dans un cartouche suspendu par des rubans, le monogramme ombré par des tailles.

Un exemplaire de 1er état passa à la vente E. Galichon et y fut adjugé 1950 francs, il était avant le monogi-amme ombré, c'est-à-dire avant les lettres A7. D. M.

Vénus et l'Amour (B 47 — G 58). — A gauche de l'estampe, debout nue et de face, la déesse couronnée et chaussée de cothurnes tient dans sa main gauche une flèche et dans la droite une pomme ; à ses pieds à droite, l'Amour nu est couché et endormi appuyé sur le coude gauche. Derrière la déesse une sorte de temple en ruines à travers desquelles, au fond de l'estampe, on aperçoit la mer, un bateau et, au dernier plan, des montagnes. Au haut du pilier près duquel est la déesse on lit : Vénus.

Ventes : E. Galichon, 1305 — Angiolini, 169.

Sainte Catherine (P 84). — A droite, à l'entrée d'un riche portique, la sainte est debout, la main gauche qui relève sa robe, porte une palme, le coude repose sur un bouclier, la droite tient une longue épée pointe en terre ; à ses pieds une roue brisée et un livre ouvert. Au premier plan sur la base d'un socle à droite, on lit en gros caractères : Nicoleto da Modena.

Vente : Angiolini, 775. — Très rare.

Saint Sébastien. — Le saint demi-nu de face, regardant à droite, est ligotté au pied d'une colonne quadrangulaire qui occupe le milieu de la composition et semble appartenir à un temple en ruines.

i Ou Tucia ou encore La Sybille de Cumes.

Derrière lui un canal bordé à droite et à gauche de constructions. En haut à droite au-dessus de la tète du martyr, sur une légère poutrelle est un oiseau, duquel se dégage un rayonnement ; il regarde le saint dont le corps est transpercé de cinq flèches. Sans signature.

Pièce d'une insigne rareté, inconnue à tous les iconographes, H. 248 m"" — L. 171 "'m. — Un superbe exemplaire fut adjugé à la vente Angiolini, 3762 francs.

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